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William de Loveley Ordre des Templiers

Nombre de messages: 1216 Age: 17 Rôle: Officier Péché fétiche: L'Envie Date d'inscription: 23/06/2008
 | Sujet: Une journée humide. Jeu 18 Sep - 20:49 | |
| Ah...les Flandres...Des vastes plaines à parcourir parsemées ça et là de quelques pittoresques villages. Je n'y étais jamais allée et d'ailleurs je me demande encore la raison pour laquelle j'avais décidé de m'y rendre. Ce qui était sûr c'était que les entraînements de ces dernières semaines m'avaient assez éreinté et que j'avais besoin de m'accorder quelques jours de "méditation". Oui, vous me direz que j'aurai pu tout simplement passer ces quelques jours reclus en paix dans une chapelle à prier...mais ce n'était pas ce que je recherchais. J'avais besoin d'un peu de liberté sans doute. C'est vrai ! Passer ses journées à la recherche d'une paix intérieure c'était bien mais cette paix je ne la trouvais qu'en vagabondait au fil des chemins, respirant l'air pur de la campagne...en prenant soin de garder ma lame à une distance raisonnable de ma main...
Je me trouvais marchant à côté de ma monture grise quand je m'arrêtai pour scruter les horizons. Au loin, on distinguait un bois naissant qui se prolongeait vers le lointain pays, il faisait frais mais le léger vent qui soufflait était plutôt doux. A moins que ça ne fut l'effet de mes vêtements. J'avais l'habitude de voyager chaussé dans un pantalon épais lui même enchâssé dans une paire de botte en cuir de couleur terreuse. Pour ce qui concernait le haut, une simple chemise en lin recouverte d'une cape de voyage me convenait, sans oublier mes gants également en cuir.
Je passai une main dans mes cheveux ébouriffés, comme d'habitude, et quittai mon observation en sentant le souffle chaud de Flèche dans mon cou. La grande jument grise commençait à s'impatienter et n'était apparemment pas d'avis d'arrêter cette petite balade là. C'était assez étrange, des fois, je me demandais si je n'inventais pas un caractère à ma compagne de voyage. Au début, je la pensais une stupide monture mais j'avais vite compris qu'en raisonnant de la sorte, j'allais m'attirer ses foudres. La jument avait ses humeurs, un mot de travers et elle semblait le comprendre. Combien de fois avais-je vu sa magnifique croupe disparaître au loin dans un nuage de poussière ? Elle revenait toujours mais ça pouvait prendre un certain temps...
Après une affectueuse caresse sur les naseaux et le long de l'encolure, je saisis les rênes de Flèche dans une main et après avoir mis le pied à l'étrier, montai avec autant de souplesse qu'il m'était donné d'avoir. La jument s'était habituée au fil du temps à mon poids qui, bien que n'étant pas si élevé que ça, pouvait la surprendre au vue notamment de l'arme dont je ne me séparais jamais. J'avais d'ailleurs l'habitude de la laisser accrochée à la selle ces derniers temps. D'une légère pression, je "proposai" à Flèche de se mettre en route. Son pas était étrangement cadencé et je crois que je ne m'y étais pas encore fait au fond. Les premières fois, je l'avais cru de très mauvais aplomb et puis je m'étais surpris à le trouver souple et berçant, tout comme toutes ses autres allures. Bien des nobles seigneurs auraient rêvé d'allures comme celles de ma monture sans vouloir manquer de modestie.
C'est au petit trop que je me dirigeai donc vers ce bois que j'avais aperçu au loin. Une fois les premiers arbres franchis, je ne ralentis que très peu le rythme du trot, regardant de temps à autres autour de moi. On est jamais à l'abri d'une attaque de pitoyables bandits. Une averse fut au rendez-vous mais étant anglais d'origine, cela ne me gêna pas plus que ça et j'appréciai même assez bien le contact des gouttes sur mon visage.
Je commençais peu à peu à me détendre quand Flèche s'arrêta brutalement, se campant littéralement sur ses jambes. Elle secouait la tête en grondant et moi, sur son dos, je ne comprenais vraiment pas ce qui se passait. Je pensais d'abord à un serpent qui se serait glissé entre ses jambes mais il n'y avait rien et Flèche n'était pas du genre à s'effrayer pour ce genre de chose...Elle levait les antérieurs, continuait de secouer la tête , reculait légèrement par instant comme si l'envie de faire demi-tour l'avait soudainement prise...
- Du calme...Du calme...Que se passe-t-il ? Ne me dis pas que tu as changé d'avis...
Mais j'essayais surtout de me rassurer moi-même. Si ça se trouvait, c'était juste un promeneur en quête de tranquillité aussi...L'un des défauts de la jument était de parfois se méfier un peu trop de tout individu qui ne lui revenait pas. Du moins, c'était mon hypothèse...
J'hésitai à mettre pied à terre. Je ne savais pas vraiment comment réagir en vérité...Un léger coup d'oeil à la lame toujours suspendue à la selle me rassura un peu.
- Il y a quelqu'un ?
C'était assez stupide de ma part mais vu le vacarme qu'avait fait Flèche, je ne pouvais qu'avoir été remarqué. Et puis, s'il s'agissait d'un simple passant, il s'identifierait, dans le cas contraire, j'étais prêt à empoigner ma lame si besoin... _________________ «Un feu qui brûle en éteint un autre ; une douleur est amoindrie par la vivacité d'une autre douleur.»
[William Shakespeare] |
|  | | Heimdall Arawn Maître Vampire

Nombre de messages: 78 Age: 17 Ville: Porté disparu Rôle: Officiellement mort... Péché fétiche: Disons... Paresse Date d'inscription: 13/09/2008
 | Sujet: Re: Une journée humide. Sam 20 Sep - 13:09 | |
| Un léger coup de vent et quelques gouttes d’eau suffirent à mettre Heimdall dans une rage folle. Trois jours qu’il attendait ici, dans ce bois au climat désespérant, le mystérieux vampire avec lequel il avait rendez-vous. Mais il ne venait pas, et ne viendrai probablement pas. Sa patience avait été mise à rude épreuve, et même pas récompensée. Il y a vraiment des jours où l’on ferait mieux de ne pas se lever. Heimdall n’avait plus rien à faire ici, mieux valait donc repartir à Vasteval, où des affaires plus alléchantes l’attendaient. Dommage, il aurait bien aimé rencontrer cet être de la nuit… Prenant la direction du sous-bois, esquivant du mieux qu’il le pouvait les marres de boue, dégageant les branches de son chemin. Décidément, le climat de ce pays lui était vraiment désagréable, même si Vasteval n’était pas tout à fait à son goût non plus. Frayant son chemin, non sans difficultés, un bruit attira son attention. Heimdall s’arrêta. Sans le moindre doute, le son qu’il percevait était bien celui du reniflement d’un cheval. Cela se confirma lorsqu’il pu en sentir l’odeur. L’animal n’était pas seul. Il y avait un homme qui l’accompagnait. Comment le vampire ne l’avait pas remarqué avant ? C’était étrange… Toujours est-il qu’il se passa la langue entre les dents, pensant au festin qui l’attendait. Un humain, et un cheval. C’était assez inattendu. Heimdall se baissa et avança. Il les aperçut assez vite, en contrebas. Il tira son arbalète de son dos, et un carreau de sa ceinture. Cette arme massive, qui lui avait étiré la haine de nombreux vampires était un véritable bijou. Elle ne lui avait jamais fait faux bon, et il savait qu’il pourrait toujours compter dessus. Il arma l’arbalète, ajusta quelques réglages, posa un genou sur le sol, et visa. L’humain ne l’avait toujours pas remarqué, c’était un bon point. L’être de la nuit posa son doigt sur la cachette, et la pressa. Le recul fit partir le carreau un peu trop haut, mais Heimdall avait anticipé, et avait donc corrigé son tir. Toc ! Le carreau se planta dans un arbre, manquant de peu l’humain. Le vampire resta sidéré face à cet échec, jamais encore il n’avait manqué une cible… Il mit en place un autre carreau, en se relevant. De toutes façons il était découvert… |
|  | | William de Loveley Ordre des Templiers

Nombre de messages: 1216 Age: 17 Rôle: Officier Péché fétiche: L'Envie Date d'inscription: 23/06/2008
 | Sujet: Re: Une journée humide. Sam 20 Sep - 20:39 | |
| Décidément, je n'étais pas du tout rassuré...Pourquoi ? L'ignorance est la plus terrible des ennemies. C'est sous son couvert que de pauvres victimes finissaient justement en tant que victimes...Un souffle glacial me parcourut l'échine, faisant frissonner tout mon corps. Je n'avais aucune réponse à ma question, ce qui était plutôt inquiétant au final. Flèche ne s'était qu'à moitié calmée, jetant des regards effrayés de ses grands yeux noirs où il était très facile de voir cette lueur apeurée.
J'entendais la pluie qui redoublait d'intensité, ses gouttes écartant violemment les feuilles qui les gênaient pour pouvoir s'écraser sur le sol dans un bruit sourd ou bien sur mes vêtements déjà bien trempés. Mon visage commençait à ruisseler. Sueur ou pluie ? Je n'aurais su le dire... La jument se remit à faire des siennes, trépignant sur place, grattant le sol, attendant simplement que je relâche mes doigts serrées sur les rênes, lui donnant ainsi le signal du départ. Elle secoua violemment la tête, comme pour m'arracher les guides mais je tins bon, voulant d'abord savoir qui se trouvait dans les parages. Au fond, l'activité incessante de Flèche me sauva sans doute la vie, ou du moins m'évita la blessure que ce carreau qui venait de se planter dans l'écorce aurait pu m'infliger. Je savais dès ce moment que je n'avais pas affaire à un simple badaud... Je n'ai pas honte de dire que j'avais peur. Je ne voyais pas mon adversaire...Je n'avais que le projectile planté dans l'arbre pour me guider un temps soit peu.
Mais j'étais un templier. Enfin...presque...Je n'allais pas me laisser faire ainsi ! Je remarquai un contre-haut plus loin, la place idéale pour un tireur. Ca devait forcément venir de là. Après avoir mis pied à terre et sortit d'un grand geste souple ma lame du fourreau accroché à la selle, je donnai une claque vigoureuse sur la croupe de la jument qui ne demanda pas son reste pour partir au triple galop. Il n'était même pas envisageable que mon seul moyen de transport et ma seule compagne de voyage soit blessée par un imbécile qui croyait pouvoir ainsi attaquer un templier ! Du moins, j'espérais que ça ne soit qu'un pauvre bandit inconscient...Pourtant, au fond de moi, c'était comme si je connaissais déjà la réponse.
- Montrez-vous lâche !
D'accord, en me dissimulant derrière un arbre, je ne faisais pas vraiment mieux mais l'idée de me retrouver avec un carreau en pleine poitrine ne m'enchantait pas plus que ça en réalité...Je serrais avec fermeté cette longue lame. Il était temps de voir si les entraînements avaient porté leurs fruits...Discrètement, je jetai un coup d'oeil vers le contre-haut, cherchant le moindre signe d'un quelconque mouvement dans les fourrés déjà agités par la pluie battante. Cela n'allait pas arranger mon affaire même si l'humidité ça me connaissait en Angleterre...J'entendais ma monture non loin. Je m'étais douté qu'elle ne s'éloignerait pas trop mais je n'envisageais pas la fuite...Du moins, ça dépendait de la nature de mon adversaire. De toute manière, tout le monde meurt un jour...Mais j'avais quand même envie que ça soit un autre jour... _________________ «Un feu qui brûle en éteint un autre ; une douleur est amoindrie par la vivacité d'une autre douleur.»
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|  | | Heimdall Arawn Maître Vampire

Nombre de messages: 78 Age: 17 Ville: Porté disparu Rôle: Officiellement mort... Péché fétiche: Disons... Paresse Date d'inscription: 13/09/2008
 | Sujet: Re: Une journée humide. Mer 24 Sep - 17:24 | |
| Manquer un carreau comme celui là… C’était vraiment la honte. Mais alors vraiment. Il était en plus hors de question de laisser ce misérable humain s’en tirer. Encore si il n’était pas aussi affamé, peut-être le vampire le laisserait-il partir, par pur fainéantise d’un combat. Mais là il devait se nourrir le plus rapidement possible. Brandissant son arme, et ne prenant pas vraiment la peine de viser, Heimdall Tira. Le carreau se planta sèchement dans l’arbre derrière lequel se planquait l’humain, humain qui osait le traiter de lâche. C’était un comble ! Le vampire tira sa lourde hache de sa ceinture, et partit à l’assaut. Sa magnifique arme de plus de trente kilos à la main, il sauta en avant, bondissant rageusement entre les racines noueuses et la boue épaisse qui recouvrait les sols. La pluie battante s’accélérait au rythme de sa course effrénée. Une leur folle et rageuse illuminait son regard de pierre, alors qu’il courait fougueusement vers sa proie. Bientôt il aperçut sa silhouette à peine camouflée par l’arbre. Alors il prit une grande inspiration, faisant tournoyer son énorme hache en l’air, et prit son élan. Il entama une course mortelle dont l’issue serait dévastatrice, surtout pour l’insecte qu’il avait en face de lui. Un pas… Deux pas… Trois pas… Quatre pas et Heimdall sauta. Il se propulsa en avant tel un chien enragé. Son pied droit rencontra un chêne robuste sur lequel il se propulsa. Sa trajectoire était parfaite… Ou presque. Au dernier moment, il se rendit compte qu’il était trop court, et préféra rejoindre la terre immédiatement pour ne pas se mettre à portée de la lame de l’humain. A peine avait-il touché le sol qu’il repartait déjà, pour conserver un effet de surprise digne de ce nom. Il brandit son arme, se préparant à frapper. Le choc serait terrible…
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|  | | William de Loveley Ordre des Templiers

Nombre de messages: 1216 Age: 17 Rôle: Officier Péché fétiche: L'Envie Date d'inscription: 23/06/2008
 | Sujet: Re: Une journée humide. Mer 24 Sep - 17:50 | |
| Je sentis quelque chose d'étrange monter en moi, une sensation désagréable qui me torturait la poitrine. Je compris quelques instants plus tard que j'avais peur...Après tout, c'était une réaction purement naturelle dans cette situation non ? Et j'admets bien volontiers ne pas être le plus courageux des hommes, après tout, il n'y a pas de courage sans peur...Cette pensée me réconforta quelque peu et j'inspirai profondément pour recouvrer mes moyens. Ma lame se tenait droite, fermement empoignée, prête à trancher la chair s'il le fallait et c'était certainement ce qui allait se passer... De biais, j'essayai d'observer mon adversaire. Mon regard émeraude brillait d'un étrange éclat dans la moiteur de l'air, un étrange contraste entre le paysage terne et mes prunelles. La pluie redoublait, frappant les feuilles et les troncs avec de plus en plus de violence. Cette averse serait sans doute de courte durée mais il avait fallu que ça tombe juste à ce moment là...Je commençais à croire que ma chance m'abandonnait...
Je parvins à apercevoir cet individu, bondissant avec une rapidité et une force qui me décontenança...La crainte que j'avais refoulé au fond de moi me saisit soudain à la gorge...Et si ... Et s'il s'agissait d'une créature de l'ombre ? C'était maintenant presque confirmé...Nul homme n'aurait cette furie dans le regard, une soif de violence que l'on ne retrouvait pas même chez le plus monstrueux des assassins... Il se trouvait maintenant devant moi mais je n'eus pas le temps de réellement me préparer à son prochain assaut. Déjà, l'adversaire me chargeait et j'avais deux solutions : parer tant bien que mal ou esquiver. Il y avait aussi l'hypothèse de me faire simplement délester d'un ou deux membres mais je l'écartai assez rapidement...Là où plus des trois quarts des soldats aguerris auraient esquivés une arme incroyablement lourde, je décidai de parer. Folie pure direz-vous ? Mais c'était toujours ainsi que je me battais. Je ne choisissais jamais l'option la plus raisonnable...
Alors je me campai fermement sur mes deux jambes, décrivant un mouvement circulaire avec ma lame pour venir la choquer contre la hache monstrueuse de mon ennemi. Je crus d'abord que l'acier allait se briser en mille éclats et puis le choc me parcourut la main, le bras jusqu'à toucher mon épaule. C'était comme si tous mes os allaient se disloquer et je ne pus réprimer une grimace de douleur. Je fus soulagé de voir que je n'avais rien de cassé pour l'instant et, saisissant mon arme dans la main gauche, je choisis une technique rapide, espérant pouvoir surprendre mon adversaire...Mais au fond de moi, je savais pertinemment qu'il me surpasserait encore une fois sur ce coup là. Je n'avais aucunement l'intention de me laisser faire et peu importe ce qu'il m'en coûterait, jamais je n'aurais laissé tombé un combat sans avoir tout essayé. Me préparant à esquiver une potentielle attaque avec sa hache lourde, j'avançai, engageant le combat, ou plutôt, le duel qui nous opposait. _________________ «Un feu qui brûle en éteint un autre ; une douleur est amoindrie par la vivacité d'une autre douleur.»
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|  | | Heimdall Arawn Maître Vampire

Nombre de messages: 78 Age: 17 Ville: Porté disparu Rôle: Officiellement mort... Péché fétiche: Disons... Paresse Date d'inscription: 13/09/2008
 | Sujet: Re: Une journée humide. Mer 24 Sep - 20:28 | |
| En effet il le fut. Déployant l’ensemble de ses forces, contractant ses muscles, il frappa. Sa lourde hache s’abattit avec une violence foudroyante. Etrangement, l’humain avait tenté une parade. Peut-être aurait-il mieux fait de ne pas bouger ? La puissance du coup l’aurait sans doute tué sous le choc. Heimdall fut tout de même surpris par la résistance qu’il opposa : Il fallait déjà un immense culot pour essayer de parer un coup si bien préparer, mais la force qu’il avait mis en œuvre pour bloquer n’était pas commune aux humains. A coup sûr, il s’agissait là d’un guerrier aguerrit et de grande valeur. En temps normal, le vampire aurait sans doute apprécié un adversaire à sa taille, mais la faim qui lui tiraillait le ventre ne lui donnait pas envie de se compliquer la tâche, aussi mettrait-il fin à ce combat le plus rapidement qu’il le pourra. Quand les deux lames de métal se rencontrèrent, il ressentit comme une impulsion dans son bras, signe de la ferme résistance que lui opposait son adversaire. Qu’importe ! Il n’en ferait qu’une bouchée. Le vain mur que l’humain tenta de mettre sur sa route se brisa net, et n’eut pour résultat que de l’affaiblir. Heimdall continua son chemin, puis dérapa pour se retrouver de nouveau en face de l’humain, qui, étrangement, s’avançait. Le vampire sourit, découvrant les ruines de la belle dentition typique d’un vampire. Seule sa canine gauche témoignait encore de son appartenance à la noble race des vampires. Alors que ses yeux scintillaient d’une lueur malsaine, il se propulsa vers son adversaire, bondissant rageusement comme un fauve à la chasse. La folie semblait illuminer son regard, et la haine guider ses pas. Rien ne l’arrêterait, et sûrement pas un insignifiant humain, guerrier ou pas. Il bloqua sans effort une attaque de son adversaire, remarquablement bien tentée, mais pas suffisant rapide pour inquiéter une créature de l’ombre, surtout aussi expérimentée que Heimdall. Dans une manœuvre brusque et soudaine, ce dernier pivota sur lui-même, et exécuta une nouvelle attaque, qu’il dirigea cette fois-ci vers la poitrine de l’humain. Sa formidable hache fendit l’air avec une rapidité incroyable, et allait bientôt permettre au vieux vampire de se ressourcer avant de rejoindre Vasteval… |
|  | | William de Loveley Ordre des Templiers

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 | Sujet: Re: Une journée humide. Mer 24 Sep - 20:52 | |
| Ce n'est qu'en voyant le sourire édenté de mon adversaire que je compris alors que toutes mes craintes étaient fondées...Malheureusement pour moi. Il n'avait beau en avoir qu'une, c'était bien là des canines démesurées, des pièces magnifiques qui n'avaient qu'un seul but : se planter dans la chair humaine, ma chair...Je me doutais bien que ce vampire là aurait un peu de difficulté vu sa dent brisée et je compris également pourquoi il avait la nécessité de me tuer...Et moi qui avais naïvement pensé que je pourrais trouver un peu de calme dans les Flandres. C'était décidément la dernière fois que j'employais le terme "tranquille" ...
Mon bras droit souffrait le martyr bien que la douleur du choc commençait à s'estomper et je bénis mon père de m'avoir forcé à savoir manier une lame des deux bras. J'étais certes un peu plus maladroit du gauche mais au moins, j'avais encore une chance. La lutte était désormais bien engagée, une de mes attaques fut malheureusement parée, je m'y attendais. Il fallait rebondir, réagir vite...
Comme il était prévisible de le penser, l'adversaire tenta une seconde attaque, circulaire, et si je ne trouvais pas un moyen rapide de l'esquiver, j'allais finir plus mort que vivant. Comme toujours, je ne choisis pas la solution la plus évidente qui était de reculer. Au contraire, j'avançai, brusquement et de biais dans le but de donner un violent coup d'épaule à cette créature de l'ombre. De deux choses l'une, d'abord, en me rapprochant ainsi du vampire, j'évitai une attaque qui pouvait s'avérer mortelle, en second lieu, j'avais extrêmement peu de chance mais une chance quand même de déséquilibrer mon adversaire ou dans le pire des cas, de le surprendre. Mais peut-on surprendre une créature immortelle ? Je commençais à en douter sérieusement. Quoiqu'il en soit, je fis ce que j'avais prévu, serrant fermement mon arme et priant pour ne pas trop amocher mon autre bras. J'en profitai pour scruter le regard de cette créature...froid, haineux. Il y avait quelque chose d'effrayant dans ces yeux-là...Comme une absence de raison, une folie meurtrière...dont je serais peut-être la prochaine victime. La colère tenta de m'envahir mais je refoulai avec violence cette émotion malsaine. Si je me perdais dans cette passion haineuse, je perdais ce duel et finir en plat pour vampire n'était pas vraiment dans mes projets.
Déjà, la sueur commençait à perler sur mon front bien qu'il ait été impossible de le savoir avec l'eau qui tombait des nuages. C'est toute ma peau qui ruisselait, la pluie alourdissait également les vêtements mais j'étais habitué à tout cela. L'Angleterre n'était pas réputée pour sa sécheresse... Sur le sol, on commençait déjà à voir des traces de notre lutte, les pas s'imprimaient dans la terre boueuse qui gémissait à chacun de nos mouvements. J'eus également une pensée pour ma monture qui devait se trouver dans les parages. J'avais la possibilité de fuir...d'échapper à ce combat et peut-être à la mort mais je n'en faisais rien, tout simplement parce que je n'étais pas un lâche. Je n'avais pas tout donné, je n'étais pas encore en position d'infériorité. J'avais une chance. Et je crois aussi que réfléchir était l'un de mes plus grands défauts...La preuve en est qu'au lieu de me concentrer j'arrivais à laisser mon esprit vagabonder vers toutes ces choses. Une telle erreur aurait pu me coûter la vie, ou du moins, elle pourrait me coûter de très mauvaises surprise. _________________ «Un feu qui brûle en éteint un autre ; une douleur est amoindrie par la vivacité d'une autre douleur.»
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|  | | Heimdall Arawn Maître Vampire

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 | Sujet: Re: Une journée humide. Lun 29 Sep - 17:30 | |
| Crac… Un formidable éclair fendit le ciel, illuminant de son feu orangé la forêt assombrie par la pluie. Le coup de tonnerre suivit aussitôt, perçant les cieux de son cri féroce et hargneux. La rage du vampire, accumulée pendant toutes ces années se libéra aussi brutalement que cet orage s’était déclanché. Une colère rouge enfouie depuis tout ce temps se libéra dans son corps, parcourant ses veines, faisant tressaillir ses muscles contractés, et jaillissant sous la forme la plus éclatante qui soit. Mais il y avait toujours des choses que même le plus avisé des guerriers ne pouvait pas prévoir. Et c’était là que l’on voyait le véritable talent : Rester imprévisible. Cet humain était bien pire qu’une guêpe : il trouvait toujours le moyen de surprendre son adversaire, et le piquerait sans doute au bon moment, au bon endroit. Heimdall mit un certain temps à comprendre la situation, un temps, certes, bien court pour un humain quelconque, mais pour un vampire, c’était déjà trop long. Le guerrier lui avait enfoncé son épaule dans le thorax, avec une brutalité et une vivacité saisissante. Le vampire recula de quelques pas sous le choc, et bondit, tel un fauve enragé, en arrière, pour esquiver toute éventuelle attaque. Il brandit une nouvelle fois sa hache, prêt à l’assaut, alors qu’un nouvel éclair déchirait le ciel. La chaleur monta soudainement, la fraîcheur amenée par la pluie de plus en plus violente disparue. Juste derrière le chevalier, un arbre venait de prendre feu. Les langues de flammes se répandaient à vive allure, engloutissant tout sur leur passage. Heimdall sourit. Les flammes se reflétaient dans ses yeux sombres, comme si ils n’étaient qu’un portail entre la Terre, et l’enfer… Le vampire profita de se cour instant pour s’emparer discrètement de son arbalète, y installa comme il le put un carreau, même si il se doutait que, le posant ainsi à l’aveugle, il risquerait de prendre une mauvaise direction et peut-être même d’enrayer son arme favorite. La conservant tout de même derrière son dos, il repartit à la charge. Sa course s’accélérait en même temps que la pluie, sa hache tournoyait et virevoltait au rythme des bourrasques de vent. Il prit appuis sur une racine qui céda sous son poids, et s’envola vers le guerrier. Sa charge était d’une brutalité inhumaine, et le choc n’en serait que plus violent. C’était là que ce jouait l’issue du combat, sur cette attaque, et c’était lui qui avait l’avantage. La frappe était imminente. Le vampire leva son arme au dessus de sa tête…
Crac… Deux éclairs surgirent en même temps, pulvérisant les arbres dans le dos des combattants… |
|  | | William de Loveley Ordre des Templiers

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 | Sujet: Re: Une journée humide. Lun 29 Sep - 21:00 | |
| Cette journée prenait des airs de fin du monde...Mais au final, je n'étais peut-être pas si loin de la vérité. Ce combat était une lutte presque épique, au milieu des éléments déchaînés. Un seul en sortirait victorieux et c'était comme si l'issue de ce duel allait changer la face du monde. Il n'en était rien, bien évidemment, mais tout s'y prêtait pour le faire penser... Je fus désagréablement surpris d'entendre le tonnerre gronder et pis encore...d'entrevoir la foudre qui commençait à tomber... J'étais habitué à la pluie mais pas aux orages, ils étaient assez rares là où je vivais. Même cette pluie battante commençait à me gêner, gâchant ma vision, ruisselant dans ma bouche alors que j'essayais de reprendre mon souffle...Je m'accrochais tant bien que mal à un courage que je n'avais peut-être pas...
L'orage déploya toutes ses forces et éclata avec plus de violence que je n'avais pu l'imaginer. Une violence à l'image de mon adversaire...Je sentis soudainement la fraîche humidité se changer en chaleur oppressante. Je m'accordai un bref regard autour de moi, en quelques instants, cet endroit s'était transformé en brasier. L'eau tombant sur les braises que devenaient les arbres aux alentours produisaient une épaisse fumée. Cet écran commença à venir me brûler les yeux... Mes jambes fléchirent légèrement sous le poids de la fatigue et des conditions extrêmes qui s'installaient. Je vis au dernier moment la créature de l'ombre attaquer et d'un coup maladroit, je tentai vainement d'écarter son arme d'un coup de lame circulaire dans le manche. Certes, la hache vacilla légèrement mais au prix d'une terrible douleur. Je sentis mon épaule gauche reculer brutalement et sortir de l'axe de mon corps. Peu après, mon épaule s'étant disloquée, je chutai lamentablement. Le coup d'une violence rare m'avait entraîné à terre plus rapidement que je n'aurais pu le penser. Mon épaule souffrait le martyr. J'avais chaud, je transpirais, je toussais par moment, cherchant à reprendre une bouffée d'air mais il n'y avait qu'un air souillé par la fumée qui malgré la pluie, un peu moins intense à cet instant, parvenait à garder une certaine hauteur. Le goût du sang s'imprégnait dans ma bouche. J'essayai de me relever, cherchant la poignée de mon arme de ma main droite. Une branche brisée tomba non loin de moi et les éclats de braise me griffèrent un peu plus la peau. Je ne voulais pas finir en hors d'oeuvre pour vampire. Ma position était très délicate. J'avais beau regarder autour de moi, je ne trouvais pas d'issue possible. Les flammes n'étaient aucunement contenues par la pluie qui se faisait toujours moins violente...
Ma monture avait sûrement dû s'enfuir au premier éclair et pourtant j'avais presque l'impression d'avoir entendu son hennissement sourd. Sans doute étais-je en train de délirer...Je saisis finalement la poignée de ma lame et la tins fermement. Je n'étais pas encore mort... Un autre coup de tonnerre ébranla le sol...Je me demandais pourquoi et surtout comment j'arrivais à cumuler autant de malchance en une seule journée... _________________ «Un feu qui brûle en éteint un autre ; une douleur est amoindrie par la vivacité d'une autre douleur.»
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|  | | Heimdall Arawn Maître Vampire

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 | Sujet: Re: Une journée humide. Mer 1 Oct - 21:28 | |
| La situation commençait vraiment à empirer, alors que la faim tiraillait de plus en plus le vampire. Son coup fut un nouvel échec. Oh bien sûr, pour certains, c’était sans doute une merveilleuse réussite, mais l’humain était encore vivant, plus beaucoup, mais encore un peu. Heimdall avait ressentit un blocage non négligeable lors de sa frappe. Il avait alors donnait un sec mouvement du coude pour terrasser la résistance de son adversaire. Ce dernier s’était lamentablement écrasé à terre. Le voila parfaitement pitoyable, bien à l’image de sa race ! Les humains ne feraient jamais le poids contre les créatures de l’ombre. Même les lycanthropes montraient plus de férocité au combat, il en gardait d’ailleurs un sacré souvenir.
Des flammes jaillissaient de tous les côtés. Il semblait que seul la portion où avait lieu la lutte était épargnée par les langues rouges des enfers. L’air se faisait de plus en plus lourde, et la chaleur était désormais bien supérieure à celle qui régnait en Egypte. Heimdall était trempé ; De l’eau coulait de ses vieux vêtements déchirés, de ses fins cheveux gris et même de son long visage usé par le temps. L’orage se faisait plus intense, les coups de tonnerre gagnaient en puissance, et les éclairs étaient de plus en plus nombreux. La lutte prenait un côté mythique et héroïque qui allait fort bien au vampire. Ce combat avait quelque chose de céleste, comme si les dieux manifestaient leur colère par le biais des éléments. Peu importe, il voulait désormais faire durer le plaisir, prolonger ce combat pour mieux en savourer la fin.
Avoir un humain à sa merci était toujours plaisant pour un vampire, mais si il y avait bien quelque chose qu’adorait Heimdall, là où les autres se contentent de l’effrayer, c’était de le faire souffrir, de le torturer jusqu’à sa mort. Il n’y avait pour lui rien de plus jouissif que de voir un misérable humain se tordre de douleur, le supplier de l’achever, de mettre fin à ses souffrances. Mais cela ne servait à rien, car le vampire était sans pitié, et surtout contre une race aussi inférieur.
Tirant profit de cette situation, Heimdall tendit son arbalète vers l’homme qui se tortillait à terre, devant lui. Il pressa la détente, écartant les lèvres en un sourire morbide et sinistre. Comme prévu, la trajectoire du carreau ne fut pas bien nette, mais il atteint tout de même son objectif. Il se planta profondément dans la cuisse du guerrier, projetant un fin filet de sang sur le vampire. Celui-ci était dans son élément, la victoire était désormais proche, et il en savourait déjà le goût doux et sucré. « Alors petit ? C’est déjà finit ? » |
|  | | William de Loveley Ordre des Templiers

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 | Sujet: Re: Une journée humide. Jeu 2 Oct - 19:41 | |
| Un bouillon d'émotions diverses et variées palpitait en moi, me tiraillant de toute part. D'abord l'incompréhension, mes pensées filaient dans toutes les directions et j'avais un mal de chien à les rassembler, finalement, je décidai de les laisser de côté, ça valait mieux au fond. Ensuite la peur...Oui la peur. Bien que la honte ne m'étouffait pas, je ressentais une terrible sensation de mal-être...Je me sentais mal à l'aise d'être dans cette situation. Pas forcément pour toutes les raisons habituelles, non. En fait, je me disais intérieurement que j'étais tombé bien bas et que pour un homme cherchant à devenir templier, ça partait assez mal. Mourir en ayant même pas atteint le but recherché ? Et puis quoi encore ! C'est là que la colère monta en moi...me faisant serrer les dents plus que la douleur que je finis presque par oublier. Du moins jusqu'à ce que le carreau de l'arbalète vienne se ficher dans ma cuisse. Pour ne pas montrer à cette créature de l'ombre que tout cela commençait sérieusement à me peser plus que je ne pouvais le supporter, je me contentai de me mordre la langue pour me faire taire et fermai les yeux avec force.
Lorsque je les rouvris, j'avais en face de moi ce vampire, cette créature infâme qui ne méritait que les fins fonds de l'Enfer. Peut-être y étions-nous déjà...Du moins, c'est l'impression que j'eus en apercevant vaguement les flammes dansant avec un air de victoire tout autour. Cette arène ardente était étouffante...Ma main droite se referma sur la poignée de mon arme. Mon bras gauche se trouvait posé sur ma cuisse, j'étais parvenu malgré mon épaule, à poser la main sur la blessure du carreau.
- Fini ? Vous devez être une bien piètre créature pour penser ainsi que c'est fini...Vous êtes même une bien misérable créature pour ne pas achever vos victimes quand vous en avez l'occasion !
Ma main droite avait réussi à extirper le poignard accroché à ma cuisse et mon autre main avait rapidement lâché ma lame pour aller chercher cette petite arme blanche que je m'étais empressé de lancer de la manière la plus précise qu'il m'était donné vers sa jambe. Je crus bien que j'avais atteint ma cible mais je préférai ne pas me retourner pour regarder...Me traînant après m'être relevé, du mieux que je pouvais vers l'un des murs de flammes. Ma jambe souffrait le martyr à chaque pas. Profitant de quelques secondes de répit, j'arrachai le carreau mais je craignis d'avoir brisé la pointe...Pas le temps de m'en soucier. J'attrapai un reste de branche encore incandescent et, après avoir déchiré une ouverture assez large autour de la blessure, l'appliquait dessus. Je ne sais pas comment je fis pour supporter encore cette douleur...Peut-être l'instinct de survie...Au moins, j'allais arrêter de saigner. Cela fait, je me remis d'aplomb sur mes jambes, celle étant meurtrie tremblant légèrement, cherchant du regard mon adversaire. La fumée me piquait les yeux, la chaleur brûlait ma peau et même si je sortais vainqueur, il me faudrait me sortir de cette fournaise...Lame en main et l'oeil attentif, je profitai de nouveau d'un instant d'accalmie pour déchirer un pan de ma cape de voyage, de cette manière, je pus fixer mon bras gauche pour éviter qu'il ne souffre trop... D'un rapide coup d'oeil, je cherchai ma monture des yeux au travers du rideau de flammes. Je me surpris même à siffler légèrement, dans l'hypothèse insensée ou elle serait encore dans les parages, mais j'en doutais grandement... _________________ «Un feu qui brûle en éteint un autre ; une douleur est amoindrie par la vivacité d'une autre douleur.»
[William Shakespeare] |
|  | | Heimdall Arawn Maître Vampire

Nombre de messages: 78 Age: 17 Ville: Porté disparu Rôle: Officiellement mort... Péché fétiche: Disons... Paresse Date d'inscription: 13/09/2008
 | Sujet: Re: Une journée humide. Dim 5 Oct - 19:49 | |
| Heimdall aimait le feu. Insaisissable et craint, qui vous réchauffe ou vous brûle, l’ami le plus traître, une ombre pourtant bien visible. Il vénérait presque cet élément dévastateur dont ne personne ne voudrait s’en passer. C’est pour ça que cette victoire le réjouissait doublement. Vaincre au milieu de ces flammes procurait une immense sensation de pouvoir. Même si ce combat était simple, il avait tout de même une certaine dimension héroïque et épique.
La souffrance lisait sur les traits de l’humain. Il restait une légère trace de peur, qu’il faisait sans doute tout pour masquer, mais on ne pouvait rien cacher à un vampire avide de sang, surtout pas sa propre frayeur. Des guerriers, le vampire en avait déjà éliminé plusieurs, même parmi les vampires il avait fait des ravages. Rien ne l’impressionnait, rien ne lui résistait. Alors qu’il regardait son plat de résistance gigoter, il entendit un léger bruit dans son dos. Comme un martèlement de sabots entre le crépitement des flammes. Ainsi son dessert était revenu. Bien, il aurait des réserves pour rentrer à Vasteval, où il devait sans doute se faire attendre.
Soudain Heimdall distingua une nouvelle expression sur le visage de son adversaire. Elle n’était par restée bien longtemps, mais cela suffit au vampire pour en comprendre le sens. De toutes façons, il ne fallut même pas trois secondes pour qu’il le constate par lui-même. Une fine lame de métal glacée s’enfonça profondément au dessus de son genou. Ce ne fut pas tant la douleur que la surprise qui le paralysa. Il ouvrit grand les yeux et ne bougea pas alors que l’humain prenait la tangente sous ses yeux. Ce petit la ne manquait vraiment pas de culot. Au bout de quelques secondes d’immobilisation totale, le vampire fit demi-tour, sans vraiment se presser. Il ne prit pas la peine de retirer le poignard de sa jambe.
Ecartant les blanches brûlantes, glissant comme une ombre, il ne tarda pas à apercevoir la monture de l’humain, en contre bas. Alors il s’assit tranquillement entre quelques feuillages encore en état, sa camouflant derrière un buisson carbonisé, et s’appuyant de tout son poids contre un arbre robuste. Il prit son arbalète à deux mains, démonta le mécanisme de sécurité, et la tendit manuellement. Il posa un carreau et ajusta son tir. De cette façon il garderait une précision toujours appréciable mais manquerait totalement de puissance, ce qui n’était pas vraiment gênant pour tuer un cheval sans armure… |
|  | | William de Loveley Ordre des Templiers

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 | Sujet: Re: Une journée humide. Dim 5 Oct - 19:54 | |
| Appuyé contre un arbre encore intact, je digérais quelques secondes ma douleur. J'étais en sueur, ma jambe me lançait affreusement et mon épaule ne cherchait qu'à me tourmenter un peu plus. Alors que j'attendais mon adversaire, la peur tenaillant mes entrailles, je fus surpris de voir que tout restait calme. Enfin, peut-on parler de calme lorsque l'orage gronde et que tout ce qu'il y a autour de vous ne ressemble plus qu'à l'Enfer ? Je tendis l'oreille, essayant de faire abstraction de mon souffle lourd et rapide qui résonnait. Personne ? Il y avait quelque chose d'anormal et ce n'était pas pour me rassurer...Bien au contraire. Je fis quelques pas, tenant ma jambe pour l'aider à se poser sans m'arracher trop souvent une moue de douleur. Les cendres qui parvenaient à s'envoler couvraient mes vêtements et mon visage avait bien vite été taché de suie. Quelques martèlements attirèrent mon attention. Etait-ce possible ? Je rassemblai mes esprits pour vérifier si ce que j'avais entendu était bien vrai. Oui ça ne faisait aucun doute...mon cheval traînait encore dans les parages, malgré les flammes et la tempête. Cette jument était décidément bien plus téméraire que je ne l'aurais jamais imaginé. Je me jurai dès ce moment de ne plus jamais rire des dires de mon père...
Guidée par mon ouïe certes moins développée que celle de cette créature de l'ombre qui devait encore rôder, je me mis à courir. Boitant comme un chien galeux, me raccrochant encore à l'espoir que tout n'était pas perdu, que ma seule compagne de voyage ne m'avait pas fait faux bond... Je m'arrêtai quelques secondes, toussant de par la fumée qui s'infiltrait dans mon nez et ma bouche avant de me piquer les yeux. Sans faiblir pourtant, je continuai d'avancer, jetant de temps à autre des regards autour de moi mais au fond, je n'avais que faire de ce vampire peut-être tapi à m'attendre.
C'est là que je le vis. Ma course fut stoppée nette par ce que j'aperçus : cette créature de l'ombre se dissimulait derrière une végétation déjà rongée par les flammes affamées de vie...Du moins, je sus qu'il était là car je remarquai l'éclat de la pointe du carreau qui reflétait l'incandescence des arbres en train de se consumer. Mon regard suivit rapidement la direction qu'allait prendre le projectile et malgré un écran de fumée qui se faisait de plus en plus épais, j'entrevis une tache grise, noircie par les cendres. Flèche, ma monture, prise pour cible par cette créature qui allait sans doute s'en faire un repas sous peu...Je ne pouvais pas laisser faire ça !
La jument encore harnachée jetait des regards dans tous les coins, les naseaux dilatés et les yeux alertes. Ses oreilles pivotaient dans tous les sens mais chaque craquement dû à une banche se brisant sous l'effet de la chaleur attirait son attention. Aucune odeur n'était perceptible pour elle, il lui fallait compter sur tous ses sens mais comment faire lorsque tous sont altérés ? Elle piétinait sur place, cherchant sans doute soit une issue pour filer soit, dans l'hypothèse qui me réjouissait le plus, où je pouvais bien me trouver. Son instinct devait sans doute lui dicter que quelque chose n'allait pas mais sans pouvoir comprendre quoi.
C'est là que j'intervins. Sans prendre en compte ma jambe meurtrie, je dévalai le contrebas. Oh oui sans doute que les trois quarts auraient choisi d'aller arrêter le problème à la source, c'est à dire, neutraliser ce vampire, moi pas...Je finis d'ailleurs par trébucher au bas de la pente. La monture me regarda avec un air étrange que je pris pour de la surprise.
- Reste pas là ! Va t'en !
Agitant le seul bras qu'il me restait, j'essayai d'effrayer le cheval qui finit par se dresser de peur pour mieux prendre son élan. Le déclic, le sifflement. L'élan fut coupé net et c'est avec un affreux sentiment de terreur que je vis ma monture se lever et secouer la tête avant de perdre l'équilibre. J'accourus bien évidemment comme je pus, j'avais quelques instants devant moi avant que mon adversaire ne choisisse soit de réarmer son arbalète soit de finir son travail à la barbare...La monture couchée s'agitait, regardant fréquemment son flanc perforé. Par bonheur, le carreau était entré de biais et ne s'était pas enfoncé. Je n'avais aucune envie de faire du mal à ma jument mais la situation me poussa à extirper le projectile d'un coup sec. Peu après, je saisis les rênes pour forcer la monture à se relever, ce qu'elle fit avec courage. La blessure était superficielle. Avec un bras et une jambe, j'essayai difficilement de grimper sur le dos de Flèche. Inutile de préciser que ce fut une chose très compliquée mais au moins, ma jambe n'allait plus trop souffrir, calée par l'étrier. De mon bras valide, je rangeai ma lame dans le fourreau accroché à la selle et saisis les guides. La situation s'améliorait...enfin presque. Je n'avais pas encore repéré d'issue digne de ce nom et il y avait ce vampire qui pouvait me tomber dessus à tout moment si je restais là. _________________ «Un feu qui brûle en éteint un autre ; une douleur est amoindrie par la vivacité d'une autre douleur.»
[William Shakespeare] |
|  | | Heimdall Arawn Maître Vampire

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 | Sujet: Re: Une journée humide. Mer 8 Oct - 12:34 | |
| Les humains n’étaient en général pas très futés. Mais celui-ci était vraiment un imbécile. Alors qu’il aurait pu tenter une attaque discrète derrière le vampire, bien qu’il l’aurait sans doute repéré à temps, le voila qui dévalait la pente comme un déjanté pour sauver sa monture. Heimdall secoua la tête en souriant devant la naïveté de ce gamin. Son doigt lâcha la corde, et le carreau parti. Il atteint de plein fouet le cheval qui chuta sous le choc. Attirait par l’odeur du sang, le vampire balança sa lourde arbalète, et bondit sur place, alors que l’arbre sur lequel il avait prit appuis pour tirer s’embraser soudainement. Il dévala à son tour la pente boueuse, alors que les pluies diluviennes s’accéléraient. Le vampire ne voyait quasiment plus rien, il distinguait à peine la silhouette du templier qui tentait de grimper sur sa monture devant un mur de flammes. Il n’entendait pas grand-chose non plus à cause du crépitement vif et incessant du feu, et des coups de tonnerre de plus en plus réguliers. Seul son odorat le guidait. Sa rage et sa faim aussi.
Il courut alors du mieux qu’il le put, s’emparant de sa hache massive. C’est avec cette merveilleuse arme qu’il achèverait ces victimes ce soir, dans la plus horrible des souffrances. Cet humain ne s’était pas laissé faire, mais il était cuit, cela ne faisait plus aucun doute. Il était lamentablement affalé sur son cheval, alors que celui-ci refusait obstinément de bouger. Tant mieux, cela n’en serait que plus facile.
Heimdall saisit une branche d’un arbre à l’air assez robuste, et se propulsa en avant. Il se rattrapa sans problème au sol, et reprit sa course effrénée. Une lueur démente tourbillonnait dans ses yeux alors que sa faim l’entraînait dans une nouvelle fois dans un excès de rage barbare et sanguinaire. Les pluies torrentielles commençaient sérieusement à rendre le terrain impraticable, aussi le vampire s’enlisait parfois dans la boue, mais sa vitesse lui permettait de repartir sans difficultés majeures. En quelques secondes il était dans le dos de l’humain qui tentait désespérément de fuir comme un lâche, ce qu’il était sans doute. Le vampire prit appuis sur un petit rocher sec, et sauta. Il frappa de toutes ses forces avec son poing, dans lequel sa hache était fermement maintenue, derrière la nuque du guerrier. Il atterrit tout juste devant le cheval, et se retourna précipitamment, lançant son coude à pleine puissance dans les naseaux de la monture, qui se dressa sur ses pattes arrière avant de s’affaler violemment sur le sol. Brandissant son énorme arme, il s’apprêtait déjà à achever ses deux victimes, et à entamer son repas… |
|  | | William de Loveley Ordre des Templiers

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 | Sujet: Re: Une journée humide. Ven 10 Oct - 18:37 | |
| Comment avais-je pu en arriver là ? J'avais lutté, je m'étais battu pour vivre. Je n'étais pas comme tous ceux qui n'ont que faire de leur existence et la jette à la rue comme une chienne. Je n'avais jamais eu à me plaindre... Voilà que je me retrouvais traîné dans la boue, presque impuissant face à une telle force. La nature pouvait-elle engendrer pareille créature ? Le Seigneur avait-il réellement permis à cette race, et toutes celles de l'ombre en général, de vivre ? Et nous désormais, étions obligés de réparer la faute parce qu'elles n'avaient apporté que destruction sur leur passage.
Quelle était alors ma situation ? J'avais juste senti un terrible choc dans ma nuque et je dus puiser beaucoup de ma volonté pour ne pas sombrer dans l'inconscience. Du coup, je chus, bientôt rejoint par ma monture. J'eus de la chance qu'elle ne me tombe pas dessus...Nous faisions bien la paire tous les deux...Tout se passait au ralenti, c'était une sensation étrange...Je n'entendais plus le tonnerre déchaîné, ni les craquement de la foudre. Seule les souffles bruyants des respirations résonnaient...Le mien, celui de Flèche et même celui de mon assaillant. Mes yeux d'émeraude se posèrent sur la jument couchée, cherchant à se relever mais encore sous le choc du coup reçu, ses sabots glissaient dans la boue, du sang coulait doucement de son flanc et de ses naseaux. Et moi dans tout ça ? J'étais encore allongé, je n'avais pas bougé en fait, mon bras gauche se trouvait dans une position étrange, non plus dans l'axe de mon corps, la plaie à la jambe menaçait de se remettre à saigner. La sueur trempait chaque partie de mon corps, j'avais mal et j'avais peur...J'aurais voulu avoir le courage de tous ceux que j'admirais mais je ne l'avais pas et j'en étais parfaitement conscient.
On dit qu'avant de mourir, on voit sa vie défiler. Ce n'était pas mon cas alors je me forçai à me souvenir, de toute manière, je ne voyais pas comment m'en sortir...Je me rappelais l'Angleterre. Je me rappelais Ruby...et par cette occasion comment j'avais suivi le chemin qui m'avait mené jusque là. Mon regard se posa sur le bracelet que je portais, tressé de fines lanières de cuir, un noble cygne d'argent trônant en son centre. Je n'avais pas fait tout ça pour finir comme tous ces inconnus dont le nom serait oublié...Je souhaitais devenir templier, je n'en étais même pas encore un... Non, pas question...
Le vampire s'approcha, je savais qu'il s'apprêtait à donner son dernier assaut, celui qui serait fatal aux deux victimes. Mon regard se fit plus dur, cherchant un peu au hasard quelque chose sous la main, je tombai sur un tas de braises encore rouges dont les flammes avaient fini de consumer un buisson. Malgré mes gants, je sentis la chaleur me brûler la paume mais ce n'était rien comparé à ce que j'avais subi. Cherchant en moi les dernières forces qu'il m'était donné pour survivre, j'attrapai une poignée de braise et la jetai au visage de mon adversaire, espérant le déstabiliser au moins quelques secondes. Mon cheval étant à terre, ma lame se trouvait à portée, j'attrapai la poignée et la tirait de son fourreau dans un tintement métallique. J'eus un peu de mal à ma rapprocher réellement de ma monture en me traînant mais je ne pouvais me résoudre à m'enfuir sans elle. Flèche ne voulait pas se relever mais si elle ne le faisait pas, on y passerait tous les deux. La solution que je trouvai ne me satisfaisait pas vraiment mais je n'avais pas le choix...Du même tas de braises, je prenais une poignée plus petite et la jetai de la même manière sur la croupe de la jument. L'effet ne se fit pas attendre, par réflexe, le cheval tenta de se redresser. Moi aussi par la même occasion...Il fallait juste que je gagne un peu de temps. Je commençais sérieusement à n'en plus pouvoir et je savais que ce n'était qu'une question de temps avant que mon corps ne renonce à la bataille. La peur commençait à me gagner de nouveau, je faisais face, sachant pertinemment que j'avais eu bien des chances de fuir...et que je les avais toutes laissées filer. J'avais intérêt à ne pas rater celle-ci... _________________ «Un feu qui brûle en éteint un autre ; une douleur est amoindrie par la vivacité d'une autre douleur.»
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