Chroniques d'Immortels

.: Le secret de Pandore :.
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 Aloïs Holland

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Aloïs Holland
Lycan Libre


Nombre de messages: 56
Ville: Naripolis
Péché fétiche: Luxure
Date d'inscription: 18/08/2009

MessageSujet: Aloïs Holland   Mar 18 Aoû - 23:21

۞ Vous êtes? ۞

† Nom: Holland des Brisants.

† Prénom: Aloïs

† Surnoms: Aucun en particulier

† Âge: 23 ans d'apparence, le bel âge. Il compte à vrai dire plus d'un siècle d'existence.

† Race: Lycanthrope. Sa fierté outre mesure.

† Caste: Mystérieux (souhaite rejoindre le Clan des Rebelles en secret.)

† Statut: Lycan libre

† Péché Fétiche: La Luxure

۞ Hum... A quoi ressemblez vous? ۞

† Physiologie: Au niveau physique, Aloïs n'a rien à envier à personne. Il est, dirions nous, d'une beauté abusive. Doté d'un profil très équilibré, il joue de cet attrait physique sur les personnes qui l'entourent et honore complètement le fait qu'il fût un représentant quelconque de la Luxure.
Pour le détail, Aloïs est un homme plutôt grand, un trait physiologique qui provoque les retournements en groupe. Il attire l'oeil de cette haute taille et complète cette apparence par son côté svelte, musclé en toute légèreté. Il fait partie de ces beautés masculines assez androgynes, qui plaisent aux femmes par cette douceur apparente, et aux hommes pour ces mêmes atouts. Il semble que Aloïs aie été créé tout en finesse, comme si son corps fut peint à la plume et à l'encre de chine. Grand, donc, environ le mètre 80, svelte. Un peu musclé, de façon à ce que ses muscles jouent discrètement sous sa peau à chacun de ses mouvements.

Aloïs a la peau pâle, blanche dirait-on, caractéristique des pays du nord d'où il vient, et sous sa peau d'albâtre on distingue en tout lieux de son corps, hormis son visage, les veines qui courrent sous la peau, ornant son corps de quelques lignes bleutées, fantômatiques. Un visage longiligne, tout comme son corps, dessiné tout en douceur. Il possède une longue chevelure d'un noir profond, constituée de mèches éparses et inégales, qui encadrent son visage avec une touche de rébellion qui lui sied parfaitement. Des yeux violets, aux reflets d'améthystes précieuses, délimités par des paupières graciles. De hautes joues, un nez fin et joliment dessiné. Et ses lèvres pleines, rosées, à la fois tenant de la finesse des bouches masculines et de la candeur des bouches de femmes.
Pour ce qui est du reste de son corps, Aloïs dispose de bras longs agrémentés de mains ciselées aux doigts bien articulés et agiles. C'est un lycan doué de ses mains et de son corps en général, souple et audacieux (trait qui est également propre à son caractère). Il aime se vêtir d'habits propres à sa classe aristocratiques, tout en revêtant pour celles ci des couleurs sombres et obscures, lesquelles mêlent généralement une teinte violette se joignant aux éclats de ses yeux. Il se vêt principalement de tuniques noires, décorées d'épaulettes argentées et de boutons d'argent où scintillent des perles d'améthystes.

Pour ce qui est de son aspect de loup, Aloïs est tout aussi élégant et charmeur sous sa forme animale que humaine. Dévoué à cette beauté qui le caractérise, son pelage fin et duveteux se parsème de plusieurs couleurs. Gris sur le ventre et le bout de la queue, son poil se dégrade vers un noir de plus en plus intense à fur et à mesure que l'on se rapproche de la ligne du dos et des oreilles, et l'on distingue sur ses pattes quelques mesures de roux, tout comme sur ses oreilles et le bout de son museau, près de sa froide truffe noire et humide. Il est un lycan fort, et son aspect de loup retranscrit cette force tranquille, par des pattes avant fluides et un arrière train puissant.

† Psychologie: Aloïs est une véritable toupie. C'est un homme qui a su, tout comme sa forme lupine, dissimuler en lui un caractère que bien peu lui connaissent. Il demeure en tout lieux avenant, et même très ouvert. Aloïs est reconnu de toutes parts pour sa galanterie et sa générosité envers ces dames et ces messieurs. Au delà même de ce qui concerne le purement sentimental, il s'agit là d'un homme simplement gentil et amical. Naturellement enjoué, son positivisme et son optimisme à toute épreuve font de lui un compagnon joyeux et plaisantin.
Pourtant, malgré ces apparences tranquilles et accueillantes, Aloïs est une tombe vide de sentiments réellement profonds, et il se complaît dans son rôle de gentilhomme complaisant et flatteur, aimant les soirées arrosées se terminant à son avantage. Mais tout ceci n'est qu'un jeu de visages, et il apprécie, a travers ses allures d'aristocrate, se promener en solitaire autour de Naripolis ou tester son esprit à la lecture ou des jeux de stratégie. Indifférent, ancré dans un puissant je-m'en-foutisme, il tient cela dit à son image et la préserve dans toute sa fine élégance.
Sûr de lui, aguicheur, cela n'empêche pas Aloïs d'être aussi entouré de doutes et de souhaits qu'il ne peut partager. Il conserve cependant, dans tous ses états, son besoin de contact avec les autres, quels qu'ils soient.

Cela dit, Aloïs est également un homme qui ne sait que rarement résister et dire non aux tentations qui le taraude. Homme populaire, de condition aisée et de bonne figure, il a conservé dans son statut de lycan sa capacité à céder à chacun de ses propres caprices. En un sens, c'est un personnage un peu naïf mais aussi très narcissique. Beaucoup le décrivent naturellement comme de bonne compagnie, doux et délicat dans toutes ses manières. D'autres le révèleront comme brutal, sordide d'une certaine façon, voir même violent et colérique. Sans être schizophrène, loin de là, Aloïs se distingue des autres lycans par cet aspect de son caractère: l'instabilité. Il sait parfaitement se tenir en société, gérer son rôle en groupe, mais, seul ou en tête à tête, il est homme à se laisser aller à de fabuleuses crises de nerfs, des explosions que l'on ne lui aurait jamais vu autrement. Ces dernières sont rares, il faut malgré tout le dire. Somme toute, Aloïs est quelqu'un de charmeur et de charmant, envoûtant, désireux de plaire et d'être aimé. C'est aussi un manipulateur, calculateur. Mais cela, vous le découvrirez vous même...

۞ Mais encore? ۞

† Dons ou Capacités:

† Relations avec les autres: Aussi douces avec les femmes qu'avec les hommes, Aloïs est un personnage ouvert, jovial et amical, qui ne s'attire la haine que de très peu de monde. Il est même plutôt convoité au sein du groupe des lycans. Et chez les humains qui ont eu l'occasion de le connaître également.

† Objets fétiches: Sa tunique noire ornée de plusieurs améthystes. Ainsi qu'un anneau argenté autour de son majeur gauche.

† Familier: Aucun, en dehors de sa monture, une jument blanche, Sealta.

† Armes: Une dague glissée dans ses bottes de cuir, et un autre couteau finement ouvragé attaché dans ses manches (si manches longues il y a).
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Aloïs Holland
Lycan Libre


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MessageSujet: Re: Aloïs Holland   Mer 19 Aoû - 22:39

† Votre passé:

C'est un bal. Ou plutôt, une soirée dansante de cette époque lointaine que j'ai connue. Dans une vallée enneigée, au pied des montagnes de Norvège, c'est ici que j'ai vécu ma vie de mortel. Je dansais ce soir là au bras d'une jeune demoiselle, Judith. J'étais le fils du Duc de la région, et un lointain cousin du prince de notre petit royaume. Mais laissez donc cela, et revenons un siècle et demi en arrière...

"Aloïs ? Aloïs ! Judith t'attend !"

Mince. Il ne vaudrait mieux pas que ma mère me trouve ici. 23 ans à peine, et je me cache déjà des fêtes, emmené par quelques amis et amies. Plus précisément, et pour partager un peu de mon intimité, j'avouerais me cacher de la vue de ma famille pour profiter de quelques instants de tranquillité.

"- Aloïs, reste encore un peu avec moi.
- Je ne peux pas, Léo. Imagine si on nous trouvait ici.
- Qu'importe?
- Il importe que je tiens à vivre. Tu ne connais pas mon père?
- Il peut bien comprendre.
- Certainement pas. Et d'ailleurs, Judith attend. On ne fait pas attendre les demoiselles.
- Peuh, et moi tu me fais attendre donc?
- Je me ferais pardonner."

Je l'embrasse avec légèreté. Léo est trop jaloux des autres. Mais un homme de noblesse est un homme du peuple aussi. Autrement dit, il faut bien que j'honore mes devoirs au sein de cette famille. Aussi, je partis rapidement, émergeant du placard où nous nous étions réfugiés. J'avais pris soin de remettre rapidement en ordre ma tignasse ébouriffée par mon compagnon, et j'avais réajustée ma tunique noire et argentée de soirée. Je descendis le grand escalier de pierre de la maison, et me rapprochais à grandes enjambées de ma mère.

Ellabel Holland. Une femme plutôt petite, très fluette. A se demander comment elle avait pu mettre au monde mon petit frère et moi qui étions si grands et si fortement bâtis. Mais la fatigue se lisait sur ses traits tirés, et sur les petites cernes qui venaient assombrir son teint clair de jolie blonde. Elle avait peiné à mené mon frère et moi même à la vie, et sa santé fragile la rendait nerveuse et fort peu hâtive de toute tâche éprouvante. Ellabel avait tout de la poupée, une poupée de porcelaine. Tout l'inverse de mon père duquel nous tenions, Stanislas et moi. Notre père, Ephraïm Des Brisants, était probablement l'homme le plus haut et le plus puissant de toute l'histoire de notre comté. Large d'épaules, doté d'une carrure herculéenne. Il paraissait, à côté de ma douce mère, comme une allégorie de Zeus et Europe.

Poursuivons. Je m'approchais donc de ma mère, laquelle discutait, agitée, avec une jeune femme très blonde, elle aussi, dont le visage fin encadré de boucles dorées semblait être la représentation parfaite d'Alice au Pays des Merveilles, avec cette candeur exceptionnelle dans le regard. Mais les apparences sont parfois, et même souvent, trompeuses. J'engageais donc la conversation rapidement, esquivant le regard accusateur des prunelles bleues ciel d'Ellabel. Je pris doucement le bras de Judith, et nous partîmes rejoindre les invités dans la grande salle de notre petite château.
Une main sur la taille de Judith, l'autre lui tenant la main avec élégance, je la menais à travers la pièce dans un duo délicat et empreint de beauté. La danse est un art extraordinaire. Nous profitions de ces instants pour discuter, nous perdant dans nos enchaînements au milieu de la foule.

"- Dansez vous souvent avec les dames, Monsieur Holland?
- Assez. Mais je dois avouer que je n'avais jamais eu la chance d'avoir au bras une partenaire aussi douée que vous, Miss Yendy.
- C'est un plaisir de l'entendre d'une aussi jolie bouche. Et je vous en prie, appelez moi Judith.
- A condition seule que vous m'appeliez Aloïs, ma chère Judith.
- Soit. Mais dites moi donc, on ne vous connaît nulle partenaire régulière ces temps ci?
- C'est que je n'ai point trouver de chausse à mon pied, et ne puis donc me fixer d'aucune sorte.
- Cela me convient parfaitement, Aloïs."

Nous avions alors continuer notre danse. Nous avions alors croiser un autre duo fort agréable à observer évoluer. Il s'agissait de mon frère et de Pauline, une jolie demoiselle, fille d'un bourgeois du coin. Elle plaisait beaucoup a mon cadet. Stanislas. Un jeune homme de 16 ans à cette époque, le même âge que sa ravissante partenaire de danse. Il était né aux confins de l'hiver et portait sur son visage la froideur de décembre et la rudesse du mois de novembre. Non pas qu'il fut laid, simplement, il tenait quelque chose d'effrayant, parfois, en ses traits. Nous passâmes près de lui, échangeant quelques aimables remarques, et Judith et moi avons ensuite fui la salle pour nous retrouver plus loin, à l'angle d'un mur silencieux. Les murs n'ont pas d'oreilles, contrairement à ce que dit le dicton. Ou alors ceux là étaient-ils sourds. Je ne puis point dire que je lui fis la cours, étant donné que ce fut elle qui me pressa au plus haut point. Posant ses lèvres sur les miennes, elle brisa le charme de l'innocence qui l'habitait à mes yeux jusqu'alors. Judith et moi furent longtemps amants. Pour tout dire, nos baisers avaient toute la saveur des interdits, des cachotteries, et c'est ce qui nous enflammait je crois.

Elle me quitta dans la soirée, pour rentrer avec son père fatigué, et qui était désireux de pouvoir la garder au mieux sous les yeux. Cette soirée s'acheva sans encombres et je retrouvais de temps à autres Léo, au détour d'une pièce vide. Des heureux hasards me diriez vous.

Le lendemain, je me rendis en promenade a cheval avec Tristan. Un ami de longue date pour ces sports d'extérieurs. Et je profitais de sa compagnie exclusive en ces instants étranges. Je préparais donc ma monture, qui était à ce moment un jeune étalon du nom de Shorad. Je le sellais, le pansais, puis rejoignais Tristan, monté lui aussi sur son propre cheval, soigneusement préparé comme toujours. Ce jour là, nous nous dirigeâmes vers les bois, une forêt de sapins et de vieux chênes qui semblait étouffer la terre de leurs grandes et hautes racines. Nous nous sommes arrêtés au bout d'une heure de galopade pour nous reposer dans une petite clairière. Laissant nos chevaux brouter librement l'herbe verte et humide des sous bois, nous discutions, adossés à l'écorce de grands arbres.

"- Tu as eu la chance de danser avec la belle Judith, Aloïs. Je vous ai vus partir. Aurais tu l'audace de te l'approprier?
- Les femmes ne sont pas le seul souci que j'ai à régler.
- Non, en effet."

Il avait eu un rire léger et m'avait doucement embrassé, me poussant contre l'arbre sur lequel je m'appuyais un peu.

"- Tristan, ce n'est pas drôle.
- Je trouve que si, au contraire. Tu as la belle vie, Aloïs, entre Léo, Judith, Eleonore...
- Tu sais tout de moi. Mais j'en sais autant de toi dans le domaine du compromettant.
- Sans aucun doute. Je n'ai jamais caché mes goûts, mon ami, jamais.
- Tu devrais pourtant te méfier de ce que pense les gens.
- Aloïs, c'est malheureusement ton problème que cela. Tu as caressé la gorge de Judith tout autant que les hanches de Léo, mais tu serais bien incapable de l'affirmer. En quoi cela te gêne-t-il?
- Je tiens à ma place, et à ce que je représente.
- Un fils de seigneurs.
- Exactement."
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Aloïs Holland
Lycan Libre


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MessageSujet: Re: Aloïs Holland   Mer 19 Aoû - 22:39

Il avait alors soupiré. Comme je m'en souviens ! Nous nous disputions souvent à ce sujet. Nous vivions en un pays où les relations étaient relativement libres, mais nous étions malgré tout en une époque où il était diabolique d'entretenir un lien entre hommes. Et je ne tenais pas à tâcher la réputation de ma famille, ni à abattre les démons sur les générations à venir. Mais, ne pouvant empêcher ce vice, il me fallait bien me cacher. Nous avions repris la route, sans plus rien dire. Les sourires de connivence que nous partagions s'étaient envolés pour cette matinée d'été. Une fois rentré au domaine, je fus demandé par un certain Judicaël. Lequel demandait une rencontre privée avec moi. Je l'invitais donc à m'accompagner près de la rivière, non loin du domaine, afin que nous puissions parler seuls. Ce fut la première conversation qui me glaçât et me fascinât tout autant. Nous étions à marcher paisiblement au bord de l'eau, à discuter. Je ne savais encore point le motif de notre entretien.

"- Aloïs. Puis-je vous appeler Aloïs?
- Je vous en prie, Monsieur.
- Très bien. Il me faut vous parler franchement dans ce secret qui nous unit. Il vous faut savoir que cette conversation, jamais ne devra échapper d'une bouche de l'un d'entre nous. Sous peine que cela coûte cher à l'un des vôtres. M'entendez vous bien?
- C'est extrêmement clair, Monsieur. Mais je crois pouvoir me permettre de vous demander quelle est cette chose sacrée qui vous amène et qui me fait prendre tant de risques contre lesquels je ne peux m'opposer?
- Vous croyez bien.
- C'est ce qu'il me semblait.
- Vous avez la langue agile, et cela me plaît. Mais j'en viens aux faits. Je cherche... Un compagnon.
- Je crois que je ne comprends pas.
- Vous comprenez très bien."

Il m'avait alors jeté dans le fleuve, car nous étions arrivés en un point où l'eau m'arrivait aux mollets, peut être même aux genoux. Ainsi étalé dans l'eau, la tunique trempée et les yeux écarquillés, je ne pouvais aucunement me débattre, mon adversaire s'étant assis sur mon bassin. Mais ce n'était plus un homme. Le temps du saut il était devenu une bête infâme, un loup énorme aux babines retroussées, prêtes à mordre la pauvre chair de mon cou. Je me mordis la lèvre, mais il m'empêcha de hurler en posant une main ferme sur ma bouche, qu'il retira quand je lui fis signe que je ne me rebellerais pas.

"- Il faut que vous compreniez, Aloïs. J'ai besoin de quelqu'un pour vivre auprès de moi. Et vous êtes celui qu'il me faut. Vos manières, votre élégance... Tout en vous me séduit.
- Mais qui êtes vous, Judicaël?
- Un loup garou."

Je restais pantois. J'avais toujours considéré comme acquis que ces créatures n'existaient que dans les contes pour enfants. Mais je ne pouvais me tromper. Et je restais ébahi alors qu'il repris sa forme humaine. En équilibre sur mon bas ventre, je ne pouvais ni me relever en m'opposant à sa force, ni le repousser purement et simplement. Je l'observais donc juste.

"- Comprenez moi Aloïs. Je vous aime. Je vous observe depuis des mois. Des années même, sans aucun doute. J'aime votre audace outrée, j'aime la façon que vous avez de croquer dans votre vie sans considération. Je veux que vous soyez mien, et...
- Je vous en prie ! Expliquez moi avant tout. Je ne dirais rien, je l'ai juré, et un Holland ne reprend pas sa parole, mais, s'il vous plait, Judicaël, dites moi ce qu'il se passe."

Ma voix était tremblante. C'était une supplique, une lamentation, et je l'enjoignais à se confier à moi. Sous sa forme humaine, sa beauté mystique me suffoquait tout autant qu'avant, et j'étais désireux de connaître davantage ce personnage à présent. La curiosité avait pris le pas sur la peur, aussi étrange que cela puisse vous paraître.
Et il me raconta tout. Nous passâmes des soirées entières à parler ensemble, dans mes appartements du château familial, ou dans les bois, lieu qu'il affectionnait particulièrement plus. Nous devînmes vite très proches, et je ne puis vous cacher que j'éprouvais à son égard un amour simple et sincère. J'avais appris à aimer cette part d'irréel qui lui appartenait. Et je souhaitais à présent en goûter l'immortelle saveur. Je me souviens de notre dernière discussion de lycan à homme. Je m'étais échappé de ma demeure en pleine nuit, pour le rejoindre au creux des bois.

"- Es tu sûr de toi, Aloïs?
- Plus que jamais, Judicaël. Je veux te ressembler, je veux avoir ce que tu as. Ne te remets pas en colère, je t'en prie. Je t'en prie... Fais de moi ton égal.
- Mon amour, crois bien que cela me plairait mais, est-ce t'offrir le bonheur que de t'offrir cette hideuse forme de chien et cette immortalité qui te rongera l'âme?
- Oh, mais, Judicaël, que feras tu quand je devrais me marier autrement? Je veux que nous partions ensemble. Et je veux être tien, être comme toi."

C'était un argument parmi tant d'autres. Et je l'avais embrassé. Tout en glissant mes mains dans ses cheveux courts, roux, qui entouraient son visages en mèches mi longues, éparses, rebelles, je laissais mes lèvres caresser ses joues, ses paupières closes. Il eut un profond soupir. Il me repoussa doucement, posant ses deux mains avec force sur mes bras, un peu en dessous des épaules. Son regard vert avait enfoncé toute sa compréhension dans le mien. Peut être étais-je possédé par le démon qu'il représentait alors pour moi. Mais la passion ne s'explique pas. Elle ne s'explique jamais, non, jamais.

"- Judicaël. S'il te plait.
- Très bien, Aloïs. Très bien..."

Il m'avait alors pris dans ses bras. Enivrant ses moindres faits et gestes de toute la douceur dont il était capable. Il posa ses lèvres sur les miennes, dans un chaste baiser, une promesse éternelle. Eternelle pour nous deux. C'était mon engagement dans la non vie que je signais alors. Tendrement, ses lèvres glissèrent jusqu'à mon cou. Puis, arrachant ma chemise blanche, il découvrit pleinement ma gorge. Je me laissais aller à sentir ses bras chauds se refermer autour de ma taille, m'enserrant la nuque et le dos.
Et il mordit. Et tout ne fut plus qu'un intense plaisir. La douleur de la morsure d'abord, et puis cette étrange hypnose qui me prit, me plongeant dans une extase sans limites alors que je marchais sur les rives du fleuve de la mort. Et je me réveillais au goût de son propre sang dans ma bouche. Et je l'avais rejoins dans les ténèbres. Nous partageâmes notre amour jusqu'au petit jour de cette nuit étrange.

Et le matin, mon frère arriva dans ma chambre. Stanislas en robe de chambre, un bougeoir éteint dans une main. Nous eûmes alors une conversation qui allait changer nos existences réciproques. Qui allait changer nos destins et nos vies. Il en était ainsi.

"- Qui es tu, mon frère?
- Stan?
- Non ! Ne m'appelle pas ainsi, monstre !
- Mais enfin...
- Je vous ai vus ! Je t'ai entendu sortir, Aloïs. Tu me dégoûtes ! Toi et ce... Cet homme ! Monstre !
- Qu'as tu vu, Stan?
- Ce chien, je vous ai surpris tous les deux, je t'ai suivi jusqu'à l'orée des bois. Je vous ai vu vous... Tripoter.
- Où est le mal, petit frère?
- Je ne suis plus ton frère, Aloïs. Je savais pour Léo. Mais je ne savais pas que tu aimais les animaux, les bêtes !"

Je me levais brutalement et le saisis par le col. Je bouillonnais de rage à l'idée qu'il put ainsi me surprendre dans mes histoires et mes ébats, et d'autant plus qu'il insulte ainsi librement mon bien aimé Judicaël. Un grondement bestial m'échappa. Je sentais ma force me prendre en travers. Je savais que je ne maîtrisais pas cette puissance nouvelle qui était mienne.

"- Lâche moi, pauvre chien!
- Veux tu donc mourir pour parler ainsi de moi et de lui?
- As tu vu ce que tu es devenu? Tu me répugnes à tel point que je ne peux même plus t'appeler mon frère!"

Et il avait sorti un poignard, et l'avait profondément enfoncé dans mon épaule. Un hurlement déchirant m'échappa alors que je me transformais aussitôt en lycan. Mon sang tâchait le sol de pierres grises et mon frère, mon Stan, me regardait avec terreur et dégoût. Je levais une patte griffue et la jetait violemment sur sa jambe. Il cria et s'enfuit. Je lui jetais qu'il ne m'oublierait pas et paierait cher son geste.
Et Judicaël entra. Il avait escaladé le mur par le lierre grimpant. du couloir, et il était monté jusqu'à moi. Ma chambre était même plutôt facile à atteindre pour qui connaissait les lieux. Il me pris dans ses bras, et nous nous jetâmes par la fenêtre. Le bois éclata sous notre poids, et le verre se brisa. Nous tombâmes dans les buissons qui ornaient le bas du château. Judicaël, vite remis de cette chute, me repris dans ses bras. Et nous nous enfuîmes. Tous les deux. C'était la fin de mon humanité.

J'étais parti en compagnie de mon cher et tendre. Nous avons beaucoup voyagé. Je souhaitais découvrir chaque paysage avec lui, chaque monde et chaque peuple à ses côtés. Et puis nous fûmes récupérés par d'autres lycans qui nous menèrent à Naripolis. Une fois là bas, j'appris à vivre dans le groupe de loups et à connaître les us et coutumes de ce peuple de l'ombre. Je me complaisais dans ma forme. Et puis Judicaël mourut, suite à une rencontre avec un groupe de templiers qui nous ont reconnus comme démons immortels. Je quittais mon ami et amant la mort dans l'âme, et retournais vivre à Naripolis, dans la douceur des meutes et l'agitation quotidienne de ce peuple d'hommes loups. J'ai refais ma vie, et je tente de la refaire chaque jour mieux.
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Andrea
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MessageSujet: Re: Aloïs Holland   Mer 19 Aoû - 22:42

C'est parfait ;) bonne histoire Mister !

Personnage Validé ! Bien entendu content

Passe par le flood et hésite pas à te joindre aux différents scénarios disponibles ;)

_________________
Et on condamna la Folie a servir de guide à l'Amour..
Mordez moi ! I'm the Lust..
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Aloïs Holland

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