Chroniques d'Immortels

.: Le secret de Pandore :.
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 [Scénario n°2] Les premières effusions de sang...

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Le Messager
PNJ - l'Hermès


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MessageSujet: [Scénario n°2] Les premières effusions de sang...   Sam 11 Oct - 9:59


Le Messager se posa délicatement sur la terre ferme. Cela faisait un certain temps qu'il n'avait pas connu une pareille agitation. D'habitude, les messages qu'il doit transmettre n'ont rien d'exceptionnels, mais depuis quelques jours, c'est bien le contraire. Il est surchargé de travail. Que ce soit par les templiers, les lycanthropes, les vampires, ou encore ce mystérieux commanditaire qui semble au dessus de tout. Aujourd'hui, son instinct lui dictait que quelque chose n'allait pas, il ressentait un énorme trouble, comme si de nombreuses âmes s'étaient déconnectées de ce monde. Il régnait un silence atroce, signe avant-coureur de la tempête. Pour une fois dans sa vie, Llud doutait. Il avait toujours accompli sa tâche avec le plus grand zèle, et une efficacité sans pareil. Mais aujourd'hui, tout était différent. Depuis quelques heures il se promenait sans cesse entre les différents grands chefs de meute lycans, pour transmettre des informations dont il n'aurait préféré ne pas connaitre le sens. En fait, tous ces évènements l'avaient contraint à penser, ce qu'il n'avait jamais fait auparavant, mais il se passait des choses trop graves pour qu'il continue à les ignorer. Cependant, il devrait toujours rester neutre.

Au loin, on pouvait apercevoir le campement dressé par les templiers. Ils n'étaient pas ici pour une raison anodines, et les lycanthropes aussi l'avaient compris. D'ailleurs, ils seraient ici d'un moment à l'autre, et alors il n'y aurait plus aucune place à la discussion et la diplomatie, la loi du plus fort et du plus sauvage reprendrait ses droits...

Une dernière fois, le Messager contempla la large pleine enneigée qui s'offrait à lui. Puis il s'envola. Des bruits féroces et bestiaux commençaient à se faire entendre...

Dans très peu de temps, cette large étendue blanche serait maculée de sang, et le paisible ruisseau qui s'écoulait non loin de là ne serait plus qu'un long cour d'eau rouge vif...

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Soit A un succès dans la vie. Alors A = x + y + z, où x = travailler, y = s'amuser, z = se taire.

Albert EINSTEIN
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Elune Galwin
Lycan Libre


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MessageSujet: Re: [Scénario n°2] Les premières effusions de sang...   Dim 12 Oct - 19:56

Tout était calme. Le calme avant la tempête. Il faut dire que cette expression convenait parfaitement en réalité...Seul une légère brise soufflait sur la plaine qui allait bientôt accueillir des combattants par plusieurs centaines et plus encore. Elune eut une moue au coin des lèvres, elle aimait la blancheur éclatante de la couche neigeuse et savoir qu'elle serait bientôt écarlate du sang des vaincus ne la réconfortait qu'à moitié. Du moins espérait-elle qu'elle ferait elle-même couler ce sang. Son esprit bestial cherchait à lui montrer des images de ce qui pourrait se passer : des crocs dans la chair déchirée, le goût de la mort dans la bouche, sentir la vie filer sous les griffes. La lycanne s'humecta les lèvres à ces pensées. Ses pupilles se rétractèrent l'espace d'un instant. Non ce n'était pas encore l'heure mais bientôt.

Elune était encore isolée, sentant parfaitement l'odeur des siens non loin mais préférant attendre avant de les rejoindre. Elle était une solitaire et devait en cette journée renoncer d'une certaine manière à une liberté à laquelle elle tenait tant. Certes, ce serait temporaire, pas question qu'un seul chef de meute ne cherche à affirmer son autorité sur elle, il serait bien surpris de la réaction de la jeune femme. Celle-ci portait une tunique assez légère pour le froid qu'il faisait mais elle savait pertinemment que ses vêtements seraient déchirés à un moment ou à un autre, par elle-même ou par un adversaire alors pas la peine de s'encombrer trop de ce genre de facéties...D'un geste de la main, elle ôta son châle de fourrure et le posa sur une branche d'un arbre qui se trouvait à côté. C'était la seule chose qu'elle prenait soin de ne pas abîmer. Le vent qui parcourut son échine la fit frissonner puis son corps s'habituer à cette nouvelle attaque du froid. Cela fait, Elune ramena ses cheveux en arrière et les attacha avec une lanière de cuir. Quelques mèches sauvages lui retombèrent sur le visage mais elle eut tôt fait de les repousser derrière ses oreilles découvertes.

Un aigle volait en cercle au-dessus de la plaine. La lycanne eut un sourire en coin avant de se détourner pour rejoindre les siens. Son regard d'ambre semblait fusiller quiconque la regardait de travers et son expression était figée dans un froide neutralité. Elle ignora tous les regards qui purent se poser sur elle, ce n'était pas l'heure des querelles au sein du clan. Si ces chiens dociles ou ces chefs de meute avaient quelque chose à lui faire savoir, ils attendraient.
Elune jeta tout de même un coup d'oeil à la masse au loin qui représentait les templiers. Tous ces hommes disciplinés, c'était à la fois impressionnant et pathétique. Ils avaient besoin d'une telle démonstration d'ordre pour vaincre ? Les meutes des lycans étaient parfois aussi bien disciplinées et d'autres non, mais cela ne les empêchaient pas d'être meurtrières, chacun optant pour une stratégie différente. Les chefs de meutes surveillaient avec attention les leurs.

Elune attendait le signal de la bataille un peu à l'écart, fermant les yeux elle était concentrée. Analysant tout ce qu'elle avait appris au cours des années et qui pourrait lui sauver la vie. Son instinct se fichait pas mal de cet esprit d'analyse. Elle n'avait qu'à prendre sa forme de loup et improviser...Oh en réalité Elune savait que c'était ainsi que cela se passerait...mais il fallait s'attendre à tout.
Elle connaissait la douleur, la peur même mais pourtant, aucune crainte ne se faisait sentir dans son coeur, c'était étrange...Ce n'était pas qu'une partie de chasse, c'était un combat à mort, de nombreux lycans allaient sans doute périr et pourtant elle s'en moquait. Elune avait beau ne pas se sentir à sa place au milieu des siens, il n'en restait pas moins qu'elle savait que son devoir était ici, comme remonté des profondeurs de son passé. Ce petit quelque chose qui la poussait à combattre pour le clan, sans doute hérité de son père.

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William de Loveley
Ordre des Templiers


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MessageSujet: Re: [Scénario n°2] Les premières effusions de sang...   Lun 27 Oct - 14:57

J'inspirai profondément, laissant le temps à l'air glacé de Sibérie d'emplir mes poumons, les purifiant de tous les soucis qui venaient me hanter depuis que nous étions installés dans cette région hostile. Mes nuits avaient raccourci, jusqu'à devenir inexistantes car je savais que chaque seconde qui passait me rapprochait inexorablement de cet instant...Autour de moi, on s'agitait, l'ordre de mouvement, je l'avais donné très tôt dans la matinée, alors que même les rayons rosées n'avaient pas encore percé.

- Laissez un quart des hommes ici, en défense ! avais-alors ordonné en parcourant le campement au pas de course. Renforcez les palissades et doubler les effectifs des tours de gardes s'il reste des hommes disponibles. Faites tourner les forges, je veux que chaque homme se tienne prêt si quelque chose devait mal tourner là-bas.

Sur ces paroles, j'avais alors rejoint la colonne qui s'était formé devant l'une des issues du campement. Je grimpai sur ma monture, alors amenée par un soldat, et observai les templiers qui se tenaient devant moi. Il était difficile de savoir ce à quoi ils pouvaient bien penser. Peut-être que j'allais les mener à la mort, peut-être que c'était la chance de faire mes preuves. Mes yeux coururent sur l'assemblée, s'arrêtant un moment sur le groupe de mercenaire qui allait nous accompagner. Je crus y reconnaître l'un d'eux mais je ne m'attardai pas sur la question.
Je donnai alors l'ordre d'avancer. Dans l'ordre et la discipline, les forces des templiers avançaient, dans la neige et le froid mais réchauffés par leur courage. Je me retournai une dernière fois pour voir les portes du campement se fermer derrière le dernier sorti. Un soupir échappa de mon être et ma monture secoua la tête, sentant parfaitement ma nervosité.

Faire demi-tour était impossible désormais, il fallait aller jusqu'au bout. Mais ça, je l'avais su bien avant d'arriver dans cette région, bien avant d'apprendre que les lycans se rassemblaient non loin...

Nous arrivâmes sur le lieux où la violence du combat serait déchaînée. Les soldats se mirent en place dans un ordre bien défini. Les hallebardiers se tenaient devant, suivis de prêts par les épéistes, le tout protégeant une ligne d'archers qu'il faudrait préserver à tout prix. Quelques officiers peaufinaient les placements de certains corps de l'armée, faisaient resserrer les rangs ou encore distançaient certaine lignes pour laisser une plus grande liberté de mouvements aux soldats.

Je regardai l'armée qui se tenait alors devant moi. Seul, devant cette cohorte. C'est à ce moment là que je sentis le véritable poids de ce que l'on m'avait posé sur les épaules. J'avoue avoir eu un moment de doutes. On m'avait confié cette tâche, il fallait m'en montrer digne. D'un coup de talon, je fis partir mon cheval au galop avant de passer en revue les placements. Tout semblait réglé dans les moindres détails. Quand cela fut fait, je revins me placer à l'avant de l'armée, jetant un coup d'oeil là où, certainement, nos ennemis attendaient. Je me tournai finalement vers mes hommes. Tous les yeux étaient fixés sur moi.


- Messieurs ! Le moment que nous attendions tous est arrivé ! Ce moment où nous affirmerons notre puissance, notre courage et notre foi, nous prouverons alors aux créatures de l'ombre qu'un homme peut être la pire des plaies pour eux ! Oui, je vous l'accorde, beaucoup de sang coulera...Le vôtre ! Le mien ! Mais surtout le leur ! Leurs âmes obscènes rejoindront les flammes de l'enfer...Et pour nous...les romains l'appelaient Elysium, nous le nommons Paradis mais soyez sûr que ses portes sont ouvertes à tous les combattants de Dieu alors ne craignez pas la mort !

Je sortis ma lame de son fourreau, et la levai lentement alors que je mettais ma monture face à l'adversaire. Un officier s'approcha alors de moi, il attendait le premier ordre.

- Que les archers se tiennent prêts.

Il se contenta d'acquiescer et repartit pour préparer ses troupes.
Un silence de mort s'installa alors, une tension palpable gagna l'environnement. Cette attente me tuait, l'action m'évitait toute pensée négative ou toute angoisse. J'avais beau garder mon sang froid pour l'instant, je sentais au fond de moi l'appréhension du jeune chevalier devant sa première joute...

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«Un feu qui brûle en éteint un autre ; une douleur est amoindrie par la vivacité d'une autre douleur.»
[William Shakespeare]
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Tancrède Cabrera
Mercenaire de l'Ordre


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MessageSujet: Re: [Scénario n°2] Les premières effusions de sang...   Mer 29 Oct - 14:11

Tancrède inspira longuement une grande bouffée d'air frais. Il se sentait plus que mal. Non pas qu'il avait vraiment peur de mourir, pour l'instant il ne réalisait toujours pas la chose, mais bien qu'être perdu au beau milieu de toutes ses âmes pour une bataille à si grande échelle avait de quoi le mettre mal à l'aise, lui, l'enfant de la forêt. Laissant de côté son appréhension, il posa un genoux au sol, et observa le jeune chef, sur qui reposait leur victoire, ou leur défaite. Lui aussi n'avait pas bien l'air dans son assiette. Comment vivait-il une telle responsabilité? Comment pourrait-il donner les bons ordres au bon moment, sachant combien il enverrait d'hommes à la mort?

Mais le rôdeur avait une préoccupation bien autre... Son serment. Il s'était engagé à ne tuer que si cela était nécessaire pour rétablir la paix entre les espèces. Que devait-il faire? Briser son serment et se sentir coupable jusqu'à la fin de ses jours? Mourir en paix? S'enfuir comme un lâche? Rien de tout cela lui semblait envisageable, pourtant, il faudrait bien qu'il trouve une solution...

Soudain un bruit attira son attention. Il se releva, et bouscula la masse totalement désorganisée des mercenaires pour se frayer un chemin, et passer en première ligne. Alors qu'il expirait longuement, et qu'une fumée blanche se formait devant sa bouche, il aperçut les lycanthropes. Il faisait désormais face à une armée de créatures de la nuit. Eux aussi étaient nombreux, moins organisés, mais leur force physique comblerait sans doute largement cette lacune. Autour de lui, les mercenaires murmuraient à propos de la cruauté et de l'avidité de sang de ces bêtes. Même les plus vantards d'entre eux, qui, encore quelques heures auparavant racontaient comment ils faisaient pour leur arracher les griffes les unes après les autres, et pour leur broyer les côtes, étaient pâles comme des linges. A côté de lui, un petit homme gras tira une lourde épée de sa ceinture et la fit tournoyer avec une agilité incroyable pour quelqu'un de son envergure, autour de sa tête. Tancrède, lui, s'empara lentement de son arc, et y encocha une flèche. Finalement, il avait prit sa décision: Il ne ferait que protéger ses compagnons...

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Les morts se taisent, les vivants ne veulent pas entendre et les survivants ne peuvent pas parler. Serge joncour
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Orion Amanar
Lycan Libre


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MessageSujet: Re: [Scénario n°2] Les premières effusions de sang...   Lun 3 Nov - 17:42

La fébrilité d’une armée avant la bataille, voilà tout ce qu’il détestait. Cette agitation inutile qui précédait le carnage. Combien de cadavre piétinerait-il cette fois-ci ? A moins que ce soit lui qui soit piétiné…
Ce serait là, une bien triste destinée.
De toute façon on l’avait poliment prier de rester a l’écart, on avait besoin de lui pour soigner ceux que l’on aurait pas achevée. C’était là l’une des devises des lycan : Triomphe ou meure. Il n’y avait ni semi-triomphe, ni semi-mort. Par définition la nation Lycanthrope ne pouvait qu’être victorieuse. Mourir pour sa patrie était le summum de l’élégance…Foutaise !
Les morts n’on jamais gagner une guerre, seul les vivants peuvent prétendre à la victoire.
Akasha se hissa sur l’épaule d’Orion, l’hermine se blottit le long de sa nuque, freinant de ne pas se rendre compte de l’état d’énervement dans le quel avait plongé le lycan. Il ne redoutait pas la bataille, mais ce qu’il y avait après, quand les deux camps déambulaient parmi les cadavres pour voir s’il n’y a pas quelques survivant à récupérer un peu plus loin. Ce moment ou on laisse la rage du combat retomber et ou on s’aperçoit enfin de la folie de ces actes.
Si l’un paysan tue son voisin pour s’accaparer un bien, on appelle sa un meurtre. Si une armée en tue une autre pour s’accaparer un bien, on appelle ça une guerre. Le meurtre et puni de mort, mais une guerre ? C’est pourtant un meurtre a grande échelle !

D’un geste vif Orion avala une nouvelle gorgée d’eau de vie. Pour effacer la peur qui lui tiraillait le ventre. Il ne voulait pas regarder autour de lui, il savait qu’il était l’un des seuls à se remonter le morale en absorbant se poison liquide qu’est l’alcool. Comme si les autres s’en fichaient, comme s’ils n’avaient plus d’âme…On allait pourtant massacrer des templiers ! Des humains ! Lui aussi avait été humain avant d’être lycan ! Il n’était tout de même pas le seul dans ce cas ! Le lycan jeta un bref regard autour de lui…Apparemment si…
Orion poussa un soupir, contempla la fiole il en avait vidé la moitié. Mais il ne se sentait pas le courage de la rangée avec ses trois petites sœurs dans sa sacoche. Il se sentait seul, incroyablement seul. Et tant qu’à faire, autant aller au combat complètement saoul, il aurait la gueule de bois du lendemain mais au moins sa conscience cesserait de la torturé. Il avait déjà tué, et le geste en soit ne le gênait pas, mais c’était à ses yeux une démarche personnelle qui n’avait put être éviter. Une bataille n’avait pas la même signification… une bataille c’était tuer pour tuer, pour se venter du nombre de cadavre que l’on alignerait, c’était… Inhumain.
Il avala une nouvelle gorgée du précieux liquide, s’embrumant consciencieusement l’esprit. Bientôt, il le savait, plus rien n’existerait d’autre qu’Akasha, juchée sur son épaule, la bouteille et lui. Et cette seule perspective le réjouissait.

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Je chante la joie d'errer et le plaisir d'en mourir.
Guillaume Apollinaire.
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Gabriel de Saint-François
Ordre des Templiers


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MessageSujet: Re: [Scénario n°2] Les premières effusions de sang...   Jeu 6 Nov - 23:16

Tiens. Mais que fait-il donc ici? Que fait-ici, tranquille, flanant, ce chevalier passant avec nonchalance au milieu de ce camp, presque indifférent à la préparation du champ de bataille, qui promettait d'être sanglant? Non, j'exagère. Gabriel n'était point si apaisé, et n'ignorait en aucun cas tout ce qui se passait autour de lui. Il était même plutôt angoisse, tournant son visage angélique vers les figures crispées des autres soldats qui, assis autour des feux de camp, affichant une mine de fin du monde, s'occupaient et s'affairaient autour de leurs lames et leurs boucliers, vérifiant les lanières et la qualité de la coupe. Messire de Saint-François se laissa tomber sur un sac de blé, ignorant volontairement les regards apeurés des autres, tentant de faire le vide dans sa tête. Ce qui n'était pas évident. Il faut dire que certains se lamentaient, gémissaient, pleuraient en écrivant ce qu'ils croyaient être leur dernière lettre d'amour ou de patriotisme pour leur famille ou leur amante. Gabriel les observait, sans plus d'étonnement, imaginant le désespoir des femmes, des enfants, comme un bon gros cliché, avec le sang, la sueur et les larmes se peignant dans leurs cauchemars.

*Elles y penseront tout le temps. Les femmes, les familles. Si ils ne reviennent pas, elle se demanderont toujours pour quelle guerre ils sont morts, alors que le secret nous a forcé à ne point révéler cette campagne contre Satan, ou ce qu'ils appellent comme ça, ces religieux en armure de fer. Elles pleureront en pensant à l'enfer qu'ils ont pu vivre loin d'elles, en questionnant le ciel sur cette quête mystérieuse qu'elles-mêmes n'ont pas eu le droit de connaître. J'espère sincèrement m'en sortir. J'espère vivre, et pouvoir aller consoler ces coeurs perdus qui attendront un peu de paix pour leurs âmes. Moi qui n'en aurait jamais, je peux au moins faire ça, et leur offrir ce qu'il me reste.*

Perdu ainsi dans ses pensées, Gabriel poursuivit sa lente réfléxion, et on les interpella pour se mettre en rang. En quelques minutes, tous les mercenaires, dans un chaos inoubliable, s'étaient rangés comme on leur avait demandé, malgré une peur au ventre qui les mordait de plus en plus. Il se glissa dans un angle de la première rangée, et un homme vint sous peu non loin de ce cher homme. Tancrède Cabrera, un pacifiste, dont tout le monde cherchait à savoir comment il était arrivé ici. Sans nulle doute aurait il été assimilé à un hippie si il avait vécu plus tard, au XXe siècle si violent. Mais il était là, non point à sa place, se redressant tout comme Gabriel, fièrement bien qu'inquiet dans son cas, pour écouter le discours du chef. William de Loveley. Un templier frais et jeune, qui semblait animé d'un courage sans faille et dont les paroles, bues avec avidité par les soldats, relevaient les coeurs les plus esseulés, les coeurs perdus qui se voyaient déjà dans l'autre monde, leur offrant plus de courage, insuflant à ses troupes un souffle de bravoure, en valeureux guerrier. Gabriel rejeta une mèche de ses cheveux, avec un soupire plein d'espoir se perdant sur son visage magnifique.

*Que vais-je faire, mon dieu, que vais-je faire? Personne ne m'attend, personne ne me cherchera, et je vais crever ici, au milieu de ces chiens galeux, au milieu de mes amis qui vont tomber à mes côtés. C'est cruel, j'aurais préféré être un ange bienveillant, dont j'ai au moins le profil, pour venir annoncer les bonnes nouvelles à toutes les vierges marie du monde. Mais ça serait ridicule. Moi qui prône l'amour, il va falloir que je me batte, que je défende cette colère quand je n'aime que la luxure. C'est un comble.*

Oui c'est un comble. Tu vas te battre, Gabriel, en espérant que ta beauté te sauvera autant que ton bon coeur. Prends ton courage à deux mains et écoute, écoute ce discours sortant tout droit de l'esprit vaillant de ce brave homme, et suis le. Suis le jusqu'à la Mort.

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Fallaan Fenrissian
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MessageSujet: Re: [Scénario n°2] Les premières effusions de sang...   Mar 11 Nov - 13:33

Fallaan prit une longue inspiration, sentant l'air frais et vivifiant de cette fin de matinée s'engouffrer dans sa gorge puis ses poumons, alimenter son sang, et ressortir, tiède et humide, sous la forme, il le supposait vu la température ambiante, d'un petit nuage gris. Le ciel étaient surement bas aujourd'hui, l'aveugle le sentait. Lui revinrent en mémoire ces jours qu'il avait autrefois béni, lorsque se levant le matin, il découvrait le gris sombre molletonné des nuages, si bas qu'on croyait pouvoir les atteindre en levant les bras. Il ressentait la même chose aujourd'hui et, comme souvent lorsqu'il devait attendre, l'aveugle se mit à imaginer la scène qui se serait déroulée sous ses yeux si ceux-ci pouvaient s'ouvrir.

Le ciel devait donc sans doute être d'un gris sombre, contrastant avec le blanc pur de la plaine couverte de neige, poudreuse et froide, comme il la sentait sous ses pieds. Un cours d'eau traversait cette plaine, il entendait le doux son du liquide sur les pierres et représenta les eaux sombres d'un fleuve, tranchant l'étendue blanche en deux. Quelques arbres firent également leur apparition dans ce décor fictif, lorsque, au sentir de la brise, Fallaan entendit le bruissement des feuilles et le craquement des branches. Voici le paysage tel qu'il aurait été un autre jour, ou il y a quelque semaines. Car les éléments naturels n'étaient pas les seuls présents en cette journée tragique, non loin de là, l'aveugle pouvait sentir la tension et l'agitation de ses congénères lycanthropes. Il rajouta ces créatures de l'ombre à son tableau, un groupe sombre animé par le mouvement de silhouettes hautes et musclées vint se greffer d'un côté du fleuve. De l'autre côté, il ressentait la présence de ceux qui ne devrait pas être là. Malheureusement, il n'avait jamais eut l'occasion de voir une armée humaine à l'œuvre, et bien que, lors des différents conseils stratégiques pour harmonisés les actions des meutes, on lui ait communiqué les effectifs et l'organisation du camp des templiers, n'ayant jamais eut l'image en tête, ce fut un nuage noir qui se plaça de lui même sur un surplomb de l'autre côté des eaux. Ce détail le contraria, il n'aimait pas ne pas "voir" son ennemi même si cela n'avait plus de réelle importance maintenant...

L'albinos s'extirpa de ses pensées et renvoya le tableau dans un coin de son esprit. Au loin, le discours animé de l'équivalent humain du chef de meute se fit entendre. Le lycanthrope sourit. Bien ! leurs ennemis semblaient angoissés, cela se sentait dans la voix de ce chef qui essayait d'insuffler courage et zèle à ses troupes. L'angoisse, le stress, la peur de prendre la mauvaise décision au mauvais moment, ces sentiments étaient extrêmement facétieux et pouvaient aussi bien être la cause d'une défaite que d'une victoire...

Fallaan rejoignit le camp de ses compagnons et se dirigea vers la zone dédiée à se meute. Un oiseau de proie poussa un cri dans les airs, sans doute un aigle, nouvel élément qui vint trouver sa place dans le tableau.
Aussitôt qu'il fut au milieu des sien, Fallaan sentit la présence de son second à ses côtés, attendant ses ordres. L'albinos salua son zèle par un hochement de tête:


-"Regroupe-les..."

Le lycanthrope obéit et un cri se fit entendre, quelques instants plus tards, la meute de Fallaan était attroupée autour de lui prête à écouter ses instructions. L'aveugle attendit un peu, il ne les avais jamais vu, mais il les reconnaissait quand même, à leurs odeurs, leurs présences, chacun laissait une impression différente, l'aveugle trouvait cela plus fort qu'une simple image. Il prit alors la parole, d'une voix froide mais apaisante, sa meute aussi était angoissée, la pression était presque palpable, et cette atmosphère étouffante avait besoin d'être détendue:

-"Vous savez pourquoi nous sommes ici, nous en avons déjà parlé. Le moment est bientôt arrivé et vous connaissez tous votre rôle. Ne pensez à rien d'autre qu'à la réalisation de celui-ci et à l'état de la meute, oubliez le reste car cela n'a plus d'importance et cela ne pourrait que vous perturber. Mettez vos sentiments de côtés pendant les heures qui vont venir, nous avons un ennemi à chasser. Laissez-lui le soin de s'encombrer de ces émotions inutiles lors du combat et frappez. Montrez-lui qu'il n'aurait jamais dut s'attaquer à notre nation !"


Sa dernière phrase avait été criée haute et clair, et en réponse la meute hurla, galvanisée par les paroles de son chef. Tout était prêt, il ne manquait que le signal...

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Quelque soit son passé,
Peu importe son futur,

on ne vit que l'instant présent !
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Filippia Von Hertven
Chef de Meute


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MessageSujet: Re: [Scénario n°2] Les premières effusions de sang...   Ven 14 Nov - 23:35

Elle ne voyait que les proies. Oui, le sang, les effusions de sang à venir, et les proies potentielles se préparant, là bas, près du fleuve dans la plaine. Elle voyait de ses yeux perçants chacun des mouvements des misérables humains drapés d'armures, semblables à des jouets, des automates ratés, cliquetant, dont chaque mouvement paraissait plus lourd et plus lent que le précédant. Elle ne voyait que les proies. Et elle voyait la peur. Elle la sentait plutôt. Peu peuvent se vanter d'affiner ses sens au point de capter de telles émotions. L'anxiété, l'angoisse, tout le monde pouvait le voir sur les visages crispés qui s'agitait là, en bas. Non. Filippia sentait autre chose. Cette peur, serpent de la bible, venant s'enrouler dans le coeur des hommes, de ces pauvres fous, répandant son venin mortel dans leurs esprits fatigués, exténués pour certains. Elle était captivée par ce partage sensoriel, qui révélait toute cette frayeur, envahissant peu à peu tout le corps, paralysante même. Et elle savourait cette douce saveur à son nez fin, elle savourait cette merveilleuse senteur qui lui était offerte de connaître en ce jour.

"Souris, Iedike, l'heure est proche."

Elle eut un mouvement amusé, comme l'esquisse d'un éclat de rire. Passant sa main pâle dans la fourrure poudreuse et délicate de sa chère Esfir, elle poursuivit ses élucubrations, concentrant ses gestes dans la douceur du poil, profitant de ce contact chaleureux. Filippia s'accroupit alors auprès de l'énorme bête, laquelle était fermement campée sur ses quatre pattes aux coussinets aussi gros que des pierres volcaniques. Cette créature des neiges dont la jolie lycanne s'était faite aimée avec un grand coeur pour sa maîtresse. Cette dernière passa ses mains autour de la tête de son animal de compagnie, déposant un baiser aux odeurs de loup sur le nez de son familier. Esfir secoua la tête, et, levant sa grosse patte, elle la reposa dans un geste brusque mais amical, sur les genoux de Iedike. Celle ci sourit à nouveau, et s'asseyant, elle câlina l'animal. Le couple gardait un oeil sur le campement humain, une expression de calme bonheur sur leurs figures respectives. Des guerrières, de farouches guerrières. Ce duo plutôt bien organisé était dévastateur. La jeune femme tirait à l'arc, de sa vue perçante, alors que l'animal courrait pour achever les victimes de ce tir, ou en tuer d'autres. Aucune autre combinaison ne pouvait s'avérer équivalente.

"Allons y mon Esfir. Allons voir les autres."

Elle se retourna donc, et se dirigea vers le groupe de lycans qui se déplaçait derrière ce flanc de la colline. Certains buvaient, d'autres riaient à l'idée du massacre qu'ils allaient occasionner. Les chefs de meute, enfin, réglaient la hiérarchie de leurs troupes respectives. Filippia se dirigea vers la bande plutôt hétérogène qui était sous ses ordres. Peu nombreux mais efficaces, ils constituaient une arrière garde. Archer émérite, elle avait dans son gang deux arbalétriers, et les cinq autres étaient des guerriers de corps à corps. protégés par les trois à l'arrière, les cinq s'élanceraient sur le front. Une fois dans la mêlée, là où les armes à distance ennemies auraient bien du mal à les atteindre, ils pourraient tirer quelques autres flèches puis les rejoindre sur le front. Ainsi elle expliqua sa tactique, avant de les laisser vaquer à leurs occupations. Leo et Hannah, les deux qui l'accompagnaient au tir partirent entretenir leurs armes, luisant les arcs, vérifiant les cordes et les carreaux. Le groupe de cinq, Charles, Ptolémée, Tara, Siu Mei et Laponia allèrent derechef chercher leurs faibles armures, et surtout se restaurer un bon coup. C'était un ensemble majoritairement féminin, mais il était parfaitement coordonné. Avant de les laisser tous partir, Filippia se décida tout de même à faire son discours de chef de meute. C'était moralement nécéssaire, bien que sa troupe soit gonflée à bloc.

"Hey, vous tous. Je sais que vous êtes prêts à partir, je sais que vous sauteriez sans plus de réflexions sur ces faibles humains. Je sais que vous avez envie de sang, que vous voulez ce qui nous attend sous peu là bas. Pensez à la meute, pensez à ce que sera notre troupe suite à une victoire.. Pensez y ! Battez vous ensemble, efficacement, et battez vous pour l'Empereur!"

Elle ne revint pas sur sa position par rapport à la domination impériale de Kaiser Der Jagd. Il n'était plus temps pour cela. Tous s'agitaient là bas, et désormais, les unités lycannes se mettaient en place sur le bord, par ici, par là, se préparant. Filippia rejoignit alors un groupe de chefs de meute, parmi lesquels elle reconnu Fallaan Fenrissian, l'aveugle homme loup. elle attendit le reste du groupe. La bataille était imminente, elle le savait. Caressant Esfir qui ronronnait à ses pieds, elle remis en place ses cheveux blonds relevés sur sa nuque. Elle se préparait, enfin.

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Le Messager
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MessageSujet: Re: [Scénario n°2] Les premières effusions de sang...   Lun 17 Nov - 18:30

Traversant la plaine à toute vitesse, le Messager venait de relayer un nouveau message entre deux lycans. Les deux armées se faisait désormais face. Les templiers, en une ligne parfaitement droite, se tenaient prêt, boucliers levés. Dans un coin, la masse moins organisée des mercenaires était elle aussi très impressionnante: ils étaient tous armés et vêtus différemment, mais il n'y avait pas l'ombre d'un doute, tous semblaient résolus et talentueux. Faisant demi-tour au dessus des têtes casquées, Llud se rapprocha des lignes lycannes. La rigueur n'y était pas vraiment de mise, même si l'on devinait tout de même les distinctions entre les différentes. Hurlant à la mort, certains lycans brandissaient de lourdes armes, alors que d'autres s'étaient déjà transformés, et montraient leurs crocs aiguisés.

Faisant une nouvelle fois demi-tour, le Messager rasa le sol entre les deux armées, et se redressa de justesse devant les premières lignes templiers. Un peu plus loin en arrière, les archers frémissaient. Partout on s'agitait, en conservant tout de même une formidable organisation. Les flèches circulaient entre les hommes qui remplissaient leurs carquois, on allumait des brasiers pour enflammer les projectiles, les archers vérifiaient l'état de leur arme. Ils n'attendaient plus qu'un ordre.

Soudain, des cris se firent entendre des deux côtés, et Llud s'envola encore plus haut, s'apprêtant à voir les deux armées déferler l'une vers l'autre...

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Songe H. Sigmaringen
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MessageSujet: Re: [Scénario n°2] Les premières effusions de sang...   Sam 22 Nov - 23:03

Les faibles rafales d’un zéphyr trop doux pour l’endroit soulevaient des gerbes allègres de brise givrée. Il portait cependant une pestilence perfide dans ses remous ; l’haleine des lycans ! Sous le sol craquant de Sibérie, deux fronts se faisaient face. L’espoir du christ contre le tombeau profane d’un démon ancien, trop d’ailleurs pour que ses enfants dégénérés puissent encore s’en soucier – ils ne songeaient qu’au ravage et aux bains de sang.

Le nombre, l’avantage du terrain… Nombre d’éléments pouvaient décider les stratèges militaires en tout genre sur l’issue du combat qui semblait proche. La tension et le silence (pour ne pas employer le grossier cliché du « calme avant la tempête ») étaient palpables. Les regards sombres et aiguisés des meneurs s’entrecroisaient encore et encore au travers de l’aura infini de ceux qui versaient le sang.

C’est au travers de cette torpeur tempérée par le chant glacial d’un vent non moins polaire, qu’une vague mélopée sembla soudain résonner… Quelques hommes à la concentration ébranlée firent volte face…
Une colonne s’avançait au travers du camp humain. Elle n’était pas bien grosse, mais anti-proportionnellement inquiétante. Qui étaient ces quelques hommes vêtus de noir, épée au flanc, la tête basse sous des capuches trop longues, les mains enserrant des crucifix d’ébène, qui fredonnaient d’une manière trop mystique pour ne pas être louche ?

La troupe stoppa net proche du front templier. Ils semblaient ce joindre à eux. L’impression ne fut que confirmée lors qu’un cavalier sortit de la mêlée, filant vers le chef allié, qui avait l’air intrigué mais pas décontenancé par l’apparition soudaine, aux portes de la bataille.

Le cavalier s’arrêta non loin du maître du camp, et héla un écuyer sans sympathie pour qu’il l’aide à descendre de sa monture. Le pas décidé, il alla jusqu’à William de Loveley. Il s’inclina profondément autant que promptement. Le sourcil levé en signe d’interrogation, le flegme d’avant bataille apparent très à propos, Sire William demandait explications. Le personnage au teint d’albâtre et aux cheveux de jais, vêtu d’une robe noire et d’apparats d’un homme de foi, mais aussi arborant armes, s’adressa à lui d’une manière froide, maquillée vaguement par un côté mielleux, le tout de manière traduisant cependant un respect profond et authentique.

-Je me nomme Songe Hohenzollern Sigmaringen, Frère Sigmaringen sierra parfaitement. Je suis, en ces lieux de désastre, l’ambassadeur du Saint Empereur Germanique, au travers du très pieu Ordre de Sainte-Marie des Teutons. Mes hommes et ma lame sont à votre disposition, c’est la moindre des contributions que nous puissions vous fournir en ces heures sombres, je, par ailleurs... suis affligé de n'avoir été plus empressé. Je guetterai vos injonctions. Monseigneur, que Sainte-Marie vous garde.

Il s’inclina avec la même promptitude que la première fois – certainement déterminé à ne pas faire perdre un temps précieux au tacticien, puis rejoignit ses hommes au plus vite, récupérant sa monture en route. De quelques ordres brefs et secs, il aligna ses troupes, qui faisaient front, en petit nombre en comparaison des templiers.

Ainsi les hommes en Sibérie étaient un peu moins seuls, quoiqu’un peu plus isolés…
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Fallaan Fenrissian
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MessageSujet: Re: [Scénario n°2] Les premières effusions de sang...   Sam 22 Nov - 23:57

Un cri retentit dans le lointain, poussé par des milliers de gorges, un cri destiné à exprimer leur colère et leur soif de combat et de sang. C'était ça le signal ! Sans un mot et avec une coordination presque parfaite, la douzaine de loups qui composait la meute de l'aveugle, entamèrent leurs métamorphose, devenant progressivement de plus en plus lupins tandis qu'ils laissaient l'énergie occulte, source de leur nature, envahir la moindre parcelle de leur corps, stimulée par l'adrénaline.

Fallaan sentit la présence de la meute de Filipia von Hertven non loin, il se rappela la particularité de ses membres, leurs techniques de tir, et les tactiques mises en place lors des conseils. Achevant sa métamorphose, il héla la récente chef de meute de ce groupe d'archer, de sa voix profonde et rauque:


-"Filipia, ma meute est prête à te soutenir et à donner le plus de temps à tes archers pour tirer, comme nous en avions décider. Bonne chance à vous !"

Le dernier membre de sa meute achevait de se transformer. Du groupe humain qui s'était assembler autour de Fallaan il y a quelques instants, ne restait que les vêtements épars, les frêles physionomies humanoïdes remplacées par d'immenses silhouettes canines. Debout sur leurs pattes arrières, leurs couleurs sombres se détachant sur la plaine immaculée, parfaites représentations de la force et de la puissance de l'occulte, les créatures se tournèrent vers leur chef à la fourrure lunaire. Celui-ci celui-ci ne leur fit pas pour autant face, se tournant vers les lignes ennemies. La voix grave résonna de nouveau, haute et claire de sortes que tous purent l'entendre:

-"Mes Frères le moment est venu, soyez sans pitié, qu'en ce jour les plaines de notre contrée soient teintées du sang des intrus ! Que l'homme qui nous a bannit autrefois reçoive son juste châtiment!
En avant mes frères, pour Naripolis, pour vos foyer...POUR LA MEUTE"


Les derniers mots furent projetés hors des poumons de l'aveugle comme s'il avait souhaité que toute la Sibérie les entende et tremble devant la fureur qu'ils contenaient. Le cri se prolongea et se mua en hurlement. Ce hurlement mythique du loup lorsque parait la pleine lune et qui, repris par les dizaines de gorges de la meute de l'albinos puis par l'ensemble des lycanthropes, s'élança vers les hauteurs, parcourus la plaine et fondit sur les rangs humains, semant sa terreur ancestral dans le cœur de chacun, les glaçant plus que le plus fort des blizzards.
Sans cesser de hurler, les quelques centaines de loup-garous, galvanisés, se jetèrent sur les lignes ennemis, formant une masse désordonnée de griffes, de crocs et de poils.
Cette vague paraissait presque risible face au mur d'acier que leur opposait les humains, mais les lycanthropes savaient que leur force pallierait l'infériorité numérique, et ils restaient unis dans un seul but : détruire !

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Quelque soit son passé,
Peu importe son futur,

on ne vit que l'instant présent !
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William de Loveley
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MessageSujet: Re: [Scénario n°2] Les premières effusions de sang...   Dim 23 Nov - 11:47

La tension était à son comble. Chaque être vivant, chaque homme, chaque soldat savait que d'un instant à l'autre, l'attente laisserait place au massacre. On entendait le tintement des armures et des armes, à mois que ça ne soit les claquements de dents devant un mal si démoniaque qu'il était difficile de penser que l'on pouvait le vaincre par la simple humanité...

J'observai non sans quelque peur ce qui se déroulait devant moi. Mes pensées me furent brutalement arrachées par l'arrivée d'un groupe qui ne me disait absolument rien. Tous ceux sous mon commandements portaient des croix de sang sur leurs épaulières, boucliers ou plastrons. Qui étaient donc ces individus de noirs vêtus, comme des ombres fatales arrivant vers nous. Mon esprit brouillé par l'angoisse alla imaginer jusqu'à des spectres et des anges déchus, venus pour récupérer les âmes de nos morts...Je secouai la tête et attendit fièrement que leur chef vînt à moi.

Juché sur ma monture, je l'attendis quelques instants avant de mettre pied à terre pour le saluer. Mon regard faisait sentir tout le scepticisme que je ressentais en cet instant. J'avais rengainé ma lame mais ma main ne cessait de caresser sa poignée nerveusement. Ce n'était pourtant pas faute d'essayer de paraître un parfait Commandant d'une armées de plusieurs milliers d'hommes dont la volonté et le courage ne reposait que sur moi...


- Bienvenue en Sibérie Frère Sigmaringen. Je remercie le Ciel de nous avoir envoyé ce prompt renfort, nous en aurons bien besoin. Si nous en sortons vivants, ne manquez pas d'adresser toute ma gratitude au Saint Empereur.

J'inclinai légèrement la tête en signe de respect pour un ordre dont j'avais entendu parler mais qui m'était assez étranger. Mes quelques sens m'informèrent que le mouvement grandissait au-delà de la plaine. Il valait mieux se tenir prêt...

Me retournant vivement, je remontai à cheval, prenant les rênes. Ma jument coucha les oreilles en arrières, sachant pertinemment qu'il n'y avait plus d'issue.

- Je vais avoir besoin de vous Frère...Une fois la mêlée engagée par mes hommes, prenez ces chiens des enfers par surprise...Je compte sur vous.

Après avoir esquissé une bribe de sourire, je fis faire volte-face à ma monture et dégainai fièrement ma lame en argent qui étincela comme si les rayons du soleil la bénissait pour tous le sang qu'elle allait verser au nom du Saint Père...

- ARCHERS !

L'ordre fut répété en échos par les différents officiers. On entendit les cordes se tendre, les flèches craquer après avoir été enflammées. Ils n'attendaient plus que mon ordre...

Devant nous, une horde de créature s'était lancée à l'assaut, rapidement imitée par tous les autres. Il fallait attendre...juste encore un peu qu'elles soient à portée...
Mes yeux se fermèrent dans un instant de paix que je n'aurais pas cru percevoir avant un moment si tragique...Il n'y avait plus rien, juste la caresse du vent du nord qui me semblait avoir perdu son agressivité...

Mon regard se reposa alors sur la plaine.


- TIREZ !

Jamais je n'aurais cru que ma voix retentisse aussi loin dans le paysage. Les échos des ordres enchainèrent pour rappeler les ordres et ce fut bientôt qu'une volée de flèches enflammées s'envola au-dessus des troupes pour fondre dans un sifflement redoutable vers nos adversaire.

Une fois que les lycans furent à une distance que je jugeai trop proche, je levai mon arme, jetant un dernier coup d'oeil au premier rang dont les boucliers s'étaient levés, et puis aux mercenaires, ces hommes courageux...sans oublier les pieux soldats de Frère Sigmaringen.


- Dieu nous garde...EN AVANT !

Certains poussèrent de grands cris pour se donner du courage avant de s'élancer dans la neige qui entravaient leurs pas. Les armures lourdes grinçaient et pourtant ces hommes avançaient avec une rapidité qui m'impressionna...

Je talonnai alors ma monture qui après quelques pas en arrière s'élança avec puissance comme si l'exaltation du combat l'avait aussi contaminée. Etre devant était dangereux. Nombre de chefs avaient tendance à rester en arrière pour donner leurs ordres mais je n'en voyais pas l'utilité. J'avais donné mes directives à plusieurs officiers chargés de rester en retrait et je me refusais à laisser mes hommes de première lignes seuls avec leur destin...

C'était une course effrénée et je savais très bien que le choc qui allait en résulter serait décisif. Il y avait au moins plus qu'une chance sur trois d'y rester rien qu'avec la rencontre avec l'adversaire. Ma peur s'était envolée...il n'y avait plus que le combat qui comptait et la victoire !

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Songe H. Sigmaringen
Ambassadeur des Teutons


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MessageSujet: Re: [Scénario n°2] Les premières effusions de sang...   Dim 23 Nov - 14:55

Le Frère Hohenzollern Sigmaringen avait rapidement compris ce que l’on attendait de lui, un renfort lors que le combat commencerait à dessiner son issue. Il fallait donc « prendre à revers » cette armée immonde et innommable qui déferlait désormais sur le rideau de fer des templiers et leurs mercenaires. Songe calma ses hommes qui, désormais en retrait, semblaient prêts à charger à leur tour dans la mêlée. Il devait faire contourner le champ de bataille à sa grosse centaine d’âme, pour faire gagner du temps aux autres humains.

S’il n’est pas facile de réfléchir posément devant pareille scène de bataille, c’est tout au mérite du jeune stratège, encore novice, que d’avoir pu analyser rapidement la situation. La steppe enneigée était vaste et plane, aucun des deux camps n’avait tenté de tirer avantage du terrain : cela importait sans doute peux pour ces créatures du diable, et les templiers avaient du être pris par surprise, à en juger par l’extrême proximité de leur campement.

Une seule solution s’imposa rapidement au maître auxiliaire de l’ordre de sainte-marie des teutons en ces lieux reculés : Il fallait se mettre à couvert dans une position tactiquement intéressante pour la future intervention avant que les généraux adverses ne soient plus concentrés que sur la répartition de leurs troupes. Il était entendu que l’effet de surprise ne serait pas total, mais il fallait escompter qu’ils ne seraient pas les première cible. Un petit bosquet solitaire de pins mornes sur ce sol aride sembla être l’endroit idéal, sur le flanc gauche de l’armée des templiers (donc le droit des lycans). Songe donna quelques ordres et la colonne se mit en marche avec une certaine célérité. Ils devaient contourner une partie des remparts du campement et faire un vaste tour pour ne pas être vu. Il fallait juste espérer ne pas tomber sur d’éventuels renforts lycans, placés eux-aussi de manière stratégique à l’écart.

Les troupes vêtues de noir disparurent bientôt totalement – mais momentanément – du champ de bataille.

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Elune Galwin
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MessageSujet: Re: [Scénario n°2] Les premières effusions de sang...   Dim 23 Nov - 18:33

Plus aucune échappatoire n'était possible...La lycanne se demandait pourquoi...Pourquoi son maudit instinct l'avait poussée à venir ici, dans un lieu qui serait peut-être le dernier qu'elle verrait...Mais l'appel de la meute était une chose dont elle avait cru pouvoir se défaire alors qu'il n'en était rien. C'était comme une chaîne, une chaîne rappelant à l'ordre quiconque cherchait à trop s'éloigner, cinglant les poignets et les chevilles de terribles meurtrissures plus on essayait de résister...

De plus, Elune était une solitaire. Cela signifiait combattre seule, sans réelle aide possible. Elle alla jusqu'à imaginer son corps gisant sur la plaine et fut prise d'une vive répulsion à cette idée. Bien entendu, son instinct s'occupa rapidement de lui effacer cette idée de la tête...Encore quelques secondes et l'assaut serait lancé.

Après une profonde inspiration et un dernier moment de lucidité, Elune céda alors à son côté sauvage, celui qui la torturait depuis toujours d'autant qu'elle s'en souvienne. Cet aspect d'elle-même qui faisait que jamais elle n'aurait pu être humaine. Son corps se modela petit à petit pour laisser transparaître ce qu'elle était vraiment...Et c'était désormais une haute et néanmoins fine créature, contrastant de manière flagrante avec les massifs individus de sa race.
C'était une louve magnifique, sa fourrure claire mêlait des notes d'ombre et de lumière, une couleur douce, beige, une teinte qu'elle avait héritée de sa mère tandis que ses yeux d'ambre cerclés d'une fourrure d'un noir d'ébène appartenaient à son père.

Alors que le chant si mythique des loups s'élevaient de tous les côtés, elle y mêla le sien, complainte tragique qui donnait le ton de cette bataille.
C'est là qu'elle se rendit compte...La vue sur la plaine était plutôt bien dégagée, quelques lycans devant elle, se comptant aisément sur les doigts de la main...Elle se retourna...Eh bien oui, la première ligne était pour elle...

La lycanne chercha vainement une odeur familière et à chaque fois qu'elle croyait en percevoir une, elle s'effaçait aussi vite...Un instant de concentration lui permit d'oublier ses peurs et de les enfouir une nouvelle fois au plus profond de son être...Il n'y avait de place que pour la mort. Tuer ou être tué. Le principe même de la chasse.

La horde s'ébranla et c'est ainsi que l'assaut fut donné. Tous couraient à perdre haleine, grondant, les yeux emplis d'une furie qu'Elune connaissait bien. Une ombre noire attira son attention alors qu'elle courait également, laissant peu à peu l'adrénaline contrôler chacun de ses mouvements. Ses sens étaient décuplés. Cette ombre, c'était une volée de flèche, la première défense des humains. Et là, il n'y avait pas un milliers de moyens pour y échapper...La chance, rien de moins...

Les sifflements étaient angoissants, on entendait des jappements étouffés. La lycanthrope savait parfaitement que déjà plusieurs étaient tombés mais cela ne l'empêchait pas d'avancer. Il fallait se rapprocher des lignes ennemies le plus rapidement possible.

Un trait manqua de lui griffer la joue mais ses réflexes lui permirent un écart sur le côté.
Mais ce qui devait arriver arriva.

Ce ne fut pas un cri mais une courte mais néanmoins puissante plainte. Fauchée en pleine course, la lycanne roula quelques mètres dans la neige avant de s'immobiliser pour regarder ce qui venait de l'arrêter. Dans sa cuisse, un trait d'acier s'était chargé de faire en sorte qu'elle n'arrive pas jusqu'au bout. Le sang suintait mais avec rage elle arracha la flèche, serrant ses crocs dans sa gueule. Elle se fichait pas mal de savoir si la pointe avait été retirée. Il lui fallait juste de quoi pouvoir se relever...Il n'était pas envisageable de mourir ici...

D'ailleurs, le lycan qui venait de passer à côté d'elle n'eut le temps que d'afficer un regard surpris quand une flèche lui perfora le crâne et avant que plusieurs autres finissent de l'achever. Il s'immobilisa dans la neige rougeoyante après un dernier spasme.

Mourir ainsi ? Jamais ! Péniblement, la lycanne se redressa et se remit à avancer, moins vite certes, mais de toute manière, il n'y avait aucun endroit pour se mettre en sécurité et sa colère augmentait à chaque seconde. Elle avait besoin de se venger, de déchirer la chair de ceux qui osaient ainsi se permettre de tuer ses semblables au nom d'un quelconque Dieu...

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Filippia Von Hertven
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MessageSujet: Re: [Scénario n°2] Les premières effusions de sang...   Dim 23 Nov - 19:11

C'était le silence, l'accalmie. Le calme avant la tempête comme on dit. Il régnait sur la plaine un parfum de guerre véhiculé par ce silence où perçait simplement le souffle du vent dans les flocons épars. La prairie était encore si blanche.. Plus pour longtemps à présent, ils pouvaient tous en être sûr. Et dans ce silence, dans ce monde sans un bruit, un par un, les créatures des ombres se mirent à hurler. Un hurlement profond, sortant de nos entrailles, un hurlement déchirant pour nos compagnons. Peu à peu, les loups garous prenaient leur forme de lycanthrope, et cet incroyable cri lupin se fondit dans les airs, brisant ce qu'il restait de calme. Ils étaient tous là, se métamorphosant, la gueule tournée vers les cieux, comme un appel adressé à leurs dieux respectifs. Mais Filippia n'avait pas de dieu. Aussi, lorsqu'elle perdit sa forme humaine pour devenir ce loup au pelage crème, presque blanc, à la fourrure aussi douce que la poudreuse, quand son cri de gloire vint se joindre à ceux des autres, c'était simplement un hurlement jouissif. Poussant ses cordes vocales à l'extrême, on y sentait poindre toute sa puissance de chef de meute, les autres de sa troupe se joignant à elle, écho de ses supplications animales.

Puis, tout d'un coup, plus rien. Le silence revint envahir le futur champ de bataille, laissant derrière lui les grognements d'excitation des lycans, leur hâte, et leur préparation. Filippia aiguisait ses griffes, se dressant de toute sa hauteur sur ses pattes arrières, préparant son arc et ses flèches meurtrières. Fallaan Fenrissian avait senti sa présence. Elle congédia donc sa troupe qui partit se mettre en place, Leo et Hannah seuls restant auprès d'elle pour tirer de part leurs arbalètes. Fallaan lui parla alors, de sa voix grave et douce, enrouée par cette forme lycanthrope. Filippia aimait bien l'aveugle, de par son respect et sa gentillesse envers elle. Aussi, quand ce dernier lui déposa le soutien de sa meute, elle ne put que le remercier chaleureusement.

"Merci à vous, Fallaan. Soyez sûrs que nous veillerons sur vos troupes depuis la colline. Bonne chance à vous aussi, sincèrement."

Il partit alors encourager sa meute, et Filippia resta en retrait pour expliquer à ses archers ce qui allait se passer. Ils étaient placés derrière le groupe de Fallaan et devaient veiller au maximum à la sécurité de ses guerriers en plus de tirer sur l'ennemi. De fait, les quatre lycans de terrain de la meute de Filippia devaient alors être de côté pour pouvoir intervenir une fois que la mêlée serait faite. Aussi, ils suivraient la troupe de Fenrissian et plongeraient dans la mêlée quand les précédents y seraient, et seulement à ce moment, comme une seconde ligne.

"Regarde ça, Iedike, tu vas te régaler.."

Filippia encocha alors une flèche dans son arc, regardant les rangées humaines, vêtues de blanc et de rouge, rangés derrière leurs lourds boucliers et leurs armures. Une armée de noire les avait rejoins, guidés par des humains que Filippia ne connaissaient pas, ou du moins ne reconnaissaient pas. Elle regardait avec attention ce qu'il se passait, et remarqua que les rangs noirs s'éloignaient après leur conversation. C'est alors que le cavalier chef des templiers lança ses ordres, et la machine de mort se mit en marche. Les rangs se fondirent en un grand V, qui avançait à une vitesse que les lycans admirent rapidement comme plutôt importante. De leur côté, on entendit un cor, et les cris, les aboiements se précipitèrent pour accompagner leurs maîtres qui courraient dans la plaine, de façon désordonnée mais violente.

"Préparez vous, lycans ! Et TIREZ ! TUEZ LES !"

Une première salve s'élança, et les ennemis avaient fait de même. Les lycans tombaient sous les flèches, et Filippia guettait avec angoisse ses amis qui courraient sous cette pluie meurtrière. Sa flèche vint se planter dans le crâne d'un des ennemis, elle le savait. Ses compagnons s'en sortaient plutôt bien aussi, et elle encocha aussitôt la flèche suivante et visa en quelques secondes. Ils n'avaient pas le temps de réfléchir, il fallait tirer, un point c'est tout. Aussi tous usaient leur carquois autant que possible, se saisissant de leurs flèches et leurs carreaux dès que possible. Filippia cherchait des yeux les soldats noirs de tout à l'heure, mais ne les voyait plus. Elle ne put pourtant s'inquiéter de cela plus longtemps, car les lignes de lycans s'approchaient de plus en plus des rangs ennemis. De plus en plus tombaient dans les rangs, et le regard de Filippia se posa soudain sur un coin de la course, où un cri perçant avait fusé, plus encore que les autres.

Elune Galwin. Elle venait d'être touchée. Elle n'était pas de sa meute mais Filippia avait entendu parler de la puissance de cette farouche lycanne, aussi, elle n'hésita pas, lâcha son arc déjà presque dépourvu de flèches, et s'élança à la poursuite du groupe. Mettant au défi sa rapidité légendaire, Filippia courrut, tout en jurant férocement, dans la direction de la lycanne qui semblait avoir du mal à se tirer de la pluie de flèche. Un peu de malchance et elle se ferait avoir à nouveau. Les pupilles dilatées, la lycanne au poil clair accentua toute sa pression sur ses mucles. Elle ne pouvait se résigner à laisser là une des plus puissantes guerrières du clan présentes. Elle était loin derrière la tête, mais elle se rapprochait, évitant les flèches autant que possible, bien que celles ci soient moins dirigées vers elle à présent.

"GALWIN ! Par ici !"

Elle était là, débout, furieuse, arrachant de sa cuisse les restes de la flèche qui l'avait touchée. Filippia s'arrêta près d'elle, et regarda aussitôt la blessure. La flèche était enflammée, et empêchait la cicatrice de se faire. Elle retira donc la pointe incandescente, grognant sous la brûlure, sans prêter attention à la plainte de la jeune lycanne lorsqu'elle avait plongé ses griffes dans la plaie. Celle ci était béante, mais devait être moins douloureuse. Elle rassura la lycanne et l'invita à se relever et courrir auprès d'elle. Il était trop tard pour retourner à son fief d'archers. Elle savait que Leo et Hannah se débrouillaient très bien. Aussi elle chercha du regard Fallaan et ceux de son équipe qu'elle pouvait repérer. Et elle partit d'un bond, quand elle vit qu'Elune la suivait. Elle se jetterait bientôt dans la mêlée. Le sang l'appelait. Et elle lui répondait.

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Et je serais pour vous ce que la Mort est à l'Ange.
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[Scénario n°2] Les premières effusions de sang...

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