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Heimdall Arawn Maître Vampire

Nombre de messages: 75 Age: 17 Ville: Porté disparu Rôle: Officiellement mort... Péché fétiche: Disons... Paresse Date d'inscription: 13/09/2008
 | Sujet: Re: Une journée humide. Sam 11 Oct - 19:48 | |
| La situation devenait de plus en plus épique. Si le combat ne se terminait pas rapidement, ils allaient tous finir brûler vif, et plus personne ne serait là pour se vanter d’avoir dominer l’autre. Il fallait clore la lutte, et rapidement. Heimdall brandit de toute sa puissance sa lourde hache, se préparant à l’abattre sur le chevalier, pitoyablement affalé sur le sol. Cependant, comme depuis le début du combat, celui-ci trouva encore quelque chose à faire de parfaitement inattendu et incongru. Et, pour une fois, cela eu un certain effet. Une branche embrasée passa entre les deux bras dressés du vampire et vint lui fouetter le front, au dessus de son œil droit. Il lâcha un cri de douleur atroce et rageur. Son sourcil avait brûlé en un rien de temps, et quelques mèches de cheveux s’étaient aussi carbonisées au contacte de la fine branche. Le vampire, pourtant si puissant, si féroce et dominant, lâcha lourdement sa hache qui s’écrasa sur le sol, projetant au passage plusieurs giclées de boue, alors qu’il plongeait sa tête entre ses deux mains. Il pressait le plus fort qu’il le pouvait sur la zone brûlée pour atténuer la douleur, mais cela n’eut qu’un effet très limité.
Non… Ce n’était pas le moment de lâcher prise. Il y était presque, et cet insolent humain ne pouvait pas, ne devait pas, lui filer entre les doigts. Le vampire ne voyait plus que son repas s’enfuir, il voyait avec son honneur et sa fierté : Il devait impérativement vaincre. Il respira plusieurs, inspirant profondément et expirant lentement, et redressa la tête, un sourire machiavélique peint sur ses lèvres. S’en était finit. Le chevalier tentait péniblement de se relever, tout comme sa monture. Mais ses blessures étaient trop importantes, et Heimdall n’avait plus de soucis à se faire. Il regarda sa hache à terre devant lui, et secoua la tête ; Certes, elle lui avait rendu bien des services, mais cette arme était encore trop raffinée pour la créature qui gisait devant lui. Il terminerait ce travail sauvagement, comme il l’avait commencé.
Le vampire se retourna pour récupérer son arbalète qu’il avait laissé tomber un peu en arrière. Il se baissa et la ramassa délicatement. Elle était devenue parfaitement inutilisable, du moins, de façon conventionnelle, mais ce n’était pas ainsi qu’il comptait s’en servir. Quand il se releva, il vit juste à temps un énorme chêne lui tomber dessus. Le vampire s’écarta au dernier moment, mais glissa dans la boue et se retrouva à terre. L’arbre s’écrasa contre le sol dans le plus grand fracas. Contemplant le décore, ce que vit le vampire le fit frissonner. Autour de lui, tout était devenu une véritable fournaise. Il prenait seulement conscience de la chaleur ambiante. Alors qu’il savourait déjà sa victoire, il n’avait pas fait attention à ce qui l’entourait, l’orage qui redoublait d’intensité, la pluie qui s’accélérait encore et encore, la température qui grimpait. Si l’enfer existait vraiment, c’était ici, et maintenant, entre la créature de l’ombre et le templier. D’ailleurs, Heimdall ne voyait plus son adversaire. Un énorme mur de flammes faisait barrage, comme si les forces divines et toutes puissantes voulaient empêcher le vampire sanguinaire de terminer son œuvre.
D’un geste vif et souple, il se releva en exécutant une sublime roulade arrière. Puis il projeta à travers les flammes sa lourde arbalète. Il crut entendre un bruit sec, signe qu’il avait touché quelque chose. Mais cela pouvait n’être qu’une simple souche ou une pierre quelconque. Il n’arriverait à rien en restant ici, il devait rattraper l’humain avant que celui-ci ne puisse partir. Dans ces conditions météorologiques horrifiantes, il lui serait impossible de le traquer et de le retrouver. Alors il fit ce qu’aucun n’humain ne ferait à sa place. Prenant son élan, il courut, et bondit comme un fou à travers le mur de flammes. Juste avant de pénétrer dans les lames brûlantes, il se demanda si on pouvait mourir d’une façon aussi stupide, alors qu’il était si simple de faire demi-tour… |
|  | | William de Loveley Ordre des Templiers

Nombre de messages: 1141 Age: 17 Rôle: Officier Péché fétiche: L'Envie Date d'inscription: 23/06/2008
 | Sujet: Re: Une journée humide. Dim 12 Oct - 9:30 | |
| Au moment où mon adversaire avait décidé d'attaquer, furieux d'avoir été brûlé au visage, je chancelai et me retrouvai de nouveau à terre. Mes jambes avaient abandonné la lutte. Malgré toute la volonté du monde, je n'aurais pu repousser cette créature de l'ombre encore une fois...Pourtant, il se passa quelque chose d'inattendu et c'est là que je me demandai si mes prières avaient été écoutées. Un énorme arbre calciné tomba dans un long craquement. Je me protégeai la tête d'un bras pour ne pas recevoir trop d'éclats. En relevant les yeux, les flammes se reflétèrent dans mes prunelles. Un imposant mur de flammes nous séparaient. La chaleur était insoutenable, si je ne trouvais pas le moyen de filer de là rapidement, j'allais mourir soit asphyxié soit carbonisé. La fumée commençait sérieusement à m'encombrer et je me mis à tousser à en cracher mes tripes. Non loin, ma monture s'agitait en tous sens, se frottant les naseaux sur ses antérieurs à cause de la fumée, se dressant, partant à gauche puis à droite, les yeux apeurés, cherchant vainement une issue à cette fournaise.
J'essayai une fois de plus de faire tourner mon esprit confus. Il y avait peu de chances pour que le vampire n'ose traverser ce mur de flammes. Me tournant avec peine sur le dos, j'avais espéré voir au moins une parcelle du ciel mais la fumée l'avait rendu sombre et terne. Mes yeux se plissèrent, les douleurs revenaient, je les avais oubliées pour mieux me battre mais la vérité est qu'on ne peut pas échapper à ce genre de chose...Allais-je vraiment mourir en enfer moi qui cherchais le paradis ? Je finis par me tourner vers Flèche dont l'état se dégradait à vue d'oeil. Accompagnant ma demande de quelques gestes, je l'appelai. A ma grande surpris, elle parut se calmer et s'approcha. La seule chose que je parvins à faire fut d'attraper un étrier. Je ne sais ensuite si elle le fit par fatigue ou par compassion mais la jument se coucha, j'en profitai pour grimper maladroitement sur son dos. L'animal chercha ensuite à se relever, un antérieur devant, glissant dans la boue puis un autre, cherchant un appui pour se redresser. Cela demandait de la force, une énergie qu'elle n'avait peut-être pas.
Et il fallut en plus que ce vampire ait le cran de traverser le mur de flammes...Ma lame tenait fébrilement entre mes doigts. Je n'étais pas de taille face à une telle créature, j'avais survécu assez longtemps pour le comprendre et voir tous mes espoirs réduits à néants. Une branche s'écrasa au sol un peu plus loin. Il ne fallait pas traîner ici. Un mouvement ample me signala que la monture s'était finalement relevé après maints essais épuisants. Au moment où je touchai les rênes et serrai les jambes, elle se mit à reculer. Je savais pourtant que la seule issue était là, devant nous, fait d'arbres en train de brûler et de cendres fumantes...En fait je ne contrôlais plus rien.
J'ignore où Flèche trouva encore la force de se lancer au galop à une vitesse plus que correcte. Moi, tout ce que je fis c'est m'accrocher à sa crinière et prier...Je vis un mur de flammes se rapprocher dangereusement mais la monture pila au dernier moment, dérapant sur la boue pendant plusieurs mètres en voyant que le passage n'était pas praticable. Cela ne découragea pas la jument, malgré le fait qu'elle manquait de trébucher à chaque pas, elle se remit à galoper le long de ce qu'on aurait pu appeler notre arène. Je repérai un passage qui pourrait être notre salut, du moins si cette créature de l'ombre n'avait pas l'idée de nous traquer. Reprenant les rênes du mieux que je pus, j'alignais ma monture pour lui montrer ce que j'attendais d'elle. Je savais que ce n'était qu'une question de secondes pour que le vampire ne passe à l'attaque. Le cheval s'élança au galop avec quelques réticences. La monture prit appel et sauta. Je sentis la chaleur roussir ma peau et de l'autre côté, nous fûmes récompensés d'une belle chute dans la boue. Me retrouvant alors à pied, j'essayai de boiter jusqu'à un endroit plus propice, tirant sur les rênes de Flèche pour qu'elle me suive. Je priais de toute mon âme pour que ce vampire ne prenne pas le même chemin, ou du moins que j'ai un peu d'avance sur lui s'il décidait de me chasser. _________________ «Un feu qui brûle en éteint un autre ; une douleur est amoindrie par la vivacité d'une autre douleur.»
[William Shakespeare] |
|  | | Heimdall Arawn Maître Vampire

Nombre de messages: 75 Age: 17 Ville: Porté disparu Rôle: Officiellement mort... Péché fétiche: Disons... Paresse Date d'inscription: 13/09/2008
 | Sujet: Re: Une journée humide. Lun 13 Oct - 17:48 | |
| Les langues de flammes brûlèrent la peau épaisse du vampire. Sa traversée du mur ne dura pas plus d’une seconde, mais il souffrit le martyr comme si cela durait plus d’une semaine. Ses vêtements s’enflammèrent. Lorsqu’il roula à terre, il se mit à crasher bruyamment toutes les poussières qu’il avait ingérées au passage. Il était quasiment aveugle, tout n’était que lumières et couleurs vives. Sa tête lui tournait. Il tenta de se relever, mais ses jambes n’arrivaient plus à le porter. Il était complètement désorienté. Son adversaire ne devait pas être beau à voir non plus, mais cela ne le réconforta pas le moins du monde.
Le martèlement de sabots sur le sol lui fit comprendre que le cheval s’en allait au galop. Une vive migraine s’empara du vampire, qui luttait de toutes ses forces pour se redresser, et terrasser ce misérable humain. Tâtonnant le sol, sa main tomba sur une pierre fine et aiguisée comme une lame. Il s’en empara et la serra. Le sol commençait alors à couler de sa main, et il finit pas se relever. Sa rage, et toute la haine accumulée durant ces années commençaient à prendre le contrôle de son corps. Tous ses muscles tremblaient, alors qu’une folie meurtrière coulait dans ses veines au rythme des battements de son cœur. Les flammes se reflétaient dans ses yeux, on pouvait alors y devinait l’enfer. Poussant un cri damné provenant du fin fond des abysses ténébreux, il bondit en avant, laissant son instinct animal prendre le dessus. Son instinct bestial le guida à travers les arbres en feu, les pluies diluviennes, la boue qui menaçait partout de l’ensevelir, ers le chevalier en fuite. Rien ne pouvait prouver qu’il se dirigeait bien dans la bonne direction, mais l’était de folie dans lequel il se trouvait lui interdisait toute réflexion. Jamais il n’avait encore autant voulu la mort de quelqu’un.
C’est alors qu’il le vit, affalé sur le dos de son cheval qui pataugeait difficilement dans la boue. Il venait vers lui et semblait ne pas l’avoir remarqué. En temps normal il se serait sans doute caché, et aurait attendu la meilleure occasion, comme tout bon vampire, mais plus rien n’était normal. Alors qu’un gigantesque éclair déchirait une nouvelle fois le ciel, accompagné d’un coup de tonnerre fulgurant, déracinant plusieurs dizaines d’arbres d’un seul coup. 2blouï par la vive lumière provoquée par l’éclair, le vampire s’élança tout de même. Il courut comme il ne l’avait encore jamais fait, sauvagement, dans une posture qui reflétait parfaitement son attitude animale. Ses yeux le brulait encore, et il ne voyait toujours rien, lorsqu’il se propulsa sur son adversaire. Il ne distinguait vaguement que ses contours, mais il savait qu’il était là. L’attrapant par les épaules, il le propulsa violemment à terre. Un choc sourd accompagna leur chute dans la boue alors qu’un nouveau coup de tonnerre se faisait entendre. Ensemble, ils roulèrent sur quelques mètres, entre la pluie et la terre sale, avant que le flanc gauche du vampire ne percute soudainement une souche. Alors il le va sa main, et d’un mouvement sec du poignet et de l’épaule, entailla le corps du guerrier avec son arme improvisée. Il recommença cela plusieurs fois, dans un accès de colère inhumain, sans être vraiment sur de l’endroit qu’il touchait. Il ne voyait plus rien, son visage était entièrement couvert de boue, sa vue troublée par les pluies vives qui rendaient l’air quasi opaque. Mais il tint bon, et continua de frapper à l’aveuglette… |
|  | | William de Loveley Ordre des Templiers

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 | Sujet: Re: Une journée humide. Lun 13 Oct - 19:56 | |
| Je comprenais désormais pourquoi l'Ordre des Templiers était constitué d'élites parmi les soldats. Les créatures de l'ombre, en plus d'être dotées d'une force insolente, ne lâchaient donc jamais un combat ! J'ignore ce qui me poussait à ne pas tout abandonner. Moi qui avais eu la naïveté de croire que je pourrais m'en sortir aussi simplement. Au début de notre duel, j'avais refoulé les larmes de douleur qui m'avaient harcelées mais la souffrance était tout de même bien présente, pire que jamais...Dans cette ambiance infernale, je me demandais quand est-ce que tout cela prendrait fin. Je n'avais pas envie de mourir, c'était peut-être ça la raison pour laquelle je continuais à me battre en faisant abstraction des limites de mon propre corps. La pluie battante rinçait la sueur qui s'accumulait sur ma peau et me brouillait la vue. Les coups de tonnerre m'empêchaient d'écouter le moindre signe et le seul goût que j'avais était celui de mon sang dans la bouche...
Au moment où le vampire me plaqua au sol, je compris pourtant que lui aussi commençait à avoir des difficultés. Les flammes et la fumée ne nous avaient pas épargnés. Nos deux corps roulèrent sur plusieurs mètres et quand nous nous arrêtâmes, je crus d'abord qu'un rapide coup de mon adversaire allait me tuer. Il lui aurait été si simple de me briser la nuque en une seconde...Pourtant, je sentis "juste" une pointe acérée me perforer le torse. Je ne poussai même pas de cri et me contentai d'afficher une moue de douleur. Ses coups répétés étaient atroces à supporter mais l'arme précaire qu'il utilisait me prouvait que je l'avais retranché dans ses dernières ressources...Une bouffée d'espoir m'envahit. D'une main, j'attrapai son bras pour l'empêcher de me frapper de nouveau. Du sang colorait de rouge ma tunique déjà trempée par la pluie. Mon regard fut parcouru d'un éclair : simple reflet du ciel ou signe de quelque chose de bien plus fort naissant en moi ? La colère que je contenais si bien depuis le début ressurgissait et j'essayai de la canaliser au mieux pour vaincre mon ennemi.
Je rassemblai les forces qu'il me restait et cherchai à repousser la créature de l'ombre de mes jambes fléchies. Voyant que cela n'était pas très concluant, je fis quelque chose que beaucoup trouveraient stupide. J'assénai alors au vampire un violent coup de tête qui eut aussi pour effet de me sonner autant que lui. Cependant, mes jambes étant en place sous lui, je pus faire levier et l'éloigner de moi. Il avait donc choisi une arme de fortune pour m'entailler ? Très bien, j'allais alors faire de même. Lorsque j'aperçus une pierre de taille assez petite pour tenir dans ma main mais assez lourde pour infliger de sérieux dégâts, je l'attrapai. Après, je profitai de l'instant pour me jeter à mon tour sur mon adversaire, cherchant dans des gestes maladroits et confus, à le frapper du mieux que je pouvais. Tout n'étaient qu'images entrecoupées. Ce combat avait réellement des allures épiques, comme si nous allions continuer même après la mort, condamnés dans l'éternité à nous haïr et à nous combattre.
Un bruit attira alors mon attention. Je savais qu'il y avait les flammes autour, menaçant de nous brûler vif mais je n'avais pas fait encore attention aux pluies torrentielles qui s'avéraient être aussi dangereuses. C'était comme un gargouillis informe...C'est alors que je pensai qu'il était possible qu'une coulée de boue avait pu se déclencher non loin, rendant la situation très délicate si elle s'approchait par ici... _________________ «Un feu qui brûle en éteint un autre ; une douleur est amoindrie par la vivacité d'une autre douleur.»
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|  | | Heimdall Arawn Maître Vampire

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 | Sujet: Re: Une journée humide. Lun 13 Oct - 20:26 | |
| Heimdall reçut plusieurs giclées de sang sur son visage. Mais ce sang n’avait plus aucun goût, plus aucune saveur. C’était un sang usé, salit, que le vampire ne pouvait plus apprécier du fait de sa rage démente. Il sentit quelques chocs dans ses jambes, signe de la défense que lui opposait ce chevalier. Mais cela ne servit à rien, et il continua de le martyriser avec son arme rudimentaire. Soudain, il reçut un coup sec en pleine tête. En temps normal, il n’aurait pas sentit grand-chose, mais avec toute l’intensité lumineuse et sonore qui l’entourait, sa tête était déjà mise à rude épreuve. Ebranlé par ce terrible choc, il n’opposa aucune résistance lorsque son adversaire le fit basculer sur le côté, mais, par réflexe, il se releva tout de même immédiatement, juste attend pour voir l’humain s’emparer d’une pierre et se préparer une nouvelle fois à l’affront.
Cependant l’attention des deux combattant fut très vite attirée par un grouillement sonore, qui semblait se rapprocher à une allure phénoménale. Ne cherchant pas à deviner de quoi il s’agissait, le vampire profita de cet instant d’inattention pour bondir à l’attaque. Il s’empara du bras de l’humain et le tordit vers l’arrière pour le forcer à lâcher sa pierre. Puis il le plaqua contre un arbre carbonisé qui tenait encore en place pour une raison mystérieuse et inconnue. C’est alors qu’une nouvelle fois son instinct de vampire le guida, et il fit quelque chose qu’il n’avait pas fait depuis bien longtemps. Ouvrant grand sa bouche, et découvrant une nouvelle fois sa mâchoire en ruine, il planta sèchement ses dents dans l’épaule droite de l’humain. Mais ne possédant plus qu’une canine en bon état, l’effet n’avait rien à voir avec celui d’un vampire possédant toute sa dentition en parfait état. Ayant d’ailleurs perdu l’habitude, Heimdall ne parvint pas à aspirer le sang qui coulait à flot. Dommage, car cela aurait mis fin à la lutte…
C’est alors que l’horreur déferla sur lui. Une coulée de boue envahit les bois et déferla sur les deux adversaires à pleine puissance, balayant tout sur son chemin : arbres, souches, feuilles, roches… Rien n’était épargné. La coulée arriva sur le flanc gauche du vampire qui lâcha son adversaire sous le choc. Ils étaient tout deux emportés par le courant, et ne pouvait plus y échapper. Désormais leur sort était entre les mains de la météo. Heimdall se prit une souche déracinée en pleine figure : Sa lèvre supérieur et son arcade sourcilière s’ouvrirent simultanément dans un jet de sang frais.
Non… Tout ne pouvait pas se terminer ainsi… |
|  | | William de Loveley Ordre des Templiers

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 | Sujet: Re: Une journée humide. Mar 14 Oct - 17:24 | |
| Si on m'avait raconté une telle lutte entre deux individus il y avait de cela longtemps, j'aurais sans doute ri car tout cela paraissait invraisemblable. Pourtant c'était bien ce qui était en train de m'arriver. Les éléments se déchaînaient, en faveur de qui ? Je me le demandais...Ou alors peut-être était-ce simplement pour voir notre duel n'aboutir à rien. L'idée que nous étions déjà morts me traversa l'esprit tellement tout se qui se passait avait l'air surréaliste. Mes douleurs me confirmèrent que non... Bien que je parvins à repousser mon adversaire quelques instants, il lui en fallut encore moins pour me désarmer, me privant ainsi de la seule arme dont je pouvais me servir. Plaqué contre un arbre et après un moment où ma respiration fut coupée, je continuai à essayer de résister en vain. La preuve fut que je sentis un croc puissant perforer ma peau. Étonnamment, cette souffrance si singulière semblait pire que les autres et je comprenais les hurlements d'agonie des victimes de ces créatures dont on me parlait parfois. Moi même, je ne pus réprimer un cri de douleur.
Je crus alors que c'était fini, qu'il avait eu ce qu'il voulait et que j'allais me vider du sang qu'il me restait, sucé par cette immonde créature mais heureusement pour moi, il n'y parvint pas, sans doute à cause de son unique canine ou que sais-je. La raison ne m'intéressa pas plus que ça sur l'instant en réalité. Rien ne l'empêchait, par question d'aisance, de m'arracher la moitié de la chair que j'avais sur l'épaule pour se délecter du précieux liquide qui en coulerait. Une fois de plus, la providence voulut que ce ne soit pas la fin...Ce que j'avais entendu un peu plus tôt était réellement une coulée de boue, un flot monstrueux qui s'abattit sur nous deux dans une violence inimaginable. Rien n'y résistait, tout était balayé, nous y compris. Il me fallait pourtant user de toute la volonté qu'il me restait pour ne pas me laisser faire par les éléments. J'avais combattu cette créature avec trop d'acharnements et j'en avais trop payé le prix pour devoir ainsi mourir d'une manière qu'on aurait pu qualifier d'accidentelle... A chaque fois que ma main s'accrochait à quelque chose, c'était pour mieux glisser ou alors voir mon amarre se briser...
Je sentis mes côtes s'enfoncer au choc avec un arbre encore debout. Par réflexe, je saisis la première branche à portée. Elle était un peu haute mais au moins, ça m'avait arrêté. Au prix d'un effort considérable, je réussis à trouver un second appui plus à ma hauteur et je m'accrochai à cette seconde branche comme un fou. C'était mon filin qui me raccrochait à la vie. Certes, j'y avais sans doute perdu une ou deux côtes que je sentais ou brisées ou fêlées mais au moins j'étais encore en vie. Je cherchai alors où avait bien pu atterrir mon adversaire. Au moins, la nature était une force plus puissante que lui. Au fond de moi, dans le coin retranché de mes passions, je désirais sa mort, qu'il soit emporté et balayé comme une brindille mais d'un autre côté, je me disais que ce n'était pas une mort honorable et que je n'avais aucun mériter à gagner ainsi. L'heure n'était pas aux enfantillages mais à la survie et là était cependant toute la différence.
Un crac inquiétant attira mon attention... Et voilà que ma branche avait rendu l'âme et je revenais alors au point de départ. Ma course fut cependant arrêtée plus vite que je ne le pensais. J'avais, au grand malheur, rejoint mon adversaire et c'était ma rencontre avec lui qui m'avait ralenti. J'espérais qu'il ait autre chose à faire que de s'occuper de moi qui venais de trouver une prise sur un rocher d'une taille assez conséquente. _________________ «Un feu qui brûle en éteint un autre ; une douleur est amoindrie par la vivacité d'une autre douleur.»
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|  | | Heimdall Arawn Maître Vampire

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 | Sujet: Re: Une journée humide. Mer 15 Oct - 12:35 | |
| Hurlant à la mort, le vampire tentait de reprendre le dessus. Il ne pouvait pas se laisser emporter ainsi parce que le climat l’avait décidé, il avait un combat à terminer, et sa faim à rassasier. Ses mains glissèrent sur tout ce qu’il tentait de saisir pour se retenir. A son grand effarement il aperçut du coin de l’œil l’humain qui avait réussit à s’accrocher à un arbre. Sa prise ne tint cependant pas, et les deux adversaires se retrouvaient une nouvelle fois ensemble, tourbillonnant comme de vieux détritus au milieu de cette marée immonde et irrésistible. Ses sens étaient tous en alerte : Il y avait énormément d’odeurs mélangés dans cette confusion anarchique, le sang, la pluie, la boue, le feu… Un horrible bourdonnement sourd lui traversa la tête. En effet, le bruit aussi était extrêmement présent. Il y avait de quoi en devenir fou, si on pouvait encore l’être plus.
Soudain, le miracle se produisit. Alors que Heimdall croyait la situation définitivement perdue, sa tunique se coinçât dans une racine à nue. Il profita de l’occasion pour planter ses doigts affaiblis dans le sol, se souleva, et remonta péniblement sur la terre ferme. A moins d’un mère de lui, la boue continuait de déferler, entraînant avec elle une multitude de choses qu’on ne s’attendait pas à y trouver, mais pas d’humain. Reprenant son souffle, le vampire se releva, et, conservant un équilibre stable pour ne pas retomber, il remonta la coulée qui l’avait entraînée pendant plusieurs longues minutes. C’est alors qu’il le vit. Cet humain, amoché de toute part, se retenant au dernier fil qui le lié à la vie : un simple rocher. Heimdall n’avait encore jamais vu une telle détermination chez un mortel, et il en était impressionné comme il ne l’avait encore jamais été.
Il s’approcha silencieusement de celui qui devait être sa victime, et se pencha vers lui, surveillant toujours ses propres mouvements pour ne pas basculer une nouvelle foi dans la coulée. « Petit humain… Tu es bien faible, mais tu as un potentiel extraordinaire pour un mortel… Dis moi, n’as-tu jamais rêvé de voir les années défiler sans t’en soucier ? N’as-tu jamais rêvé de rester jeune et vif éternellement ? N’as-tu jamais rêvé de pouvoir ? »En disant cette dernière phrase, d’une voix douce, presque angélique, mais qui restait maléfique et empoisonnée, le vampire s’était emparé de la tunique de son adversaire, la tenant fermement dans sa main. Un fin sourire se dessinait sur les lèvres ensanglantées.« N’as-tu jamais rêvé, de posséder une force phénoménale, et une puissance… »D’un geste sec il souleva le guerrier, et, se redressant, le projeta de toute sa force à l’opposée de la coulée de boue. Étant affaiblit, il s’était probablement surestimé, mais son adversaire avait tout de même volé trois ou quatre mètres plus loin. Il tendit la main, et plongea ses yeux droit dans les siens :« Tout cela, je peux te l’offrir… » |
|  | | William de Loveley Ordre des Templiers

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 | Sujet: Re: Une journée humide. Mer 15 Oct - 16:34 | |
| J'avais froid, non pire que ça, j'étais frigorifié par la boue et l'eau qui tourmentait mes forces alors que je me raccrochais désespérément à ce rocher. J'entrevis alors mon adversaire et soupirai intérieurement, j'étais exténué et il s'en était encore sorti, toutes mes chances venaient de s'envoler...Il allait sans doute en finir avec moi...J'aurais eu une vie amputée de quelques dizaines d'années...Au final tout le monde meurt...J'avais espéré pouvoir profiter encore un peu du temps imparti... Il se passa cependant quelque chose à laquelle je ne m'attendais pas. Entendant d'abord des murmures incompréhensible, je me fis attentif aux paroles débitées par le vampire, remettant les mots dans l'ordre pour essayer de comprendre, tout mon esprit semblant fonctionner à l'envers...
Étonnamment, il me remit sur la terre ferme, d'une façon toujours aussi brutale mais au moins c'était mieux que de devoir écouter ce qu'il disait en se fatiguant...l'issue serait sans doute la même de toute manière...Tout mon corps tremblait à cause du froid et des vêtements mouillés. Je me trouvais allongé au sol, d'abord face contre terre avant de parvenir à lever les yeux vers cette créature de l'ombre...Une vie immortelle, une vie de puissance, pouvoir se venger de tous ceux qui m'avaient arraché l'être le plus cher que j'avais...Pouvoir me targuer du temps qui passait, narguant les autres que l'âge et l'usure rattraperait un jour où l'autre et les transformant en poussière alors que moi je demeurerais encore et encore sur ces terres... J'avoue honteusement que la proposition me flatta et me tenta d'une manière que je n'aurais jamais pu croire...
Le vampire tendit alors sa main, son regard planté dans le mien. Je levai fébrilement la mienne, envoûté par ces belles paroles alors que mon corps meurtri ne réclamait que du répit et recouvrer sa puissance...Mais peut-être une puissance encore plus grande qu'avant...Pourquoi continuer cette vie de souffrance et d'abattement ? J'allais effleurer la main du vampire quand je remarquai alors le bracelet que j'avais pour habitude de ne jamais quitter. Ces lanières de cuir tressé avec son cygne en argent...Qu'étais-je en train de faire ! Ce n'était pas moi ! Ce que cette créature était, je m'étais engagé à les poursuivre, à les éliminer et voilà que je songeais sérieusement rejoindre leurs rangs ? Pure folie ! Le délire dû à la douleur était bien pire que ce que je pensais ! Et cette lueur étrange dans le regard de mon adversaire...Je me rappelai alors la sensation terrible de la canine dans mon épaule...Et si tout cela n'était qu'une ruse ? Certes, il avait l'occasion de me tuer là tout de suite...
Je repliai alors ma main, de toute manière, j'étais trop faible. Je n'eus même pas le temps de dire ce que j'avais décidé que je me sentais irrésistiblement attiré vers le sol, dans un état second, entre l'éveil et l'inconscience...J'avais beau lutter pour rester conscient, rien n'y faisait, je voyais des images floues mais mon corps ne répondait plus... _________________ «Un feu qui brûle en éteint un autre ; une douleur est amoindrie par la vivacité d'une autre douleur.»
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|  | | Heimdall Arawn Maître Vampire

Nombre de messages: 75 Age: 17 Ville: Porté disparu Rôle: Officiellement mort... Péché fétiche: Disons... Paresse Date d'inscription: 13/09/2008
 | Sujet: Re: Une journée humide. Ven 17 Oct - 16:53 | |
| Heimdall sentit l’espace de quelques instants les doigts de l’humain effleurer les siens. Mais il sembla changer brusquement d’avis, et retira sa main. Le vampire était solitaire, mais un compagnon comme ce guerrier lui aurait été très utile. Dommage. Regardant atour de lui, il cherchait des yeux une arme potentielle pour en finir. De toutes façons l’humain n’était plus en état de se défendre. Et Heimdall avait faim, très faim. Cependant il ne trouva rien. Alors il s’approcha de sa victime, se préparant simplement à l’étrangler. Ce n’était pas très original, mais cela ferait l’affaire. Déjà il s’abaissait, ses doigts se refermaient sur le coup de l’humain. Plus qu’une petite pression, et tout serait terminés. Soudain, tout devint calme. La pluie s’arrêta, le vent ne soufflait plus, la coulée de boue se stoppa net, et l’orage se tût.
Heimdall se retourna. A présent le soleil luisait de mille feux, et il n’y avait plus le moindre arbre pour protéger la créature de l’ombre. Rapidement, il observa les alentours pour trouver un abri. Un peu plus loin, il semblait qu’une portion de forêt avait été épargnée. Mais déjà les premiers effets de la lumière vive de l’astre de feu se faisaient sentir. Il avait chaud, et sentait ses forces diminuer. Alors il attrapa l’humain, et le prit sur son dos, puis il partit en courant vers son unique chance de salut.
De nombreuses fois, il manqua de trébucher. Sa faiblesse grandissait bien plus vite qu’il ne se le serait imaginé. Et encore, le guerrier sur son dos faisait office de protection. Maigre protection, mais c’était toujours mieux que rien. Heimdall commençait à douter. Arriverait-il à temps à se mettre à l’abri ? |
|  | | William de Loveley Ordre des Templiers

Nombre de messages: 1141 Age: 17 Rôle: Officier Péché fétiche: L'Envie Date d'inscription: 23/06/2008
 | Sujet: Re: Une journée humide. Sam 18 Oct - 9:23 | |
| Alors c'était ainsi que tout devait finir ? Moi en proie vaincue après avoir lutté pour gagner le droit de vivre, à terre, n'ayant plus que mes yeux pour regarder la mort en face, laissant mon corps en paix, le laisser gagner cette partie et être apaisé. Mon coeur qui battait si vite quelques instants auparavant sembla se calmer quelques instants, je n'avais rien à me reprocher...je n'étais pas de taille mais ça je l'avais su au moment même où j'avais découvert la véritable nature de mon ennemi...On ne peut pas lutter contre ce genre de chose...Après tout qu'étais-je sinon un aspirant. Un Aspirant, pas même un templier, je n'avais pas fini mon entraînement et même ceux pour qui c'était le cas ne parvenaient pas toujours à vaincre seul alors qu'avais-je donc pu espérer ? Au fond, c'était de la honte dont j'avais le plus peur, la honte de fuir.
Je sentis d'abord les mains froides du vampire se glisser autour de mon cou comme une caresse mortelle qui achèverait toutes mes souffrances. Mon regard d'émeraude parvint à croiser celui de la créature mais je n'avais plus rien à exprimer...La prise se resserra comme un noeud coulant et la seule chose que je pus faire fut de lever les yeux pour voir une dernière fois le ciel...Le soleil brillait. Le soleil ? C'était comme une lueur d'espoir, cet astre étincelant réchauffait mon coeur gelé par l'idée de la mort. Une esquisse de sourire insolent apparut au coin de mes lèvres, sonnant comme une provocation. Allait-il me laisser tranquille ? Renoncer à son repas ? Bien sûr que non, je m'en étais un peu douté...
Et voilà que je me retrouvai emmené comme un vulgaire gibier à achever à l'abri des regards et surtout des rayons fatals du soleil luminescent. Une fois de plus, mon salut se trouvait à portée de main...Il fallait que je gagne du temps mais je n'avais rien sur moi de très convaincant pour y parvenir...Mes forces ne revenaient pas réellement et il me fallait conserver celles qu'il me restait pour des actes bien calculés...Enfin...me connaissant, ça n'allait sans doute pas se passer comme ça... Il fallait que j'agisse dès ce moment, une fois la partie épargnée de la forêt gagnée, j'aurais juste à écouter mes derniers cris en le regardant se délecter de mon sang. Dans un mouvement préparé autant que cela m'était possible, je reportai tout mon poids en arrière de façon brusque. Le déstabiliser, gagner du temps et pourquoi pas le faire tomber, c'étaient mes objectifs. Plus les rayons le frapperaient et moins il pourrait s'encombrer de moi.
Les dents serrées, je me débattis, refusant u fois de plus la mort, tant d'efforts ne pouvaient être vains, je ne pouvais pas le croire et je me refusais à le croire d'ailleurs. J'avais autant de raison que ce vampire d'avoir une chance de survivre. Et si jamais j'échouais là, je trouverais bien une arme de fortune à portée pour vider jusqu'au dernier soupçon de mes forces même si je devais ne pas en survivre. Après tout, il m'avait proposé l'immortalité, je n'étais donc pas si pitoyable que ça ? Cette pensée me redonna une infime part de volonté. La vengeance n'était pas mon but mais si cette créature et moi même nous nous en sortions, alors il y aurait sans doute une deuxième fois...Un combat nul ne peut rester sans vainqueur pendant l'éternité. _________________ «Un feu qui brûle en éteint un autre ; une douleur est amoindrie par la vivacité d'une autre douleur.»
[William Shakespeare] |
|  | | Heimdall Arawn Maître Vampire

Nombre de messages: 75 Age: 17 Ville: Porté disparu Rôle: Officiellement mort... Péché fétiche: Disons... Paresse Date d'inscription: 13/09/2008
 | Sujet: Re: Une journée humide. Lun 27 Oct - 10:48 | |
| C'est que l'humain se débattait en plus... Que journée pourrie! Heimdall lui offrait l'immortalité, et lui se débattait comme un poisson hors de l'eau en sachant très bien que les chances de survie du vampire diminuaient très rapidement... On peut dire que le sort se jouait bien de lui. Si seulement il pouvait s'abriter! Mais le seul refuge en vu était encore bien loin, et jamais il ne l'attendrait avec cet humain gigotant ainsi sur son dos. Et pourtant, il devait prendre une décision, et vite, sans quoi s'en serait terminé de lui, pour de bon. Une conclusion qui manquait drôlement de panache pour deux millénaires d'histoire, et quelle histoire! Ça le vampire avait eu une « vie » bien remplie. Mais en même, s'enfuir en laissant un misérable humain en vie n'était pas un choix très appréciable non plus... Pourquoi le soleil les persécutait-il comme ça? Finir grillé vif ne plaisait pas tellement à Heimdall, comme à personne d'autre probablement. Alors il prit une décision qu'il savait qu'il regretterait amèrement toute sa vie. Enfin, sa « vie », si on peut dire...
Heimdall lâcha violemment l'humain qui s'affala derrière lui. Ne le regardant même pas, il s'élança droit devant, espérant plus que tout atteindre l'ombre rapidement. Déjà sa peau prenait une teinte rouge vif, et de la vapeur d'eau commençait à s'échapper de ses mains... La douleur s'emparait de lui, une douleur qu'il n'avait jamais connue auparavant. Se mordant la lèvre inférieur à en faire jaillir le sang, il se propulsa en avant, manqua de trébucher contre une racine, et dévala une légère pente. Il sentait son cou s'enflammait au fur et à mesure qu'il avançait. Ses forces semblaient s'envoler, apeurées par la chaleur qui émanait de son corps. Arriverait-il à temps? |
|  | | William de Loveley Ordre des Templiers

Nombre de messages: 1141 Age: 17 Rôle: Officier Péché fétiche: L'Envie Date d'inscription: 23/06/2008
 | Sujet: Re: Une journée humide. Lun 27 Oct - 17:56 | |
| La chute contre le sol réveilla chaque fracture, chaque hématome, chaque plaie, le tout bouillonnant dans mon corps. Tous mes muscles se tendirent, se crispèrent. Et puis je parvins à me mettre sur le dos. Au début ébloui par la lumière salutaire du soleil, mes yeux s'habituèrent à cette clarté. Je tournai la tête, entrevoyant mon ennemi qui courait pour sa vie, brûlé par les rayons mortels. Cette vision me redonna quelque chose qui ressemblait à de la joie. J'appréciais de le voir affaibli et malmené par quelque chose contre lequel il ne pouvait lutter, tout comme j'avais été tourmenté par ses assauts sans pouvoir rien faire, encaissant simplement les douleurs de mon être en me raccrochant à de vains espoirs.
Peut-être pas si vains que ça au final...Cette allégresse se transforma en un sourire et un éclat de rire vint même remplacer mes gémissements et mes plaintes. Oui, nerveusement, je riais...J'ignore encore pourquoi. La douleur, le délire, le miracle ? Ca aurait très bien pu être en voyant le mal de mon adversaire. Certes, cela me réjouissait dans un sens, mais pas à ce point. Ce moment de divagation fut bien vite rattrapé par une côte brisée qui m'arracha une moue de douleur dès que ma poitrine se soulevait trop violemment. J'étais dans un état pitoyable...il faut bien l'admettre. Couvert de boue et de sang, de sueur, de plaies, un morceau de carreau jours figé dans ma cuisse.
Je ne cherchai pas à me relever, m'arrangeant simplement pour avoir un angle de vue me permettant d'avoir un oeil sur ce vampire. Je ne souriais plus, je finis même par le foudroyer du regard car je me rappelai à cet instant que s'il ne mourait pas carbonisé, il ne s'agirait que d'une trève jusqu'à une rencontre ultérieure...
Avec tout cela, je n'avais même pas entendu les bruits sourds des sabots contre la terre qui se rapprochaient de moi. Le pas sonnait d'un rythme irrégulier et boiteux, le souffle que j'entendais était rapide mais puissant. Je tournai la tête, apercevant ma monture exténuée, les jambes tremblantes, du sang tachant sa magnifique robe grise, de la boue recouvrant une bonne partie de son poil et de ses crins également. Elle finit par s'allonger, et je la comprenais, moi-même je n'avais pas encore essayé de me relever après tout. Mon attention se reporta sur la créature de l'ombre toujours en fuite. Peut-être que dans d'autres circonstances, je l'aurai suivi, mettant définitivement un terme à ce duel...mais ça aurait été égoïste. Egoïste envers mon fidèle destrier souffrant le martyr, égoïste envers moi-même...
Alors était-ce ainsi que cette mésaventure allait se terminer pour aujourd'hui ? Aurais-je enfin un moment de repos ? Je n'osais songer au mal que j'allais devoir endurer pour me remettre de toutes les blessures infligées, autant physiquement que moralement. Car cette rencontre m'avait prouvé que je n'étais pas grand chose, seul contre une créature de l'ombre. Pas beaucoup plus qu'un brin de paille balayé par une tempête. _________________ «Un feu qui brûle en éteint un autre ; une douleur est amoindrie par la vivacité d'une autre douleur.»
[William Shakespeare] |
|  | | Heimdall Arawn Maître Vampire

Nombre de messages: 75 Age: 17 Ville: Porté disparu Rôle: Officiellement mort... Péché fétiche: Disons... Paresse Date d'inscription: 13/09/2008
 | Sujet: Re: Une journée humide. Jeu 27 Nov - 21:54 | |
| La situation tournait vraiment au ridicule! Voilà comment, après avoir longtemps dominé le combat, on pouvait se retrouver affaiblit au point de laisser son repas sur le chemin. Vraiment n'importe quoi!En attendant, Heimdall était finalement parvenu à se mettre à l'abri, avoir avoir crapahuté d'une démarche incertaine entre les arbres et les les racines. Plusieurs fois, il avait manqué de tomber le nez dans la boue, mais il était toujours en vie, et s'était arrêté pour constater les dégâts. Tout son corps était rouge vif, ses mains gonflées et brûlantes. Mais les principaux dégâts n'étaient pas physique. Le vampire avait affreusement mal à la tête. Il était prit de nausée, et ne distinguait plus nettement le décor. Les couleurs se mélangeaient dans une aura floue désagréable à regarder. Heimdall tourna sur lui même, perdu. Plusieurs fois, il rendu le contenu de ses intestins à terre. Il manqua de tomber, et se rattrapa à un arbre.
Essayant de se contrôler et de redevenir plus lucide, il regarda le tronc du vieux chêne sur lequel il était appuyé. Il y aperçu sa formidable hache plantée dedans. Que pouvait-elle bien faire là? Heimdall le comprit bien vite... Alors qu'il tenta de s'en emparer, elle sembla lui glisser entre les doigts. Puis finalement, dans un nuage de couleurs, elle disparu définitivement. Le vampire se retourna, à bout de souffle. Juste en face de lui, ce misérable humain le narguait ouvertement. Heimdall leva son bras, et l'abattit. Mais il ne fit que brasser de l'air. L'homme c'était volatilisé. Le vampire était vraiment terriblement diminué... Il s'écroula à terre, dos à l'arbre. Sa tête lui tournait, et de drôles d'images se promenaient devant lui. Il n'aspirait plus qu'à une chose... Dormir. Se reposer, là, au pied de ce chêne. Bientôt, il céda, n'y tenant plus. Morphée le rappela à lui. Ses muscles se relâchèrent. Les battements de son cœur se ralentirent. Ses yeux se fermèrent. Il s'endormit... Tranquillement. |
|  | | William de Loveley Ordre des Templiers

Nombre de messages: 1141 Age: 17 Rôle: Officier Péché fétiche: L'Envie Date d'inscription: 23/06/2008
 | Sujet: Re: Une journée humide. Dim 30 Nov - 17:45 | |
| Le calme sembla revenir...Ma respiration coupée pour écouter chaque bruit s'apaisa peu à peu, retrouvant un rythme plus lent bien qu'irrégulier. Je sentais la fièvre me gagner. Tout mon corps semblait en sueur et la pointe du carreau restée dans ma cuisse commençait à se faire sentir...Dans quel état pitoyable étais-je ? Une épaule hors d'état de nuire, diverses plaies et sans doute une ou deux côtes cassées ou fêlées. Le pire c'était qu'un naïf espoir m'envahissait. La disparition de cette créature signifiait le répit et pourtant, la lutte pour survivre n'était pas terminée...Mais mourir d'une infection me réjouissait plus que mordu et saigné à vif par ce vampire...D'une main j'essayai d'ailleurs de toucher l'épaule qu'il avait partiellement mordu de son unique croc. Le sang coulait encore un peu mais en moindre quantité...
Il me fallait me relever. Rester ici n'était pas sécurisant. Si la nuit tombait avant que je ne quitte les lieux, j'étais persuadé qu'il reviendrait pour achever ce qu'il avait commencé...Et un vampire affamé lâche sans doute difficilement sa proie de vue... Me retournant sur le ventre dans plusieurs gémissements de souffrance, je parvins à me traîner jusqu'à ma monture qui me regardait tout simplement. Mes doigts trouvèrent sa crinière argentée alors que l'autre paume caressait délicatement le cuir de la selle tachée de sang. Soulever ma jambe fut l'épreuve la plus difficile et je manquai de rendre tout ce que j'avais avalé plusieurs fois tellement la douleur était insupportable.
Je ne désirais qu'une seule chose : trouver un endroit calme avec un lit et que surtout personne ne me pose une seule question. Jamais je n'aurai cru me retrouver dans cette situation...Etre templier impliquait bien évidemment d'avoir affaire à ce genre de créatures mais seul et non expérimenté, je ne m'y attendais pas. Mais j'avais été un imbécile de croire qu'ils attendraient sagement que je sois devenu un homme aguerri...Car il faut bien l'admettre, du haut des mes vingt ans je n'étais encore qu'un gamin, rien de plus...
Flèche se releva péniblement, réveillant en moi de nombreuses douleurs. Chaque mouvement de sa part était un véritable supplice mais j'essayai de ne pas trop me plaindre car la jument avait encore la bonté de me porter alors que je sentais sa faiblesse et sa fébrilité à chacun de ses pas hésitants. Elle boitait également et j'espérais de tout mon coeur que ça ne soit que superficiel. Pour l'heure je lui faisais confiance, elle savait où elle allait, du moins je l'espérais.
D'un coup d'oeil douloureux, je regardai derrière moi, le bois semblait paisible. On apercevait quelques volutes de fumée plus loin. Je savais qu'il se cachait là quelque part et au fond de moi, je me jurai de le retrouver un jour. Non pas par vengeance, mais par honneur d'achever dignement un combat à la loyale...Bien qu'un pauvre humain contre un vampire ne soit pas le plus loyal des duels... _________________ «Un feu qui brûle en éteint un autre ; une douleur est amoindrie par la vivacité d'une autre douleur.»
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