Chroniques d'Immortels

.: Le secret de Pandore :.
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 Sire Crowley

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Sire Lysander Crowley
Seigneur des Vampires


Nombre de messages: 134
Age: 23
Ville: Vasteval
Rôle: Empereur Vampirique
Péché fétiche: Allez savoir...
Date d'inscription: 06/04/2008

MessageSujet: Sire Crowley   Dim 6 Avr - 14:10

۞ Vous êtes? ۞

Nom: Crowley

Prénom: Lysander

Surnoms: Melmoth l'Errant

Âge: j'ai l'âge des essences de ce monde... ou du moins je veux m'en targuer. D'apparence je suis très jeune, cependant.

Race: Vampire

Caste et Statut : Empereur des Vampires. Je n'ai pas de caste.

۞ Hum... A quoi ressemblez vous? ۞


Physiologie:
Je suis jeune, oh oui si jeune, d'une jeunesse vénéneuse et glaciale comme vous en connaîtrez peu... J'ai cette beauté étrange et algide des statues que l'on trouvait jadis dans les temples, une beauté marmoréenne qui pourtant a l'éclat du mystère. Si je parais jeune, je donne également l'impression d'avoir tout connu et peut-être est-ce le cas, pouvez-vous le dire ? Je ne vous renseignerai certainement... Vous n'aurez de moi qu'un de ces sourires minces et moqueurs, un regard un peu apitoyé, puis je partirai dans mon élégance hautaine.
Je connais ma beauté, bien sûr... Qui ne la connaît pas ? Je sais que j'intrigue, moi l'immémorial Roi. Si vieux et pourtant si frêle. L'observateur assez fin en me voyant me donnera à peine la vingtaine, j'ai l'apparence d'un adolescent maladif au teint d'une exquise blancheur presque blafarde, aussi unie que celle de la porcelaine diaphane. Cette peau est-elle la mienne ? L'ai-je jamais utilisée pour qu'elle paraisse si transparente ? Oui, et maintes fois je l'ai couverte de fleurs écarlates afin de lui rendre sa grâce juvénile.
Mais... oui... je sais : cette subtile vénusté paraît être celle d'une femme. Mon visage aux traits fins et jeunes a une délicatesse toute féminine, sur laquelle je joue inlassablement à l'aide de fards colorés. Jamais vous ne verrez mes lèvres si bien dessinées dépourvues de maquillage, un émeraude extrêmement sombre les couvre comme un poison appelant au baiser. Ces lèvres entrouvertes peuvent murmurer votre nom sensuellement : vous êtes alors perdu.
De la Femme j'ai aussi la longue chevelure, lisse et interminable, qui auréole mon visage comme l'aura d'un ange triste. Ah, quelle ironie ! Sa blancheur n'est pas signe de pureté, je suis le vice même. Non, si cette crinière est albescente ce n'est là qu'une marque des âges passés qui ont laissé sur moi leur trace indélébile, comme pour me rappeler combien l'éternité est éphémère. Ces mèches d'ivoire qui barrent mon visage ne sont que le reflet de ma vieillesse et cependant elles me confèrent un petit air joueur, rebelle peut-être ; plutôt que de me donner l'apparence d'un homme âgé elles me rajeunissent encore un peu plus.
Un observateur habile je le disais me trouverait bien jeune, mais quelqu'un ayant la réelle science des mystères de notre monde saurait déceler en moi quelques signes des temps infinis que j'ai vus sur cette terre. C'est un sentiment vague et diffus, bien lointain ; l'esprit qui se perd dans les méandres d'un simple geste mûrement réfléchi y trouvera les relents d'une éducation antique. Toute ma gestuelle est largement étudiée et je n'esquisse pas un mouvement sans savoir exactement quelle apparence je veux donner, sans pour autant paraître mécanique. Ma mouvance a l'air aérienne et très légère, malgré tout ; je puis d'ailleurs me déplacer très rapidement et d'un instant à l'autre je disparais. Je joue beaucoup avec mes mains, aux ongles interminables et peints de noir, dont les doigts longs se resserrent facilement autour d'un cou... Tout cela n'est que le fruit de siècles passés à me contempler dans un miroir, à analyser chacune de mes poses, de mes regards, de mes expressions. Tout est calcul.
Et puis aussi... mes sourires. Mes sourires à la fois si froids, si méchants, si rassurants et si troublants. Ils ne sont jamais gratuits et j'en ai mille différents en réserve, de ces sourires ambigus et inquiétants qui vous poursuivront jusque dans vos cauchemars intimes. Ces sourires qui vont de paire avec ma voix... Une voix grave et très douce, envoûtante à l'excès, un peu hypnotisante peut-être. Je la module selon ma volonté, à l'infini...
Enfin, mon regard. Le seul indice peut-être de ce que je suis réellement. La seule chose que je ne puis contrôler et qui trahit toutes mes émotions à quiconque sait bien regarder : ces deux perles d'argent, serties dans de la blanche opale et finement ourlées de velours noir sont les miroirs de mon âme et si mes sourcils arqués ne me donnaient pas sans cesse une expression hautaine, je serais pour certains un livre ouvert. Mais prenez garde, car dans ces prunelles fascinantes je gage que vous saurez lire également des horreurs dont vous n'avez pas même l'imagination.

Psychologie:
Narcisse se mire dans une eau trouble et ne voit pas la laideur de son âme... Mes miroirs absurdes me reflètent inlassablement et tentent de me cacher ce que je suis : comme c'est vain, comme c'est laid, comme c'est bête et pourtant je le désire de toute mon âme. J'ai autrefois pu prétendre me haïr, puis m'aimer et enfin m'être indifférent, je suis passé par bien des étapes de la conscience humaine avant de m'apercevoir qu'en réalité je m'étais totalement étranger. Cet Autre qui est Moi et en moi à la fois n'est qu'une pâle ombre à l'aspect tellement lumineux. Paradoxe.
Il est une chose que j'aime par-dessus tout : c'est que l'on me rappelle ma beauté. Je voue à mon reflet un grand amour et me contrefiche de savoir ce que d'autres en pensent, si mon égocentrisme leur déplaît tant pis pour eux. Je me sais très orgueilleux et j'ai la fâcheuse manie de penser que tout m'est dû, que je suis quelqu'un d'exceptionnel... Par ailleurs j'ai tendance à entrer dans un état de colère impressionnant lorsque les choses ne se passent pas comme je le désire. J'aime être le maître, diriger et contrôler la situation, j'aime tenir les rênes et manipuler autrui à ma guise. Tout doit me revenir, tout doit m'être favorable sans quoi je prends peur et m'énerve.
Mes colères pourtant sont rares et généralement se font mielleuses et doucereuses, c'est alors que j'emploie tout mon venin et mon sardonisme à vous briser lentement, soigneusement, avec les mots les plus terribles et pourtant les plus doux. Mon jeu favori est de paraître gentil, de vous donner l'impression que je compatis lorsque je vous critique... Je vous détruis à petits feux et vous ne pouvez pas même m'en vouloir, j'ai l'art de tourner ainsi la situation à mon profit. J'aime à fasciner et à attirer...
Vous attirer à moi d'un seul regard, vous repousser, mais surtout vous aimer...
Mon affection est sans doute bien pire que ma haine, puisqu'elle est aussi délétère qu'un fluide nocif. Peu à peu, vous mourrez de mon amour, ne laissant derrière vous que le souvenir que j'ai décidé de laisser de vous. Je vous aime, mes chers et tendres, je vous aime passionnément lorsque vous savez me conquérir. Vous êtes comme de petites créatures insignifiantes avec lesquelles je joue délicieusement. Dans mon amour il n'y a aucun respect et j'aurais plus de considération pour un chien galeux que pour vous.
Ma haine... ma haine et mon mépris vous seront d'immondes cauchemars, cependant je vous laisserai vous éloigner si le coeur vous en dit. Dans la haine, il n'y a aucun attachement, mais tant que vous resterez près de moi, vous connaîtrez une souffrance psychologique que jamais vous n'aurez osé imaginer. Vous apprendrez que tout ce que vous avez pu connaître de pire n'était que bagatelle à côté de ce que ma haine peut vous offrir.
Toutefois, ne craignez rien, tant que je ne vous aime pas, je ne suis pas un si grand danger. Si l'exil ne vous fait pas peur, alors vous n'avez pas à vous tourmenter avec la perspective de vous faire haïr de moi... Mon problème est que je suis extrêmement possessif... Si je vous aime, mes choses, si je vous aime, vous ne me quitterez jamais ! Jamais ! Vous n'aurez pas droit au bonheur et ne connaîtrez jamais l'amour, car votre seul amour, ce sera moi. Pour parvenir à ces fins je suis prêt à tout, prêt à tuer et à commettre d'autres crimes bien plus atroces encore : je n'ai jamais eu de scrupule et ma cruauté n'a aucune limite.
Tout est art, bien sûr, art et calcul : il s'agit de savoir exactement où s'arrêter, quel outil utiliser, quel manière choisir pour s'exprimer et agir. Chaque chemin mène à un endroit différent, il n'en est pas deux qui puissent guider vos pas au même lieu quelle que soit l'illusion que tout peut vous donner. Car oui, je le jure, tout n'est qu'illusion ! Mensonge et tromperie comme de l'eau qui se brouille pour ne laisser entrapercevoir qu'une part obsolète de vérité. Je suis l'invisible et l'absent que vous ne pouvez jauger d'un seul regard, une vaste mer devant laquelle vous vous trouvez impuissants. Je suis indescriptible.
L'intelligence qui m'a été offerte à la naissance est immense, certes, toutefois elle m'éloigne du reste du monde. Je suis isolé sur un piédestal que j'ai moi-même construit, j'appartiens à des sphères dans lesquelles je n'existe qu'à peine, je suis l'oublié autour de qui tous se rassemblent sans le voir, enfermé dans ma cage dorée dont j'ai moi-même jeté la clé. Si je suis Roi je suis aussi très seul, rongé d'amertume infinie et sans but. J'en veux au monde entier, à moi-même et à personne tout à la fois, puisque rien n'a de sens ici, puisque tout n'est que folie. Je préfère croire que je suis fou et continuer à pousser les pièces de mon jeu d'échec, alangui sur ce trône fade et sans gloire, plutôt que de prendre conscience de toutes ces horribles vérités qui m'entourent...


۞ Mais encore? ۞


† Dons ou Capacités: un grand talent pour l'alchimie. Je monte très bien à cheval et manie fort bien l'épée, il semble aussi que les animaux m'aiment énormément.

† Relations avec les autres: Toujours très froides... je n'ai aucun véritable ami ni de confident, comme je l'ai déjà dit je suis très seul. Les vampires sont mes courtisans bien entendu, mais tout n'est qu'illusion et masque, il n'y a rien de vrai dans leur prétendu amour que je suis de toute manière incapable de rendre.

† Objets fétiches: Vous...

† Familier:
un serpent enroulé autour de mes épaules

† Armes: une épée fine et longue, au manche d'argent massif ouvragé en forme de serpent aux yeux d'émeraude, dont je me sers rarement.


Dernière édition par Sire Lysander Crowley le Dim 20 Avr - 0:59, édité 1 fois
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Sire Lysander Crowley
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MessageSujet: Re: Sire Crowley   Dim 20 Avr - 0:37

† Votre histoire :

Chapitre I
Genèse


Souris, Ankaamerak.
Souris, tant que tu le peux : l’enfant qui te vient doit t’être une joie, tu n’as pas le choix. Tu ne m’as jamais désiré, bien entendu, et tu n’as jamais voulu que je vinsse au monde : aussi tragique cela pût être je m’en accomode. Il fait froid, là dans mon cœur, Ankaa. Ton mari t’a engrossée, tirée de ce temple dans lequel tu comptais passer ton éternité, oui… tu te sens souillée, n’est-ce pas ? Je ne suis qu’une infâme salissure sur ton corps divin. Comme tu me répugnes. Il s’appelle Rasaben ed Asich, il est beau et haut placé dans la hiérarchie, certaines mauvaises langues font courir à son sujet des rumeurs peu glorieuses : toi, tu le sais, n’est-ce pas ? Tu sais que tout est vrai et qu’il n’est en vérité que le favori du Pharaon Tefnakht. Il le manipule par les jeux de lits.
Et toi… toi qui étais promise à un si brillant avenir, te voilà réduite à l’épouser et à lui donner un enfant. Je sais que tu m’as toujours haï – j’étais pourtant ton fils, Ankaamerak, ton unique fils, la chair de ta chair ! Mais tu m’as rejeté, tu m’as confié aux servantes du palais. Quelle ironie, n’est-ce pas, alors que tu aurais pu accéder au trône ? Mais avoir un fils aux cheveux roux dans ce pays plein de mystères qu’est l’Egypte n’est jamais un bon présage et je fus pour toi l’enfant de Seth.
J’étais pourtant le neveu de la reine Lysandra. Mais ma mère, sa sœur, brisée par l’amour désespéré qu’elle portait à son époux, ne pouvait supporter de me voir évoluer si près d’elle. A plusieurs reprises, ma mère voulut me tuer alors que j’étais élevé par une servante du palais, une nubienne aux doux yeux de chat. Mère… Tu avais déjà vu toutes les intrigues, tu avais déjà vécu mille vies et la réalité t’avait fatiguée, cela se voyait. Tu pleurais souvent, les larmes creusaient tes joues, quand tu voyais les regards concupiscents que ton époux jetait à la reine, quand tu sentais que le grand vizir Kaah tentait de me protéger, quand tu sentais le mépris que le monde entier te vouait. Mais tu sais, pour moi ton fils, tu valais bien plus que ces dieux que tu priais jadis dans les temples.
Au fil des années tu décidas que je ne valais même pas la peine d’être assassiné, tu te détournas de moi, de ma chevelure rouge, de mes yeux qui te fixaient sans aménité. Je n’étais pas destiné à être plus longtemps ton fils. Je fus élevé par ta sœur, la reine Lysandra, qui me nomma Phobos – la peur en grec. La peur que je t’inspirais…
Puis tu disparus à jamais dans les déserts, ma chère mère, tu te laissas enfouir dans les dunes sableuses pour oublier cette vie terrible qu’on t’avait construite. Père ne fit jamais attention à moi, lui non plus, il vivait de sexe et d’intrigues, pitoyable qu’il était. Il ne vaut rien, il n’a jamais rien valu, il est inutile à ce monde. Il faisait même le mépris du lamentable chef des armées, ce Suhel Hadar qui s’était épris du Grand Prêtre Alshemali… Il t’aimait, tu sais, Alshemali. C’est triste… Triste, ce monde dans lequel aucun amour n’est vrai, dans lequel personne n’aime personne car personne ce n’est rien.
Alors souris, Ankaamerak, souris de là où tu es, de cette éternité du haut de laquelle tu me contemples. Souris, amère, parce que toi tu as eu la chance de quitter cette existence sans but.
Je jure qu’un jour je te rejoindrai.

Chapitre II
Abandon


J’avais à peine vingt années.
Aux yeux du monde entier, j’étais l’enfant de cette nubienne, un enfant trouvé. Peut-être celui d’une prostituée. Allez savoir ! Un enfant aux cheveux roux, de toute manière, ce n’est pas bon signe. Je voyais leurs yeux me cracher mon engeance, me traiter d’enfant de Seth, me traiter comme un déchet, un être sans valeur aucune. Mon rire chaque jour était plus amer, je me comportais sans aucune retenue, un véritable débauché. Les patrons de toutes les tavernes du coin me connaissaient par cœur et moi j’étais capable de réciter la liste de leurs alcools et de leurs prostituées. Les lupanar et les trivia m’avaient pour meilleur client.
Quelle vie sans intérêt.
J’attendais la mort, je désirais connaître une bonne fois pour toute la fin des temps et abandonner tout ce qui faisait mon existence. J’avais la prétention de croire que j’avais le droit de mourir, moi, qui étais né avec cette abomination de chevelure ! Moi, un enfant du Mal, j’aurais le droit de rejoindre le Royaume d’Anubis et d’Osiris ? Ce n’est pas ainsi que les choses vont et l’enfant sans nom que j’étais dut bien vite comprendre que l’Ombre m’était à jamais refusée.
J’avais vingt ans… Je nourrissais à l’égard du monde entier une haine invincible, foudroyante, qui puisait ses sources dans une jeunesse sans considération. Tous m’avaient considéré comme un moins que rien, comme un enfant sans intérêt qu’il fallait traiter de haut. Suhel Hadar, le chef des armées, me faisait des avances stupides que je repoussais sans cesse – chose qu’il abhorrait… il me traitait comme son esclave et je devais bien lui obéir, c’était cela ou la mort. Et si je voulais mourir je tenais à ce que ce fut d’une main autre que la sienne. Il n’était pas le seul à agir ainsi : c’était chose courante, ces hommes si bien de leurs personnes s’amusaient beaucoup avec les enfants de serviteurs comme moi et leur faisaient subir bien des humiliations. J’en étais écoeuré.
La reine Lysandra, si douce fût-elle, était trop occupée pour m’accorder une réelle attention. Mais ses sourires, sa gentillesse et sa bonté restèrent à jamais dans mon cœur comme la seule trace d’amour que j’eusse jamais reçu, ce fut l’une des raisons qui me poussa à prendre pour nom la version masculine du sien. Elle était bien la seule personne sur cette terre que je n’avais aucune envie de tuer.
Quand cela se produisit-il ?
Je l’ignore. Je me souviens juste de ces ténèbres engourdissantes, une nuit fraîche sur l’Egypte… Mon corps sombrant dans les eaux limoneuses du Nil, la vie me quittant peu à peu. Et puis un sursaut : non, je ne voulais pas. Je ne voulais pas quitter cette terre avant d’avoir accompli ma vengeance, avant d’avoir obtenu le sang de tous ceux qui m’avaient traité comme un misérable, de tous ceux qui avaient fait de moi une poupée macabre ! Mes yeux s’ouvrirent soudain et je me recroquevillai en position fœtale, j’étais comme l’enfant baignant dans le ventre de sa mère : j’allais renaître. Mon corps était mort mais mon âme existait encore, je m’étais abandonné à la Camarde.
Je jaillis hors de l’eau, né des flots, nu comme un ver sous la lune diaphane. J’étais un immortel à présent, un être qui ne pourrait jamais atteindre ce trépas qu’il infligerait à autrui. Pour maintenir ce nouveau corps flamboyant en vie – ou du moins en un simulacre de vie – je devrai boire le sang d’autrui.
Le sang…
Je jurai au ciel de verser le sang de l’Egypte, de tous ceux qui avaient souhaité ma souffrance, et dis adieu à mes divinités d’autrefois.
A ce moment-là je fus perdu…

Chapitre III
L’Empereur


J’errai.
Il était si facile d’aller d’un endroit à un autre, de découvrir tantôt les trésors de la belle Babylone tantôt les mystères des sept collines, de m’aventurer en Bretagne ou de visiter les territoires Goths. Cela ne me posait aucun problème, il me suffisait de me laisser porter et d’exister. Je n’avais besoin d’aucun argent, la nuit était mon domaine et le jour mon refuge, je n’avais besoin d’aucun sommeil pour subsister. Le sang me nourrissait fort bien, je me faisais un festin de ce liquide écarlate et brûlant qui chatouillait délicieusement ma gorge. Je vivais en solitaire, c’était si bien ainsi !
J’avais tué tous ceux dont j’avais voulu jadis la mort et mon âme était soulagée. Soulagée mais noircie à jamais, noircie de haine et de violence que j’avais connues trop jeune. Deux siècles s’étaient écoulés et je n’avais pas changé, j’arborais toujours ces épais cheveux flamboyants qui me valaient d’étranges regards. Cela ne m’ennuyait plus, dorénavant, je les laissais couler dans mon dos et jouais avec mon aspect presque démoniaque. N’était-ce pas le reflet de ma réelle identité ?
Je ne pouvais le cacher… Du moins pas à moi-même : j’étais un non-mort, un vampire revenu de l’Enfer. Oui, je l’ai connu cet Enfer et je puis vous affirmer qu’il ne se trouve ni sous terre ni au ciel, ni même dans une autre dimension, il existe sur cette terre, il est créé de la main de l’homme, il n’a aucune autre forme de réalité que celle que nous lui donnons. La culpabilité m’est désormais inconnue, la rédemption m’est impossible et pour cela plus jamais je ne connaîtrai les méandres chtoniens de cette existence infernale menée jadis.
J’aurais dû à cette époque me douter qu’un être comme moi ne peut rester seul bien longtemps. Sans le savoir j’étais déjà traqué par d’autres de ma race, suivi dans chacun de mes déplacements par des cohortes malsaines, nées bien après moi et qui mourraient dans bien peu de temps. Que voulaient-ils de moi ? Que cherchaient-ils à obtenir ? Aujourd’hui encore je l’ignore mais ce que je sais, c’est qu’ils ont trouvé un être plus vieux et plus fort qu’eux.
Ils m’ont attaqué en Phénicie, dans une ruelle vide. Ils m’ont encerclé et se sont jetés sur moi, comme les parfaits lâches qu’ils sont, ils ont tenté de me tuer.
Je me souviens de ce combat presque épique, de ma fureur sous la lune et de cette envie de meurtre qui rejaillissait en moi comme autrefois, du rire que j’envoyai au ciel comme un défi. J’allais exterminer mes semblables et ce sans le moindre regret, oh non ! Je désirais anéantir tous ceux qui me haïssaient et avaient juré ma perte, ces créatures vaines et débiles en faisaient partie. Quelles chimères pouvaient donc bien les animer ? Croyaient-ils pouvoir me détruire, moi l’enfant de Seth ? Comme c’était sot de leur part.
Je les réduisis à rien, ils se prosternèrent devant moi et m’élirent comme leur chef, je décidai de mener cette caste à une bien plus auguste destinée. Ils ne seraient pas plus longtemps ces enfants de la nuit en haillons, ils ne resteraient pas bien longtemps ces créatures apeurées et misérables qui ne méritaient que mon mépris. Je résolus de faire de la race vampirique une véritable aristocratie, de donner aux miens la grandeur qu’ils méritaient.
Les siècles passèrent et par le vol, le meurtre et la manipulation j’obtins une grande richesse. Je fis construire une cité grandiose, dissimulée sous la terre afin de me préserver de tous les ennemis qui me guettaient, une cité somptueuse comme il n’y en aurait jamais de semblables – je l’appelai Vasteval. Elle se trouvait dissimulée dans le Désert du Sahara qui avait porté mon enfance, non loin de cette ville maudite qui m’avait vu mourir. Mourir et renaître, tel le phénix ! Quelle ironie !
Et puis tout advint au même moment.
Les religions inventées par les hommes commencèrent à se déchirer et cette paix futile érigée entre nous et les lycanthropes se rompit comme un fil de soie. Les chapitres du grandiose Livre de Pandore furent éparpillés et égarés et chacune de nos races décida de la retrouver. Les humains nous avaient bannis, avaient fait de nous les rénégats et oubliaient petit à petit notre existence. Ils faisaient de nous des légendes tandis que nous espérions récupérer ces mystérieux chapitres.
Ainsi ont passé les siècles et bientôt ma race me jugea digne d’être nommé l’Empereur.
L’Empereur… Empereur d’une race maudite. C’était comme si un Dieu malade régnait sur une Humanité sans cœur, mon existence et la leur étaient à jamais liées. Moi qui avais vu les débuts de ce monde civilisé j’observais les changements d’un œil circonspect et je sentais venir le moment où cette guerre latente éclaterait définitivement entre les lycanthropes et les vampires.
L’Empereur… Oui, un Empereur, un véritable souverain parmi les siens. C’est pour cette raison que je réunirai le livre de Pandore, c’est pour cette raison que je détruirai ceux qui veulent la fin de ma race, que je vous détruirai, templiers, et particulièrement cet insolent, le fils de mon ancien ennemi… Raphaël…
Je fais le serment, vampires de tous âges, que nous vaincrons, par l’épée et dans le sang.
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Sire Lysander Crowley
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MessageSujet: Re: Sire Crowley   Dim 20 Avr - 0:59

Fini ! :face:
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Templar Octavius
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MessageSujet: Re: Sire Crowley   Dim 20 Avr - 9:03

Parfait, tu peux commencer le RP désormais

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Andrea
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MessageSujet: Re: Sire Crowley   Jeu 24 Avr - 13:21

Bon on va pas déblatérer des heures, ta fiche est merveilleuse ^^ beaucoup de talent, t'écris très bien. bravo

Personnage Validé !

a bientôt en rp ^^

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Sire Crowley

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