Chroniques d'Immortels

.: Le secret de Pandore :.
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 M'accorderiez vous cette danse? [PV Andrea]

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Edward de Fauntleroy
Maître Vampire


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MessageSujet: M'accorderiez vous cette danse? [PV Andrea]   Jeu 5 Juin - 19:24

Dans un clac clac régulier, je pénètre dans la grande salle de bal. Mes talons masculins claquent sur le so dans un rythme lent, paisible. Je marche, je vais et je viens dans cette salle immense, dont le marbre clair est assombri par les lourds rideaux sombres, et les meubles de bois verni, obscurcis par les âges, et pourtant toujours aussi agréables à voir ici. Un grand tapis persan s'étend devant une estrade où les fauteuils royaux sont alignés, recouverts de velours chatoyant, carmin. Magnifique. Je tourne mon regard cendré aux alentours, et aperçois la scène. Haute, comme une scène de théâtre, des sièges de cuir y sont disposés en cercle, pour un orchestre bien proportionné. Une dizaine de musiciens sans doute. Pourtant, nous assistons également à des mélodie en solo lors des soirées organisées par notre cher et.. Merveilleux souverain. Un dénommé Zephir, accordé à la place de ménestrel de la haute cour, faisait régulièrement figure de grand artiste dans cette galerie des regards. On le voyait peu, mais on l'admirait assez dans son talent de musicien aguerri. Ainsi donc j'allais à travers la pièce, passant ma main blanche et traversée de veines bleues sur les murs, les meubles, déambulant d'un bout à l'autre de la pièce sans plus de préoccupation.

Mais, alors que je cheminais dans les ombres dansantes sur le sol que je foulais de mes chausses richement décorées, à l'égal de mes vêtements et de mon accoutrement général, je me perdais dans les méandres de mes pensées les plus profondes. Revenait toujours cette sentimentale rangaine. Esther. Esther la belle, Esther la mystérieuse. Esther la dame de mes cauchemars, maîtresse de mes pires délires. Esther la douce, qui vient de son pas tranquille m'ensorceler encore de son regard chaud, dernier souvenir que je garde d'elle à présent. J'ai tout oublié de toi, ou presque ma pauvre Esther. Je n'arrive plus à revoir ton corps, je ne me rappelle plus de ton attitude, de ta démarche. Je ne revois que ton visage moqueur, ton sourire enchanteur, et tes yeux pervers. Car oui, tu m'as bien eu, Esther. Tu m'as donné cette vie éternelle en me laissant dans le vide, dans l'oubli, en fuyant cette responsabilité qu'un vampire "nouveau né" représentait. Traîtresse. Lâche. Sale gamine qui a ainsi, selon ses désirs, joué avec la vie d'un homme qui ne demandait que son coeur. Et son corps entre autres, mais ce n'est pas le plus important à signaler ici. Je ne t'en veux plus pourtant, créatrice, je ne t'en veux plus. Mais tu continues de venir hanter certains de mes sommeils profonds, à venir peupler mes rêves de tes rires déments.

Mais à ton visage, qui éclaire ma pensée, vient s'en superposer un autre. Car oui, j'entends le pas léger digne d'une dame, qui entre céans. Je sais que c'est une noble vampire, je l'entends à cette allure calme et posée, qui résonne dans cet endroit silencieux, venant s'éteindre dans un long cri, peu à peu. Je ne me retourne pas. Pas encore. Ce n'est pas le moment, je le sens. Je sais que notre petit jeu commence, et délibérément, je lance le premier jet. Comme un maître d'échecs avançant, tel machiavel, son premier pion sur la table à damiers noirs et blancs, parfaitement bien disposé à l'écraser de ma supériorité dans ce divertissement qui s'offre à moi. Mais la nouvelle venue ne dit rien encore, et le bruit délicat qui trahissait sa présence s'estompe quelque peu, pour reprendre et s'amplifier, inexorablement. La coquine se promène, s'éloignant pour revenir ensuite vers moi, sans me tourner autour, simplement pour me troubler. Elle a compris. Elle a tout compris. Comment aurais-je pu douter de cette force, de cette intelligence qui fait d'elle une telle femme? Impressionante, oui. Elle en est presque mystique tellement elle paraît hors du commun. Avec un trait d'humour, je dirais même, hors du commun des immortels que nous sommes.

Mais elle m'ignore, elle m'ignore avec une maîtrise et une expérience extraordinaire. Je souris un peu, étirant mes lèvres en un sourire amusé, sans pour autant laisser s'échapper le moindre son. Mon souffle lui même à l'air de disparaître dans l'espace vaste et pourtant confiné qui nous protège. J'entends la porte que j'avais laissée ouverte se refermer derrière. Elle grinçe, et se rabat en traînant autant que faire se peut. Incroyable. Je me sentirais presque déstabilisé. Aucune musique dans cette salle de danse, aucun bruit perturbateur. Juste nous, nous qui nous tournons autour sans cesse, cherchant à nous éviter pour mieux nous retrouver. C'est délicieux.. C'est tout bonnement elle. Il n'y a rien d'autre à dire. L'ambiance n'est en rien pesante, contrairement à ce que l'on pourrait croire. Non, c'est toute une histoire, une histoire dont la plume trace les évolutions avec finesse. C'était une lutte psychologique, où chaque mot, chaque pensée était une offensive sur l'échiquier où nous étions. C'était un combat qui ressemblait plus à un défi dont le prix de la réussite résidait dans le temps que l'on mettait à résoudre le casse-tête. Plutôt complexe. Mais je commençais à me retourner lentement, et je surpris son regard polaire qui vint se figer dans mes yeux gris. Mon dieu, qu'elle est belle.
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Andrea
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MessageSujet: Re: M'accorderiez vous cette danse? [PV Andrea]   Jeu 5 Juin - 21:38

Je savais qu'il serait là. Je le savais. Je l'ai deviné, comme si c'était une évidence. Aussi évident que respirer m'est facile, malgré ce souffle inutile qui vient mourir dans mon corps glacé. Mais j'avais vu juste. Il est là, avec ses longs cheveux argentés serpentant dans son dos droit, à marcher d'une allure pleine de langueur. Et je l'observe, moi, spectatrice de son apologie, de sa reflexion douceureuse et savourée, au cours de laquelle, j'en suis sûre, il retrouve celle qui le trouble tant. Mais qui est elle donc, cette Esther, pour avoir laissé derrière elle un homme comme toi? Oui, j'ai entendu son nom, pauvre de toi. Tu le murmures parfois, sans y songer, tes yeux s'illuminant d'une rage nouvelle. Tu ne lui en veux pas, non. Mais tu la hais, tu la détestes, et tu voudrais la chasser de ton esprit. Tu es blessé, oh, blessé dans ton orgueil, par cette vampire fuyante qui a, d'un sourire fugace, abandonné la jeune créature de l'occulte que tu étais devenu. Quelle sale bête. Mais aujourd'hui.. Cette nuit, plutôt, tu es là. Tu dessines de tes pas effacés des arabesques sur le sol qui oublie d'en retenir les courbes, immaculé comme toujours. Je suis arrivée là, sans trop savoir comment, poussée par une envie soudaine de danse. Il n'y a pas de musiciens? Ce n'est rien. Tu es là, et cela me suffit amplement. L'ennui ne vient jamais m'accompagner dans mes élucubrations lorsque tu es là.

Car oui, apprends le, Lord de Fauntleroy. Tu es le roi en matière de jeu, et je participe vivement à cette requête d'un peu de divertissement. C'est toujours avec ravissement que je retrouve cette bonne habitude, compagne de toujours, lorsque tu apparais. On se cherche, sans se trouver, on se frôle, on joue. On s'amuse, c'est plus que ça même. On se charme, on se repousse. C'est palpitant, c'est éclatant. Je suis aux anges, et ce n'est qu'une expression délirante pour formuler ce que je pense. Tu as laissé la porte ouverte, tu es trop bon. Tu savais, toi aussi, tu te doutais que j'allais mener mes pas gracieux jusqu'à toi, que je ne pouvais résister à passer par l'entrée entrebaillée pour te rejoindre. J'ai donc avancé, subtilement, observant ta position, ce que tu faisais. Tu ne m'as pas entendue tout de suite, j'en suis assez étonnée. Tu n'es que rarement surpris par ton ouïe qui ne défaille jamais. J'en profite cette fois. J'entre, posant délicatement mes petits pieds sur le sol. Je veux te surprendre. Je t'ai eu, ton corps a frémit un instant. Formidable réussite de ma part. Une victoire de plus à mon palmarès déroutant. Je continue d'aller vers toi, puis me rétracte. J'erre entre ce qui est désormais la sortie et ta silhouette masculine. Je sens d'ici ta fragrance puissante. Envoûtante.

Cependant, tu as trouvé, je ne peux pas résister longtemps à ce manège. La patience n'a jamais été une amie à laquelle j'ai été fidèle. Je meurs d'envie de voir ton visage, tes lèvres fines, ton regard argent. Je veux me rapprocher de toi, ignoble tentateur que tu es en cet instant. Et c'est ce que je fais, avec ma ténacité inhabituelle. Je l'avance, d'une allure légère et dansante, frôlant le sol de mes chausses, décidée. Je suis derrière toi à présent, et j'hésite une dernière fois. Sans aucun doute, tu m'as écoutée, et tu ne peux que savoir que je suis juste dans ton dos, tu ne peux que connaître la position que j'ai prise. D'ailleurs, tu t'es déjà à moitié retourné, et ton regard enflammé est venu plonger dans mes yeux azurés d'une lueur tendre. J'avance une main timide, qui vient effleurer ton épaule couverte d'habits satinés. Tu ne te retournes pas complètement, pas tout de suite, bien sûr. Mais finalement, toi non plus tu ne résistes pas à ce défi, et tu te tournes totalement. Ta main veut venir cueillir la mienne, mais ma menotte s'échappe, et je file en virevoltant dans ma robe pourpre. Cette dernière, dont la soie sanguine m'encercle avec fermeté, moulant mon corps de femme, me suit dans un mouvement fluide, souple. Je suis comme une flamme dansante sur les cendres qu'elle ravive. Cette pièce où je sais briller à chaque nuit de fête, nous est offerte ce soir, pour que nous en profitions seuls. Je sais que ce sera un jeu, que ce sera amusant, et que tu comptes bien en profiter. C'est réciproque.

"Vous êtes bien hâtif, Lord de Fauntleroy."

Ainsi donc, tu me regardes pleinement. Je sens tes yeux vagabonder sur ma taille, explorant les courbes sublimes de mon dos. Tu es amusé, je le sens bien. Je me retourne alors, comme une invitation à me suivre. Je sais que tu vas répliquer, je vois ton sourire séducteur se peindre sur ton visage doux, et terriblement trompeur. Tu ne me dupes pas, non, mais je sais que beaucoup se retrouvent piégées par ce regard étrange, incroyable même, proche du fantasque, que tu offres ainsi à tant de dames. Tu t'amuses, n'est-ce pas..

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MessageSujet: Re: M'accorderiez vous cette danse? [PV Andrea]   Ven 6 Juin - 21:46

Tiens donc, tu ne résistes pas. J'en suis fort étonné, je pensais que tu serais au dessus de moi dans ce petit jeu de patience et d'attente. Mais tu es en échec, du moins pour l'instant. Tu es coincée, petite reine noire, autant l'admettre. Tu me regardes de tes yeux irisés, dont les tons bleus aussi glacés que ton sang m'observent, mobiles, de leur lueur rouge. Je les accroche de mes pupilles grises dont le fond sanglant est semblable au tien. Cette couleur cendrée qui inonde mes regards vient caresser ton visage dans un appel silencieux. Je laisse mes yeux explorer ta figure, passant de tes lèvres vermeilles, rosées et légèrement foncées, pulpeuses, pleines, attirantes. Superbes, en un mot. Je vagabonde vers ta gorge blanche, tes joues à la peau de pêche, lisse et délicate. Tout en ce visage fin et délicat semble taillé avec art, comme une statue, une peinture même, où chaque couleur aurait été une vie entière, animant l'ensemble de mouvements gracieux, emplis de délicatesse, d'une délicatesse pourtant trompeuse. Dans ton sourire fûté, je te sens tigresse. Tu es une vraie panthère, dont les griffes rétractées sont prêtes à sortir, tu te fais doucereuse, ronronnante comme un chaton perdu, mais je sais qu'au fond, tu es une lionne parée à bondir, je le sais. Tu ne m'as jamais trompé avec ça, ma chère Andrea.

Tu devrais pourtant le savoir, ma Princesse. Nous sommes dans une partie d'échecs où chaque case noire est un mauvais coup. quelle malchance, il se trouve que chacun de mes pions sont noirs. Nous sommes sombres tous les deux, créatures obscures. Vampires. Démons du sous sol, démons tout puissants. Et pourtant, nous sommes ailleurs ce soir, princesse. Mais où en sommes nous donc? Ah, oui. Tu es venue vers moi, frôlant de ta main gantée mon épaule haute. Je me suis retourné, bien sûr. Je ne pouvais pas l'éviter, mon regard avait depuis quelques secondes déjà sombré dans le tien, océan puissant, tempête frénétique s'agitant dans ce hâlo rougeâtre qui illumine paisiblement ton expression au goût divin. Sans aucun doute, tu es amusée, passionée peut être même par ce duel spirituel, cette lutte psychologique qui s'engage entre nous à chacune de nos rencontres. Je tente vainement d'emprisonner cette main masquée pour la serrer dans la mienne, découverte. Mais tu me la retires, cruelle, tu m'empêches de saisir ce présent que tu me tendais à l'instant. Vile tentatrice. Pécheresse. Mais je m'en moque, dans ces tréfonds n'appartenant qu'aux âmes damnées, tu es des plus pures. Dis moi, Andrea, à quoi penses tu?

Et tu tournes, et tu danses. Cette pirouette ensorceleuse qui se déhanche dans cette tenue m'offre une image étrange, mélange de fantastique et de terriblement réel. Tu es à la fois si imaginaire, si imaginée, et pourtant ici, je n'aurais qu'a avancer pour sentir ton parfum entêtant. Moi aussi, je cèderais bien à mes envies. Mais je n'en fais rien, je reste de marbre, élégant et marmoréen, devant ta silhouette fine, presque frêle d'apparence, qui va et vient sur le sol rutilant, comme si tu y glissais alègrement, tant tes pas sont légers et graciles. Je me rapproche, marchant lentement, je me rapproche de toi, oui. Tu as parlé, muse joyeuse, tu as plaisanté. J'ai souris, bien entendu, tu veux que tout soit mûrement réfléchi. Mais ma patience reste limitée, tu le sais bien toi aussi. Hâtif? Oui, bien sûr. Moi aussi, je suis trompeur, mais je ne peux m'empêcher de te détailler, parcourant vaguement tes gestes, attentif à tout ce que tu fais. Je m'avance encore, et te rattrappe finalement. Tu te laisses faire, j'en suis ravi. Je prends doucement ta main droite dans la mienne, et, d'un mouvement doux, prolongé, j'en retire le gant qui la couvre, avant de le laisser s'écrouler sur le sol. Je porte cette main pâle à mes lèvres qui l'effleure en un baise main des plus raffinés.

"Permettez moi, ma Dame, mais.."

En vérité, tu le vois bien, je n'attends pas ta permission pour agir. Je m'approche un peu plus de toi, petite princesse, et passe un de mes bras musclés dans ton dos, posant mes doigts finement ciselés sur le tissu qui cache ta peau. Une légère pression en marque la présence sur ta robe longue. Mon autre main s'est empressée de garder ta main droite, pour la serrer tendrement. Un geste presque ironique, même si au fond, on s'apprécie bien assez pour éprouver de la trendresse. Je poursuis mon acte tranquille, et termine alors cette phrase laissée en suspens, abandonnée dans son cours.

"M'accorderiez vous cette danse?"

Il n'y a pas de musique, je le sais. Tu n'as pas besoin de me le rappeler, ce n'était que de la rhétorique. Je commence à t'entraîner sur la piste, commençant par des enchaînements lents et langoureux. Tu m'accompagnes plus ou moins malgré toi, je t'ai eue. Tu n'es pas très battante aujourd'hui. Je pense que tu voudras parler. En attendant, je resserre légèrement mon étreinte, laissant mon bras encercler ta taille de guêpe et ma main soumettre la tienne à sa force. Quel moment magique, ne trouves tu pas? Toi et moi, simplement sur cette piste de danse déserte, sans musique même pour nous accompagner, autre que la symphonie de nos souffles communicants d'une seule expiration. Cette respiration prenante, qui envahit nos êtres, envoyant à l'un les senteurs émanant de l'autre, est comme une entrave qui se lie peu à peu à nous. Tu es mienne à cet instant, et j'en profite pleinement, ma belle Andrea. Tu es panthère, je suis serpent, et de mes anneaux pièges, je t'ai prise dans mes filets. Oh, rassures toi, j'en profite bien. Mais la roue tourne toujours, et peut être sous peu, je serais à toi, et rien qu'à toi. Pour le moment, je me permets tout de même, de m'éprendre un peu de toi.
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MessageSujet: Re: M'accorderiez vous cette danse? [PV Andrea]   Jeu 19 Juin - 17:28

Non, non, je n'ai pas résisté. Je n'ai pas pu me retenir face à la splendeur mystique, captivante, de tes pupilles cendrées qui viennent se poser avec délicatesse, silencieusement, sur mon visage à la peau d'albâtre. Tu sembles toi aussi te perdre dans mes yeux bleus profonds, qui savent à loisir se faire polaires ou doux. Ces globes irisés qui illuminent alors ma figure d'une lueur azurée sont tout autant envahis par ce teint de sang qu'aucun de mon clan ne peut cacher longtemps. Nous le savons bien, tous les deux. Cette couleur sanguinolente qui vient se faire câline dans nos yeux, nous ne pouvons, jamais, oh non jamais, la repousser, l'abandonner. C'est comme une vieille habitude, un reflexe maniaque qui nous prend, qui nous habite, qui vit au sein de nous même. Etrange, oui, très étrange sensation que voilà. Mais passons, ce n'est qu'un détail, et j'ai encore tant à explorer dans tes yeux. J'y vois ton caractère, j'y devine toute ta force, ton tempérament colérique. Je sais comment tu es. Particulier, bien sûr, mais dans ta complexité il y a tellement de sentiments simples. Je sais, mon tendre Edward, je sais quelle est cette vilaine blessure que tu gardes au fond du coeur, toujours.

Oui, je le sais bien, pauvre ami. Je sais bien qu'elle t'a brisé le coeur, celle qui a fait de toi l'un des nôtres. Mais ne t'a-t-elle pas rendu plus fort et plus puissant que tant d'autres qui vivent et rampent parmi nous? Ne sois pas si rancunier, si obsédé par son souvenir. Ne t'en fais pas. Je sais qu'elle t'a déchiré, je sais qu'elle t'a détruit en te laissant loin d'ici, seul. Mais, vois tu, je saurais bien te consoler, moi ou d'autres. Tu as changé. Non point de carrure, tu restes toujours cet imposant jeune homme à la chevelure argentée débordante, coulante, qui glisse le long de ta silhouette à chacun de tes pas. Tu as changé dans l'esprit. Tu es devenu une falaise abrupte, impossible à escalader malgré les plus grandes forces. Tu es toujours impassible, ce sourire ironique plein d'humour et d'amusement se peignant paresseusement sur ton visage angélique. Tu es insupportable. Il n'y a pas d'autres mots. Provocateur, séducteur, charmeur.. Tu ne cesses d'accumuler les adjectifs de ce genre. Mais tu es aussi incroyable, et je voudrais te connaître tout entier. Tu restes un mystère non élucidé, un puzzle dont les pièces éparpillées sous mes yeux s'assemblent, laissant pourtant parfois quelques zones d'ombres inexplorées. Cette légendaire Esther a fait de toi une créature indétrônable. J'oserais presque te comparer à mon père. Mais vous n'avez rien en commun, en fait. Non. Sire Lysander est narcissique, beau à en crever. Jusque là, vous êtes sur un pied d'égalité. Mais c'est le maître, le seigneur, et sa force d'esprit est si écrasante que je sais que même toi et moi tremblons devant son courroux. Non, ce n'est pas comparable. Il est celui qui est. Il est l'essence même du vampire de sang pur. Il est la puissance même de notre race.

Mais que vois-je? Tu t'approches de moi, et me saisis lentement la main pour la découvrir et l'effleurer de tes lèvres fines et masculines qui s'étirent ensuite en un sourire. Tes mots sont vicieux. Je sais bien que tu n'as pas besoin de permissions, traître. Tu fais uniquement ce qui te plaît. Tu ne réalises que tes voeux. Peut être souhaiterais tu réaliser les miens, mais je n'en ai guère connaissance jusqu'alors.

"Vous n'avez jamais eu besoin de me demander quoi que ce soit pour ces choses là, Lord de Fauntleroy. Ce n'est pas maintenant que cela commencera, ce me semble. A moins que je ne me trompe, ce que je pense peu probable."

Je souris, un sourire artistique et ravageur. Je sens l'un de tes bras qui vient encercler ma taille, alors que ton autre se tend doucement pour laisser ta main se saisir un peu mieux de la tienne. Une danse. Pourquoi pas. Il n'y a pas besoin de musique entre nous, nous sommes cette musique, cette mélodie que nous connaissons chaque jour moins bien que le précédent. Tu m'as donc saisie, comme une rose en fleur, comme une rose éveillée à un soleil nouveau, tes mains caressant ma peau doucement à travers le tissu comme des pétales florissants. tout ceci est si romantique, au fond. Beaucoup pensent que nous sommes faits l'un pour l'autre. Mais nous savons bien, tous les deux, que c'est plus complexe que ça, oui. Ce jeu de drague, de frime, qui subsiste depuis toujours entre nous est une seconde raison d'être. Je ne te taquine pas comme je taquine mon bien aimé Zephir, ce petit ménestrel que j'apprécie, non. Je te provoque, je cherche à te rendre fou de moi, et réciproquement. Tout en toi traduit ton besoin de me faire tienne. Tu dois être mien, je devrais être à toi. Tout ceci est si compliqué, et pourtant nous en sommes là, à nous observer mutuellement, comme des fauves à la fourrure chatoyante qui se frôlent et se cherchent avec une langueur qui en est presque atroce.

"Bien entendu, je vous suis. Je n'ai pas vraiment le choix.. Edward."

Je sens que tu te perds dans mes paroles, dans cette voix langoureuse qui vient sonner de son timbre feutrer dans tes oreilles délicates. Je sens bien que tu t'abandonnes, que tu te laisses entraîner par nos pas lents et pourtant rythmés. Fluidité, plénitude. Ma robe de soie virevolte, et nous tournoyons en silence. Ton prénom a résonné dans la salle, comme un appel discret. Je me rapproche de toi, bien que nos mouvements soient plus amples, je me rapproche, et cligne doucement de mes paupières. Je ne suis pas timide, je suis apprivoisée, peu à peu. Et je pose avec légèreté ma tête sur ton épaule haute. Tu es plus grand que moi, je le remarque une fois de plus. Ta fragrance masculine vient m'ennivrer un peu, et je profite de ces instants tranquilles, fermant les yeux un instant, me laissant aller à ces mouvements que tu me donnes.

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MessageSujet: Re: M'accorderiez vous cette danse? [PV Andrea]   Mar 8 Juil - 22:21

Mon dieu, ma princesse, que nous sommes bien en cet instant. Enfin, je dis dieu.. Pour ce que j'y crois, c'est vraiment uniquement pour l'expression. Après tout, tu sais bien que je ne crois qu'en moi. Et en toi, peut être. Je me sens comme anesthésié, endormi, assoupi par la douceur de ta peau, ton souffle délicat aussi régulier qu'un métronome. Tu me chamboules ma princesse, et tu le sais bien, sans doute. Tu exerces sur moi cette attirance mystique que je ne dévoile qu'à toi. Je te l'ai déjà dit à mi-mots. Je sais que tu te doutes bien que je suis fou de toi d'un certain point de vue, et que tu m'es devenue plus chère que beaucoup. Tu as pris une place bien étrange dans ma vie. Vampire bourreau, tortueuse, qui me tient entre ses doigts fins et ses paumes glacées. De savoir ta main froide dans la mienne me réchauffe étrangement de l'intérieur, de même que sentir ton autre main reposer en douceur sur mon bras qui te sert la taille me ragaillardit. Je suis sensible à tout cela, Princesse, tu le sens bien. Et quand tu poses ainsi ta tête sur mon épaule, je ne sais plus comment réagir. Je suis mal à l'aise, moi qui ne suis pas habitué à me débattre avec des sentiments contradictoires. Je n'ai pas l'habitude, je dois l'avouer, d'hésiter dans mes actes, quels qu'ils soient.

Avec Esther, tout était si simple. Ce soir encore, quand j'y pense, je me dis que je n'étais qu'un môme inconscient, stupide. J'aurais suivi partout sa belle paire de fesses, et je voulais garder jalousement son coeur, et surtout son corps, pour moi seul. Uniquement moi, comme le gardien d'un trésor inestimable, qui devait m'appartenir de droit. C'était comme une formidable richesse, une parure que je devais montrer à tous fièrement, en la promenant à mon bras avec cet air dominant que tu me connais si bien, petite Andrea. Mais avec toi, c'est si différent. J'ai cru au début que tu serais ce même genre de bijou, à montrer avec cérémonie, à trimballer en soirées mondaines, prouvant à tous que j'avais conquis et dompté cette bête capricieuse que tu représentais alors. Mais tu t'es avérée bien plus aiguisée que je l'aurais cru. Indomptable, sauvage, et même plus. Tu étais une créature farouche qu'il fallait durement apprivoiser. Et puis, nous nous sommes rapprochés, mués par cette attraction des sens que tu ressentais, toi aussi. Mais tu ne t'es jamais laissée faire, et tu t'es montré plus coriace que personne ne l'a été avec moi Et je me trouve aujourd'hui coincé, avec cette peur au ventre que tu ne m'échappes pour un autre, et cette cellule dans laquelle je sais que je t'enfermes peu à peu, te conservant à mes côtés, comme de l'or, bijou que tu es.

Mais tu as prononcé mon prénom. Cette flamme qui tremblotait dans mon coeur se rallume. Tu as mis feu à ces charbons ardents qui restaient figés dans mon âme, Princesse. J'ai l'ambition de te posséder pleinement un jour, et je réussirais. Si je n'en suis capable aujourd'hui, je le serais plus tard. Ne nies pas, ange déchue, ne nie pas que tu seras mienne un jour. En attendant je reste, le sang bouillonnant dans mes artères inertes, pulsion incontrôlable qui pousse mon pouls à grimper dans une fréquence étrange, qui se dissipe peu à peu. Je ne perds que très rarement mon calme, et j'aurais honte de te craindre en cet instant où tu te reposes enfin sur moi. Petite princesse, tu as avancé ta pièce sur l'échiquier. Le jeu est en marche, plus que jamais, et nous reprenons ce duel de séduction qui nous charme tous les deux de plus en plus.

"Non, vous n'avez pas le choix, en effet."

Ce ton poli, respectueux, et pourtant plein d'humour que j'ai toujours, je sais que tu l'apprécies. Je ne peux m'en départir, et mes paroles sont pour toi toujours suffisament enduites de sucre pour te plaire. Je sais être cassant avec toi aussi, ne crois pas le contraire, ce ne serait point vrai, mais je sais me montrer doux. Cette simple phrase, accompagnée d'un rire léger, un peu grave, résonne un instant dans le silence presque mystique qui nous entoure. Cette ambiance particulière ajoute au trouble qui s'empare peu à peu de nous, silhouettes entrelacées déambulant d'un pas lent et presque douloureux à travers la pièce, glissant sans bruit, dans une discrètion absolue, sur le sol de cette grande salle de bal. Doucement, je resserre ma prise autour de tes hanches, ma main pressant subtilement ta taille de guêpe, frêle et pourtant si forte, de cette fragilité apparente qui m'a surpris la première fois. Voyez vous, on vous annonce la fille d'un seigneur, et c'est une femme aux tremblantes allures d'adolescente qui apparaît au premier abord. Il y a de quoi être surpris.

"Vous savez que vous êtes incompréhensible? Un vrai casse tête."

Dit avec humour, et tu ris avec légèreté, redressant alors ton visage vers moi, plongeant ton regard polaire dans le mien, cendré, des cendres encore chaudes des braises écloses. Pourtant, je suis sérieux, même si je souris avec un amusement non feint, que je ne pouvais dissimuler. Soyons francs, soyons honnêtes. Tes lèvres vermeilles sont si proches des miennes, plus fines, plus masculines, à ce moment là. Nous sommes seuls, éclairés par ces bougies qui nous illuminent de cette lueur indéfinissable. Je me rapproche un peu, poursuivant mes cercles en t'entraînant avec moi dans ces mouvements de danse. Voudras tu m'embrasser? Je n'en sais rien. Je veux laisser faire les choses, mais je joue avec toi, approchant mes lèvres pour finalement venir effleurer tes pommettes, alors que tu pensais que je prendrais finalement ta bouche. Seras tu assez patiente? Tiendras tu ma princesse? Ces questions m'embarassent, je m'en moque en fait. Je rapproche à nouveau mon visage du tien, me plaçant ainsi à quelques centimètres, nos souffles chauds malgré nos corps éteints s'étreignant dans une respiration. Oseras tu, Princesse?

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